RoCo a écrit:alain adam a écrit:[
Voici pour exemple ce que l'on trouve dans les manuels français en terme de consommation de carburant :
- une DI ( normale ) consomme 240 hectolitres au 100 km
- une DI ( motorisée ) non transportée consomme 480 hectolitres au 100 km
- une DI ( motorisée ) transportée ( donc avec l'adjonction de 3 groupes de transport pour l'infanterie ) consomme 1000 hectolitres au 100 km
- une DLM consomme 900 hectolitres au 100 km
Evidemment, on a pas les memes moyens motorisés dans les unités allemandes.
Mais si je convertis en metres cubes , cela nous donne pour la DLM ( qui est assez proche d'une division par exemple de type tcheque ) :
900 hectolitres = 90.000 litres = 90 metres cubes pour 100 km
Du coup, par Km parcouru on est à un peu moins d'un metre cube de carburant , voilà l'ordre d'idée sur lequel on peut partir en attendant de trouver des informations précises allemandes.Un train complet divisionnaire ( Pzd ) en citerne étant de 75 metres cubes, on peut supposer qu'environ l'équivalent est stocké en fut ou jerrycan aux niveaux inférieurs, et qu'un plein est fait dans chaque véhicule, donc on arrive à une autonomie approximative sans ravitaillement de 3*75 = 225 metres cubes, soit environ 225 km , et au bout de cela, tout le monde est à sec, y compris les camions citernes

Maintenant, il y a le probleme des multi-carburants ( essence , diesel ... et accessoirement kero pour les avions de reco ) mais on peut supposer que les logisticiens avaient appris leur métier et réapprovisionnaient au prorata des consommations de chaque type de moteur.
Bon, le mieux serait d'avoir les données allemandes pour vérifier tout ça .
Alain
Bonjour,
Comme actuellement, je n'ai pas le temps de me taper des milliers de pages de documents, je me suis souvenu que j'avais acheté, il y déjà des années,
des livres de la "Gesellschaft für Wehrkunde" de Munich dans lesquels l'ex Generaloberst Georg-Hans Reinhardt (commandant du XXXXI. Corps d'armée en 1940
avec la 6. et 8. Panzer Division, 2. ID (mot)) avait écrit plusieurs articles (1956-1957)
Les besoins en ravitaillement des divisions allemandes étaient et éxprimés en Versorgungssatz (V.S.) ou taux de consommation (?)
Carburant : 1 V.S. = quantité en m3 nécessaire pour parcourir 100 km . Division blindée 1940 : 180 à 200 m3 (taux essence-diesel 4:1)
Munition : 1 V.S. = quantité en tonnes nécessaire à 1 journée de combat intensif 150 à 200 tonnes
Nourriture : 1 V.S. = rations d'1 journée division infanterie 12 à 15 tonnes . Le reste est à "prendre" sur place
XXXXI. AK le 10 mai 1940 : 13200 véhicules auxquels s'ajoutent les véhicules d'unités attachés .
Le 10 mai, la 8. Panzer Division se trouve à 120 km de la frontière Luxembourgeoise, les 2 autres divisions à 200 km . Toutes les 3
doivent passer la Hocheifel et le Hunsrück (montagneux) .
Carburant pour XXXXI.AK
-1.Ausstattung (le plein du début) : 1,5 V.S.
-stocké à la frontière : 2200 m3 soit plus ou moins 4 V.S. qui servent à refaire le plein : Ce qui est de trop= réserve
-intégré dans les colonnes des divisions :
I./Transport Regiment 616 mis à disposition par l'OKH avec 640 m3 de carburant (Jerrycans) = 1 V.S.
Korps Nachschubführer 414 avec 25 m3 en citerne
Divisions Nachschubführer : 8. et 6. Panzer Division : chacune 3 colonnes de citernes = 6 x 50 m3 (je ne sais pas ou Niehorster va chercher les colonnes de 25 m3)
2. ID (mot) 2 colonnes citerne de 50 m3
Avec cela, on espère pénétrer de 450 km en terrain ennemi .
Réservé au XXXXI.AK : 3 trains de carburant (probablement à Trèves) : 1600 m3 de carburant ou approximativement 3 V.S.
Autres chiffres intéressants cette fois concernant l'entièreté de la Panzergruppe Kleist : transport de carburant par la Luftflotte 3
depuis Köln/Wahn et Bonn/Hangelar :
vers Charleville du 17.5. au 20.5.1940 : 835 m3 de carburant
vers Cambrai le 24 et 25 mai 1940 : 600 m3 de carburant
auxquels s'ajoutent des quantités moins importantes de carburant lâchés près des unités de première ligne dans des réservoirs 250 C de 100 litres .
Si vous avez des corrections à faire ou des remarques : n'hésitez pas.....
P.S. j'habite maintenant le long d'une toute petite route de campagne . Du 11 au 14 mai sont passés par cette route :
la moitié de la 2.Panzer Division
toute la 6. Panzer Division
la moitié de la 8. Panzer Division et la moitié de la 2. ID (mot) soit plus de 11.000 véhicules. Le reste de ces divisions
sur une route parallèle distante de 7 km .
Le risque pris par la Heeresgruppe A en mettant le XXXXI.AK derrière le XIX. AK sur, en partie, les mêmes routes était
vraiment énorme . A midi du 11 mai cela représentait une colonne s'étirant de Libramont jusque loin derrière le Rhin !
Et la 2.ID ne s'était même pas encore mis en mouvement .
Hello,
J'avais effectivement vu ces données "VS" a différents moments de la bataille dans les rapports divisionnaires, m'etait douté que cela correspondait à une mesure de consommation, mais pas trouvé la correspondance avec 100 Km ou des journées de consommation.
Pour ce qui est des colonnes de 25 ou 50 m3 de carburant par colonne , je vais controler ça, je pense effectivement que c'est 50 m3 , mais ça me semble vraiment peu au regard de 180/200 m3 consommés pour 100 km par PzD .. ( c'est le double d'une DLM ! )
Pour l'instant, je me suis contenté de vérifier dans des gliederung datées de début mai ou carrément du 10 mai 40 sur plusieurs divisions et on constate 7 colonnes de transport et 3 colonnes de carburant. Je vais essayer de trouver la liste des camions d'une de ces colonnes pour faire le check de la typologie des camions citernes et camions de transport, comme ça on aura la certitude en terme de capacité.
1e PzD

