Post Numéro: 796
de Loïc Charpentier
25 Aoû 2017, 13:40
Bonjour,
Juste un truc à propos du matériel. La MG 34, mitrailleuse réglementaire de la Heer, en 1ère ligne, en 1940, affichait une cadence de tir théorique de 850 coups/minute... Superbe, sauf que, tout aussi théoriquement, sa cadence de tir opérationnelle était de 450 coups/ minute... et, sur le terrain, il fallait changer le canon, pour cause d'échauffement, tous les 250 coups, soit, à la louche, sur la base de 450 coups "réels", toutes les 30 secondes. Un des pourvoyeurs trimbalait le tube de rechange en bandoulière; le remplacement du canon s'effectuait, impérativement, avec des gants et celui de la MG 34 exigeait un temps assez long (défaut qui sera corrigé sur la MG 42). Dans sa version légère (sur bipied), l'arme était alimentée par des boites-chargeurs de 50 coups, soit sur la base d'une cadence opérationnelle théorique de 450 coups/minutes, 1,5 secondes de capacité de tir - l'utilisation du double tambour (lourd à trimbaler, une fois, engagé) d'une capacité de 100 cartouches, puis de la bande (limitée par le temps d'échauffement et encore plus lourde et encombrante) sont postérieures au printemps 1940 -. En principe, le tireur expérimenté (et détendu!) se contentait de lâcher des rafales de moins de dix balles (juste le temps d'effleurer la gâchette !). C'est là qu'on constate que l'arme, "isolée", en dépit de ses performances (au stand) supérieures, n'était, dans un contexte de combat, pas beaucoup plus "efficace" qu'un FM 24/29, ni une Hotchkiss Modèle 14 (handicapée, elle, par le poids de son trépied).
En 1940, les seules différences qui distinguent le pinpin français de son homologue allemand, se résument aux bandes molletières, au monumental barda qu'il doit réglementairement porter - même s'il est sensé s'en débarrasser, lors de l'assaut - et au port de la lourde capote, y compris sous le cagna! Le MAS 36, distribué en première ligne, et, même, le mousqueton Berthier Modèle 92, modifié 5 coups, n'avaient rien à envier au Kar 98 allemand.
Hormis le très rare StuG. III, engagé à 18 exemplaires pour l'essentiel du Westfeldzug, dont le blindage frontal de 50 mm encaissait les obus antichars de 25 mm, à moyenne portée, sans broncher, toutes les trottinettes allemandes, Pz. I, Pz. II, Pz. III, Pz. IV se faisaient, aimablement, transpercer, de face comme sur les flancs, par le premier canon antichar de 25 mm Mle 34 venu, à plus de 600 m. C'était encore pire avec le 47 mm Mle 37, qui n'avait comme équivalent que les 4,7 cm Pak 36 (t) automoteurs (100 exemplaires engagés en mai 1940), sans parler d'un "bon vieux 75", bien servi.
Même au sein d'une armée "désorganisée", comme la Française, le premier sous-lieutenant venu, pour ne pas parler d'un adjudant ou d'un sergent-chef compétent, était capable de positionner correctement ses pièces antichars, ses mortiers - le modèle allemande de 5 cm ne valait pas tripette! -, ses mitrailleuses. De même, la première unité allemande d'éclairage (motos et sides-cars) allait très vite constater la puissance du dispositif adverse, surtout quand elle avait été prise sous son feu. Pour peu que les français se soient vite constituer un "champ de mines" devant leurs positions, - à moins de sauter dessus, on n'en savait rien! - çà se compliquait d'autant.
On peut, à la rigueur, tenir très correctement une position défensive avec du pinpin épuisé, beaucoup moins l'attaquer avec son pendant rincé par "15 jours" de course et de combat, alors qu'il ne reste qu' une poignée de Panzer opérationnels pour l'appuyer. Même çà, le caporal Hitler le savait.