Nous allons d'abord "réviser nos fondamentaux" en matière de "lutte antichar".
Pour commencer, l'inclinaison du blindage; selon la nationalité de l'Arme, elle est exprimée avec pour référence soit la verticalité (90°), soit l'horizontalité (0°). Une inclinaison à 60°, par rapport à la verticale, correspond ainsi à 30°, selon l'horizontale! Durant la WW2, la plupart des abaques de tir avaient été établis sur la base d'un angle de blindage de
30° par rapport à la verticale, parfois, mais rarement (armée britannique et US Army) avec un angle de 20°. Bien entendu, il s'agissait, là, d'une moyenne d'inclinaison, car, selon la construction et la silhouette du char adverse, elle variait en fonction des "contraintes" de fabrication; le glacis frontal d'un char bénéficiait, bien souvent, d'une inclinaison supérieure aux 30° de "référence", alors que les flancs de bas de caisse étaient très proches et assimilables à la verticalité. Le problème se posait, également, avec le cuirassement de la tourelle, car une inclinaison trop importante pénalisait d'autant l'espace nécessaire dans l'habitacle, où la présence de trois membres d'équipage - le chef de bord, le tireur, le pourvoyeur - deviendra la "règle"; en plus, on était coincé par les limites du "gabarit de transport" ferroviaire (de l'ordre de 3,50 m de large)!
Ensuite, l'angle d'approche du char selon le positionnement de la pièce antichar. Dans la mesure du possible et, en fonction de la configuration du terrain, l'équipe antichar se positionnait pour allumer le blindé adverse sur son flanc (disposition idéale!) ou sous un angle... qui ne pénalisait pas les performances de leurs munitions - sérieux problème rencontré par les allemands, sur le front Est, en 1941, avec leur première génération de munitions à charge creuse ( Hl/A), qui avait la (très) fâcheuse tendance à être déviée par l'inclinaison du blindage et l'angle d'approche des chars russes! -. A noter, que, même, avec les pièces antichars tractées les plus puissantes,
8,8 cm Pak 43/Pak 43/41, 17 livres britannique, 100 mm soviétique, le "tir frontal" n'était effectué que si la situation l'exigeait. Toutes ces pièces antichars tractées pesant, mises en batterie, entre 4,5 et 5 tonnes, il était très compliqué de les changer rapidement de position, ne serait-ce que pour éviter la réplique adverse!
L'angle d'approche du blindé ennemi "s'additionne" à l'inclinaison de son blindage! Résultat, doté d'un blindage incliné à 30° (par rapport à l'horizontale), et se présentant sous un angle d'approche de 60° ( par rapport à l'axe de tir de la pièce antichar), l'angle d'impact final cumulé du pélot antichar était de 26° ... et il avait, dès lors, 8 chances sur 10, de ricocher sur la cuirasse!

Les chars soviétiques, en approche d'une zone "antichar", avaient pris l'habitude de zigzaguer pour contrer les tirs adverses.

A noter que les obus antichars (dits APCBC) étaient munis d'une coiffe de pénétration, destinée à limiter les risques de ricochet selon l'inclinaison du blindage et l'angle d'impact. En exagérant son action, au contact avec le blindage, elle "corrigeait" la trajectoire du pélot pour "améliorer" sa pénétration. Sur la coiffe de pénétration venait s'ajouter une ogive balistique, qui améliorait l'aérodynamisme du projectile et limitait sa perte de vitesse en fonction de la distance.
Ci-dessous, un obus allemand "casse-béton" de 15 cm; les principes de fonctionnement de la coiffe de pénétration, de l'ogive balistique et de la fusée de culot (à très court délai, 0,25 à 0,15 secondes, en antichar) sont identiques...
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