J'ai tenté une synthèse rapide...
Le
Codé 9 rouge, Bf109E-1
Wnr 3326 du 2./JG51 Uffz Georg Pavenzinger, capturé intact le
28 sept 1939, suite à une panne sèche (une fuite à l’aile sera colmatée pour son convoyage vers Nancy Essey. Accidenté en essais à Nancy le 06 oct 39 aux main de Rozannoff (qui avait volé sur un Bf-109 capturé par les Républicains, en février 38). C’est le premier ‘Emil’ capturé intact et en état de vol par les français. On cite une sortie de piste. A confirmer. Sur photo, on voit l’avion posé sur le ventre, train rentré.
Le 21 décembre 1939, un Hudson de la RAF Boscombe Down atterrit à Nancy avec un équipage différent et le commandant d'escadre Mac Kenna. Le Hudson et le Bf 109 décollent avec Mac Kenna le 22 décembre 1939 pour Coulommiers, puis Châteaudun et enfin Tangmere. Le 9 janvier 1940, ce Bf 109 se trouve toujours à Tangmere. Il pourrait alors avoir été retiré du service puis transporté par camion au RAE de Farnborough. Son destin n’est pas connu.
Le
Codé 14 rouge, Bf 109E-1,
Wnr 2658 du 1./JG 51 piloté par Herfried Kloimüller. Pratiquement intact le
22 novembre 1939 sur le terrain de Neuhoff (Strasbourg), il pouvait voler et servir pour évaluations… sauf que… il est rapidement perdu.
Récit fort intéressant du Lt Max Vinçotte, GC II/4, Curtiss H-75 : Mardi 28 novembre 1939. Aujourd’hui, mission urgente dont la préparation a nécessité plusieurs coups de téléphone : accompagner le capitaine Rozanoff de Strasbourg à Toul. Il pilote un Bf 109 qui s’est posé en parfait état sur le terrain de Strasbourg-Neuhof. Nous devons le trouver à 7 h 15. À 7 h 15, il n’y avait pas un seul pilote à l’escadrille ! Seul le commandant d’escadrilles arpentait la route tandis que deux avions tournaient (…) Enfin on décolle à 7 h 20, l’Adj Georges Baptizet et moi. Je fais un coup de rase-mottes sur le terrain de Strasbourg ; on attend Rozanoff un peu à l’ouest de la ville, il arrive. Son moteur tourne fort. Je suis presque toujours à 2 500 tours - 850 de pression. Bientôt nous arrivons vers Nancy après avoir exécuté quelques passes sur le
“boche”. Mais Baptizet n’aime pas les avions à croix noires même quand ils sont pilotés par les Français. On fonce sur tout. Rozanoff en tête, Baptizet à droite moi à gauche, on arrive assez bas sur le terrain ; il y a un peu de remous ! Je dégage à gauche sans aucun signe du chef de patrouille [Rozanoff] qui ne s’occupe pas beaucoup de ses équi piers, Baptizet en fait autant à droite. Chandelle classique comme après n’importe quelle dislocation, mais, hélas, cette dislocation est un peu particulière. Le chef de patrouille à la suite d’un tonneau en chandelle plus ou moins “volontaire” se trouve
juste devant l’avion de Baptizet qui n’en peut mais, et qui est pour le moins surpris. L’hélice de Baptizet coupe en deux le Messerschmitt qui, après quelques tours de vrille sur le dos, s’écrase à 100 m de la piste où il prend feu. Rozanoff a pu heureusement sauter en parachute. Baptizet étouffant de colère, et je le comprends, pose son avion à peine endommagé (seule l’hélice a touché). Ses camarades du Groupe de chasse 2/5 le calment un peu, tandis qu’on amène Rozanoff à l’infirmerie. Il est sérieusement contusionné.”
Dans la bio de Rozannoff, on lit : « (…) poussé, par un vent violent, il entre durement en contact avec le sol. Il s’en sort avec quelques ecchymoses et une côte fêlée tandis que l’avion percute le sol et prend feu… Crash : Aux environs immédiats de l'aérodrome de Toul-Croix de Metz. »
La version de Vinçotte est très instructive, sur la forme et le fond. Perde aussi bêtement une prise statégique…
Le
Codé 11 jaune, Bf-109 E-3
Wnr. 1251 du 3./JG 76, piloté par Heinz Schultz, fut très endommagé à la suite de combat et est capturé le
22 novembre 1939. Son épave fut exposée à Paris sur la place de la Concorde puis sur les Champs-Élysées. Il est caractéristique, car sans canopy et l’hélice tripale a les bouts tordus en dedans dès la moitié.
Le
Codé 1 blanc, Bf 109 E-3
Wnr. 1304 du 1/JG 76, capturé le
22 novembre 1939 à Woerth (nord de Hagenau) et piloté par Karl Hier. Sur la planche maquettiste:
https://www.super-hobby.com/zdjecia/2/2/1/67467_2.jpgIl est très documenté. Cf
https://asisbiz.com/il2/Bf-109E/Captured.htmlCf la page du livre consacré aux ‘Emil’ capturés.
Il est en parfait état, posé en campagne. Il est transféré au CEMA où il est réceptionné par la route, le 06 décembre 1939. Le 30 décembre 1939 Rozannoff établit un rapport d’essai.
Il est récupéré ensuite par la RAF. Les Américains le réceptionnèrent au printemps 1942.
C’est la seconde capture opérationnelle.
Le
Codé 6 blanc, Bf-109 E-1
Wnr 3247 du I/JG-76 (second appareil de ce JG capturé !), capturé le
30 mai 1940 en début de soirée, par visibilité médiocre, a atterri de nuit à Blesme, près de St Dizier, à court d’essence. Sa carlingue est claire. Cela le différencie aisément. On le voit en photo sur le site Asisbiz. Il est repeint aux couleurs françaises, mais n’ai pas trace de transfert à la RAF.
Rozannoff alors Cdt, muté à sa demande en unité de chasse (GC II/4) est chargé d’aller le convoyer. Il le ramène sur sur le terrain d’Orconte, où est stationné le GCII/4. Il en profite pour faire une petite séance de démonstration fort intéressante. Il n’a oublié qu’une chose : avertir le groupe de chasse voisin que cet avion à croix noire n’avait rien d’un pigeon (le GC I/5 lui aussi est sur Curtiss). Et justement, pendant sa séance d’acrobaties, il y a une patrouille double de nos voisins qui… [texte manquant]. On maquille l’avion et le dote de grosses cocardes sur les flancs. En fin d’après-midi, le commandant le conduit à Orléans. Fauconnet l’y accompagne, avec Casenobe de la 3.” Le sort de l’avion reste inconnu.
Bonne synthèse sur :
files3945c/8843_BF.pdf