Les Curtiss CW 77 (SBC-4 ‘Helldiver’)
C’est l’histoire peu banale d’un avion dont la France passa commande pour 90 exemplaires aux USA en 1939 comme avion d'attaque en piqué pour le compte de l’aéronautique navale.
Ces avions n’étaient pas neufs mais prélevés dans les unités de réserve de l’US Navy qui, de son coté avait prévu de les retirer du service !...
Une cinquantaine de ces Curtiss furent rénovés et mis aux normes françaises tant pour l’instrumentation que pour le sens de la manette des gaz .


Comme la majorité des appareils commandés aux USA, ils furent convoyés des USA vers le port d’Halifax au Canada (*) où une partie de ceux ci fut chargée sur le porte-avion français ‘Béarn’. ainsi que sur le croiseur Jeanne d'Arc arrivé en mai 1940, lors d'un convoyage des réserves d'or de la Banque de France jusqu'à Halifax (**)
En pleine traversée de l'Atlantique, en raison de la signature de l’armistice, le ‘Béarn’ reçu l’ordre de se dérouter sur la BAN de Fort de France et d’y débarquer les avions.
Ils seront débarqués le 27 juin 1940 et stockés en plein air ce qui dégradera rapidement leur état en raison du climat. En 1942, un ordre qui sera malencontreusement mal interprété fit que la plupart des appareils furent incendiés !
Il est à noter qu’à bord du porte-avion figuraient également 17 Curtiss H 75 pour la France ainsi que 25 Stinson 105 et 6 Brewster F2A destinés à l’aéronautique belge.
La « Jeanne d’Arc « de son coté avait embarqué 14 avions en caisse ; 8 Stinson 105 et 6 Curtiss H 75
Ce qui est cocasse dans cette histoire, c'est que ces biplans pour la Marine française ne volèrent jamais aux mains des français !
Les Brewster pour la Belgique sur le Béarn

Stinson 105

Quelques détails techniques du SBC Helldiver :
Moteur Whright de 900 cv
Vitesse max 377 km /h
Vitesse de croisière 282 Km/h
Equipage : 2
Armement : Un lance bombes sous le fuselage pour une bombe de 225 kgs
Une mitrailleuse de 12,7 mm synchronisée sur le capot moteur et une Darne de 7,5mm pour le mitrailleur arrière.
Curtiss SBC 'Cleveland' Mk 1 de la RAF.

Destiné à la livraison en France, celui ci-dessus est l'un des cinq laissés au Canada dont le standard n’avait pas encore été modifié. Ils furent embarqués pour le Royaume-Uni sur le porte-avions HMS Furious et désignés Curtiss ’Cleveland Mk1 ’ mais ne seront jamais utilisés opérationnellement. Ils servirent in fine au sein du Squadron 24 pour l’instruction au sol.
Ces vénérables biplans étaient déjà obsolètes lors de leur achat aux Etats-Unis. Ils terminèrent leur carrière chez le ferrailleur.
(*) Plusieurs lois de neutralité avaient été adoptées par le Congrès américain et promulguées. La loi de neutralité de 1939 autorisait le commerce d'armes avec les nations belligérantes (la Grande-Bretagne et la France) sur la base du « cash and carry ». Ce système autorisait la vente de matériel aux belligérants, à condition que les destinataires organisent le transport par leurs propres navires ou avions et paient immédiatement en espèces.
(**) En raison de cette disposition, les États-Unis ne pouvaient pas depuis l'usine de Buffalo, faire survoler le Canada par des avions militaires ; ils devaient obligatoirement être remorqués à travers la frontière canado-américaine.
Sources:
Les aéronefs de l’aviation maritime – Ardhan Ed
Curtiss Aircraft 1907-1947 - Putnam Ed.
https://www.anciensmarinsjeannedarc.inf ... ?rubrique5
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