Avec les pièces et batteries antichars tractées, une fois, à la louche, trois à quatre pélots tirés rapidement, il convenait de devoir les déplacer dans la foulée, afin d'éviter au maximum la réplique de l'artillerie de campagne adverse, sans parler, en 1944-1945, de la menace constante aérienne.
Là, était intervenu un problème de poids de la pièce et la seule capacité "humaine" de déplacement de ses servants! On était entré en guerre avec, côté allemand, des pièces antichars régimentaires de 3,7 cm, côté français, au calibre de 25 mm. Ces pièces, qui affichaient globalement 450 kg sur la balance, pouvaient assez rapidement changer de position, avec leur équipe de servants "attelés à la "bricole" - la "bricole" étant un large harnais "humain", qui facilitait l'effort de "remorquage"-; mais, dès que l'augmentation de l'épaisseur des blindages avait été constatée, il avait fallu mettre en service des pièces antichars de plus gros calibres et, dès lors, les armées s'étaient, toutes, retrouvées confrontées au même problème, celui du poids de la pièce antichar, engagée en "première ligne", et la capacité à pouvoir la manœuvrer, sur le terrain, par son équipe de servants!
Par exemple, le canon antichar de 47 mm tracté Modèle 1937 français affichait "une tonne" sur la balance, "kif-kif bourricot" pour les
4,7 cm Pak 36 (t) mis en service à l'été 1940! Le
5 cm Pak 38 de 60 calibres flirtait, allègrement, avec les 1500 kilos, avant d'être assez rapidement et progressivement remplacé, à dater de début 1942, par le
7,5 cm Pak 40 de 46 calibres, qui, à quelques kilos près, affichait le même poids que le
5 cm Pak 38, mais avec des performances antichars bien supérieures!
Pour des raisons de "
manœuvrabilités possibles[i], sur le terrain", le
7,5 cm Pak 40 était resté, réglementairement, jusqu'à la fin du conflit, la pièce antichar de gros calibre attribuée au niveau "divisionnaire", sachant que les unités de
Panzerjäger, dotées de
8.8 cm Pak 43 et
43/41, qui pesaient, elles, largement plus de 4 à 4,5 tonnes, avaient, elles-mêmes, été versées, selon le contexte et la situation, dans des unités "d'intervention" indépendantes, placées sous l'autorité du Corps d'Armée (
Korpstruppen) ou de l'Armée (
Heerestruppen).
