Dans un esprit assez similaire, à savoir la recherche, à tout prix, de la "Tête de Turc" de service, après une fessée "militaire", il y avait eu, en France, le procès du Maréchal Bazaine, en 1873.
Dans le genre "faux-cul", il avait été exemplaire. Il avait, aussi, permis à certains généraux du Second Empire, de se mettre bien en cour auprès des "nouveaux" gouvernants de la III. République et à s'en sortir les fesses propres.
Je pense, notamment, au général Cissey, qui était, lui-même, à Metz, s'était refait une santé politique en réprimant durement "Les Communards", puis avait initié la procédure de conseil d'enquête, qui avait débouché sur le procès en accusation du Maréchal.
Si on se penche un tantinet sur l'histoire de l'armée française, durant la Guerre de 1870-1871, hormis les politiques issus du coup d'état du 4 septembre 1870, pour qui le Second Empire avait été à l'origine de tous les maux, au sein des "grosses légumes" (généraux et maréchaux), ceux qui s'étaient récriés le plus fort contre l'incompétence du haut-commandement français, avaient souvent été les premiers à y pantoufler et y gagner leurs étoiles!
L'une des raisons essentielles de la supposée "incompétence" militaire française, en 1870, avait été sa "spécialisation" (excessive?), dans le cadre d'expéditions coloniales, qui avait débuté en 1830, en Algérie. Il s'était écoulé 15 ans depuis la guerre de Crimée, 11 ans, depuis la brève campagne d'Italie; sinon, notre haut encadrement avait acquis ses galons dans ces décennies d'opérations coloniales. Il y avait bien eu "l'alerte mexicaine" et la Guerre de Sécession, qui avait ravagé les USA, mais "nous" n'en avions tiré aucune leçon sérieuse.
Au passage, çà ne vous rappelle-t-il rien sur la "spécialisation" actuelle de l'armée française?
A l'été 1870, notre état-major avait oublié les règles d'engagement dans le cadre d'un affrontement européen, alors que, en face, l'armée des états allemands s'était, elle, cognée une brève campagne contre le Danemark, en 1864, en guise de hors-d’œuvre, plus, en 1866, un affrontement face à l'Autriche.
On se retrouve, en juillet 1870, à déclarer la guerre à "l'Allemagne" - en espérant l'appui de l'armée autrichienne, qui, lui, ne viendra jamais! -. Résultat, en trois semaines, nous nous étions retrouvés incapables de lever plus 200 000 hommes, sans même parler du monumental foutoir de notre intendance et réseau ferré - en dépit des circonstances, on finit, quand même, par se marrer à la lecture des rapports évoquant toutes ces "misères"! -.
En face, en l'espace de 15 jours, l'armée "allemande", elle, avait, par contre, impeccablement, réalisé la mobilisation de 500 000 hommes - plus du double de l'armée française! -, qui, équipés jusqu'aux dents, avaient, tous, été "projetés", sans problème, par voie ferrée, sur la frontière franco-"allemande".
Je mets, volontairement, l'adjectif "allemand" entre guillemets, parce que, alors, contrairement à la France, il s'agissait d'un conglomérat de royaumes, de principautés, de duchés, qui n'étaient pas encore fédérés; la fédération allemande ne sera proclamée qu'en janvier 1871... au château de Versailles!
Résultat, ne serait-ce qu'en Alsace, on s'était pris le 4 août, à Wissembourg, une première "fessée", résultat, déjà, d'une disproportion patente entre les forces en présence, plus de manifestes carences de la reconnaissance française, notamment de sa cavalerie, qui, à l'inverse de son équivalent allemand, considérait la reconnaissance avancée du terrain, comme une corvée fastidieuse et sans gloire et ne rêvait que de "charges héroïques", lance ou sabre au clair!
A l'époque - c'était, encore, le cas, à l'été 1914! -, la cavalerie allemande (Uhlans, Hussards, Lanciers et autres) était considérée comme une bande de lâches, parce qu'elle évitait, le plus possible, l'affrontement directe avec son "homologue" français, son rôle principal étant la reconnaissance profonde (pour l'époque!) et, dans ce cadre, la nécessaire remontée des informations aux états-majors.
Je vais effectuer un HS "local", mais, en 1870, les troupes frontalières allemandes, y compris la cavalerie, étaient largement plus à l'aise pour "causer" avec l'Alsacien local - en payant, au passage, très royalement les aubergistes, où ils prenaient table lors de leurs reconnaissances (véridique!) - que le biffin ou le cavalier français!
Car dans notre système de mobilisation des régiments, nos troufions, sous-officiers et officiers étaient, tous, lyonnais, chtis, normands, provençaux, voire "algériens" , dans le cas des Turcos de Mac-Mahon, et, donc, bien en peine pour tenter de converser avec les ruraux alsaciens, qui, eux, ne parlaient que le dialecte. En zone rurale et semi-rurale, seuls, les bourgeois aisés et les édiles pouvaient s'exprimer, tout à la fois, en dialecte et en français!
Le 6 août - la bataille n'était prévue par les deux camps! -, au matin, à Froeschwiller-Woerth-Morsbronn, les français étaient un peu plus de 30 000 (avec le vent dans le dos), les allemands, pas loin de 50 000, et, dans l'après-midi, ils étaient 80 000, voire plus, si on prend en compte leurs "renforts" qui crapahutaient, au pas cadencé, pour rejoindre, rapidement, la zone des combats.
Il y a, au moins, une chose qu'il faut reconnaitre à Mac-Mahon, c'est qu'il avait très vite pigé, en début d'après-midi du 6 août, que la position n'était plus tenable, vu la disproportion des forces, ce, en dépit d'une prestation exceptionnelle et remarquable de l'infanterie française, pourtant, handicapée par une artillerie très insuffisante, toute à la fois, en nombre et en matière de performances. Évidemment, un forum dédié à "39-45"' n'est pas le lieu pour passer en revue les carences "désespérantes" de l'artillerie française en 1870, mais, néanmoins, çà avait été l'une des causes essentielles de nos revers militaires!