2e PzD

6e PzD

7e PzD

8e PzD

9e PzD

Donc on peut supposer que c'est idem pour les divisions manquantes.
Pour les divisions d'infanterie motorisée c'est un peu plus variable : ( je n'en copie pas les gliederungs mais je les ai )
- 2 I.D. (mot ) : 6 colonnes transport , 2 colonnes carburant
- 20 I.D. (mot ) : 7 colonnes transport , 2 colonnes carburant
- 29 I.D. (mot) : 6 colonnes transport, 2 colonnes carburant
- SS T. ( mot) : 9 colonnes transport , 3 colonnes carburant
Une DI normale : 6 colonnes transport , 1 colonne carburant, ça semble stable.
Si je reviens aux PzD, nous avons donc les colonnes 1 à 7 avec munitions et ravitaillement, et 8 à 10 avec le carburant.
Si on souhaite rationaliser/simplifier un peu, je pense que l'unité de train divisionnaire est organisée pour stocker :
- 1 VS de carburant ( dont 3/4 en citerne - 150 m3 , le reste en fut ou jerrycan), soit ce qui est necessaire pour 100 km de distance
Les capacités des colonnes de transport sont entre 180 à 270 tonnes pour :
- 1 VS de munitions = 150 à 200 t ( soit 5 à 6 colonnes )= 1 journée de combat .
- 2 VS de nourriture = 24 à 30 tonnes ( soit 1 colonne ) = 2 jours d'alimentation
Les unités logistiques intermediaires me semblent capables de stocker en plus
- 1/2 VS de carburant en fut ou jerrycan
- 1/2 VS de munitions
- 1 VS de nourriture
Les unités de boucherie et boulangerie devraient pouvoir apporter 1 VS de nourriture en plus .
Sans oublier le plein effectué, correspondant à 1.5 VS de carburant ( +/- 150 km d'autonomie ) , les munitions dans chaque unité : 1/2 VS ( 1/2 journée de combat ) , les rations dans la besace ou en delestage : 1 VS ( 1 journée d'alimentation)
La panzer division 1940 sur le point de démarrer dispose donc à la louche de 3 VS de carburant = 300 Km , 2 VS de munitions ( 2 jours de combat ) , 5 VS d'alimentation ( 5 jours de combat ). Bernard indique 4 VS de carburant dans la division 41 , cela me semble tout a fait cohérent, les problemes logistiques rencontrés en 39/40 ont du pousser à augmenter la capacité.
A mon humble avis, on peut faire l'impasse sur l'alimentation, outre les colonnes d'approvisionnement, on se servait sur le terrain et il y avait même des unités de bouchers dans les divisions pour lever de bon steacks sur des marguerites croisées dans les champs. Cela dit, je pense qu'il faut tout de meme grever d'une colonne de 30 tonnes la capacité du train divisionnaire pour la partie alimentation, ce qui en laisse 6 ( soit 180 t ) pour les munitions et je pense qu'on peut admettre que cela correspond à une journée de munitions.
Au sujet de la longueur des colonnes d'une division en mouvement, si je reprends la DLM française dans la documentation d'etat major, si on devait mettre à la file indienne tous les véhicules la composant lors d'un déplacement, il y aurait 125 km entre le premier et le dernier véhicule. Le temps d'écoulement si on la regarde passer, est de 5 heures.
Les panzer-divisions étant plus nombreuses en terme de véhicules, je pense qu'on peut tabler sur le chiffre moyen de 175 km de distance et 7/8h d'écoulement ( la encore il faudrait trouver les chiffres donnés par les manuels ). Evidemment, lorsque c'est possible, les unités d'une même division prennent plusieurs routes plus ou moins paralelles pour circuler, sinon on se retrouve vite avec des longueurs de colonnes monstrueuses .
Dans le cas de la route indiquée par Roger, à la louche si 1 +0.5+0.5 = l'equivalent de 2 panzerdivision sont passées, entre la premiere automitrailleuse et le dernier camion, il devait y avoir au moins 300/350 kilometres .. Bison futé n'etait pas encore né , mais il aurait implosé

On comprends alors tout le sens de disposer de plusieurs itineraires dans une offensive, et l'importance qu'ont les noeuds routiers et les ponts traversant des fleuves : c'est des goulots d'étranglement qui ont vite fait de se transformer en foire si plusieurs divisions doivent passer au même endroit. Imaginez qu'un camion tombe en panne au beau milieu d'un pont et bloque la circulation , il aurait fait dire à Helmut, situé à 150 kilometres en arriere "mais pourquoi on s'arrete ?" .
Un tir de barrage d'artillerie ou le bombardement d'avions sur une partie de la colonne n'a pas qu'un effet létal sur les unités bombardées, il bloque aussi toutes les unités situées derriere , sur des dizaines voir des centaines de kilometres.
Alain