Je ne voudrais pas être taxé de partialité, mais il y avait eu moins deux sentences prononcées lors du Procès de Nuremberg, qui étaient, selon moi, à minima "tirées par les cheveux", la condamnation à perpétuité du
Großadmiral Raeder, écarté et mis à la retraite en 1943, et celle de Doenitz, à 10 ans de prison.
Pour le premier, on l'avait déclaré coupable d'avoir reconstruit, à partir de la
Reichsmarine - qu'il commandait depuis 1928! -, la future "
Kriegsmarine", en enfreignant, ainsi, les clauses du Traité de Versailles! Au passage, il était aussi accusé de "crimes de guerre", dans le même contexte que Doenitz.
Quand au second, il avait été accusé de "crimes de guerre", dans le cadre de son autorité sur la flotte de
U-Boote. L'amiral américain Nimitz s'était fendu, en juillet 1946, d'un témoignage écrit par lequel il confirmait qu'il avait strictement appliqué la même "stratégie" dans le Pacifique! Résultat... 10 ans de tôle qu'il avait entièrement exécutés, tandis que Raeder, en raison de son âge (né en 1876) et de son état physique, avait été "libéré pour raison médicales" en 1955!
On peut se torturer les méninges dans tous les sens, mais ces deux hauts officiers-généraux s'étaient avant tout efforcés d'assumer au mieux leurs seules fonctions militaires - même si Doenitz, durant une dizaine de jours, s'était retrouvé "bombardé" Chef d'un
III.Reich en "pleine agonie"! -, sachant que ni l'un, ni l'autre n'avaient trempé de près ou de loin dans les exactions menées par le régime, considérées, lors du Procès, comme étant des "
crimes contre l'humanité".
Il a un petit détail amusant car, dans le même temps, plusieurs hauts-généraux allemands de la
Heer avaient, alors, bénéficié d'un statut particulièrement "clément"; là, çà devient un poil compliqué, car le refroidissement général des relations diplomatiques et militaires entre, notamment, les Etats-Unis et l'Union Soviétique, qui avait débuté fin 1945-début 1946, avait exigé, du côté de l'US Army, de devoir s'informer (rapidement) sur les conditions générales de combat qu'on pouvait rencontrer dans les territoires conquis par l'URSS... or la seule expérience "directe exploitable" était celle de cet aréopage de généraux allemands, qui avaient, tous, servis, +/- longtemps, sur le Front Est.
Dans ce contexte, entre 1946 et 1951, un gros paquet d'études, classées alors, "
Confidential Defence" avait été publié par l'US Army - on peut aussi y ajouter une série de "simulations de combat
Blue and Red" éditée les années suivantes.
Par contre, dans le domaine de la guerre navale, Américains et Britanniques se considéraient comme étant suffisamment bien informés, d'autant plus que la flotte militaire soviétique, au tournant des décennies 1940-1950, ne représentait pas une menace sérieuse!

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