... Quand les appareils ennemis n'étaient pas équipés de capotages "anti-lueurs" de leurs pipes d'échappement.
De surcroit, 9 fois sur 10 - et je suis optimiste! - le mitrailleur de queue, dont la tourelle était très rarement équipée d'un dispositif de chauffage, s'engourdissait, après longuement s'être geler les arpions - j'ai choisi une localisation polie!

- et rejoint son poste de combat, dès, pour les équipages alliés, la vue des côtes "ennemies"; il était souvent, en dépit de sa tenue sensée le protéger du froid, en train de lutter contre le sommeil qui le gagnait progressivement, en réduisant sa vigilance et ses capacités de réactions rapides. Ne jamais oublier que sur la base d'une T° moyenne, au sol, de +15°C, au-dessus de l'Europe occidentale, la chute de température est de 6°C par tranche de 1000 m, soit, à 3500 m , 21° C de moins, plus l'effet de la vitesse de l'appareil, qui rajoute une très sérieuse couche (indice de refroidissement éolien) à l'air extérieur qui environne la tourelle, dont l'étanchéité n'était, alors, pas non plus parfaite.
Dans le cadre, par exemple, en hiver, d'une situation de haute pression, avec un ciel dégagé, mais une T° au sol qui flirtouille en dessous de 0°C, à 3500 m d'altitude, la T° "statique (!) ambiante" peut très vite dépasser les -25°C, plus l'effet de la vitesse! La T° de l'air ne se stabilisant à -52°C, qu' à partir de 11 000 m (33 000 pieds), à la limite de la troposphère et de la stratosphère terrestres.
Globalement et dans le meilleur des cas, le mitrailleur de queue, durant les opérations nocturnes, réagissait en déclenchant le tir de ses mitrailleuses, bien souvent, à moins de 500 m de l'adversaire, soit, à la louche, avec un attaquant volant 150 km/h plus vite que le bombardier (ce dernier volant à 400 km/h, l'attaquant à 550 km/h), à 400 m, il disposait d'une fenêtre de tir de l'ordre de 5-6 secondes pour tenter de le contrer!
Dès 1942, les bombardiers alliés "à haute altitude" effectuaient leur approche à 6000/6500 m d'altitude - entre autres pour économiser le carburant -, avec, par voie de conséquence, une chute "statique" de T° de l'ordre de -36 à -40°C; les équipages enfilaient, certes, leurs masques à oxygène dès 3000 m d'altitude, mais, hormis le "cockpit" , où étaient regroupés le pilote, le copilote, le mécanicien de bord, et, éventuellement, le navigateur, qui pouvait bénéficier d'un dispositif de chauffage, presque digne de ce nom, dans le reste de la carlingue, on se pelait aimablement le "jonc", pendant de longues heures!
Il existe, au moins, dans le film "Memphis Bell", une reconstitution assez fiable des conditions réelles de vol qui existaient, alors, à bord d'un B-17, dont la carlingue (non pressurisée et pour cause) était le royaume des courants d'air!
