Prosper Vandenbroucke a écrit:Bonjour,
Je n'ai pas souvenance des suites( si il y en eu) mais le 29 mai 1940 les Allemands rendirent également le honneurs à la garnison du Fort de Tancrémont en Belgique.
Mais d'où sortent ces histoires de reproches, voire de sanctions, à l'égard de chefs de corps qui avaient accordé, compte-tenu de l'âpreté des combats qui avaient précédé, ce qu'on appelle, encore de nos jours, les "
honneurs de la guerre rendus au vaincu" ?

C'est juste suffisamment rare pour être noté.
Il s'agit d'une décision "purement'" militaire, qui, en principe (!), ne concerne pas les dirigeants politiques. Dans le cas de Wäger, à Lille, son autorité hiérarchique, Reichenau, lui avait bien précisé les limites de l'exercice... aucune concession particulière accordée (quant à la capitulation effective des troupes françaises), par contre, une certaine courtoisie entre "frères d'armes" est acceptée.... Point-barre! Ce qu'il avait mené à bien!
Dans le cadre de la résistance de la garnison belge du Fort de Tancrémont, même motif, même punition!
Cette pratique avait aussi l'avantage d'éventuellement " limiter raisonnablement le bain de sang" (des deux côtés), ce qui n'aurait pas été le cas, si les ordres avaient été d'attaquer "sans merci". Dans ce cas, chaque adversaire continuait d'empiler les morts, les blessés, sachant, que, de toute manière, vu sa situation, celui qui était encerclé ou isolé, n'avait quasiment aucune chance de s'en sortir!
Fort heureusement, les situations dramatiques "sans aucun espoir", comme celle de la Légion Etrangère, à Camerone, en 1863, ou, plus tôt, celle de Fort Alamo, en 1836, avaient été relativement exceptionnelles dans l'histoire militaire. Sinon, à ma maigre connaissance, durant la WW2, il n'avait existé que deux situations particulières.
D'abord, celle, sur le Front Est, où, un, avant même juin 1941, Staline avait refusé de se conformer aux Conventions de Genève - les Allemands s'empressant de faire de même vis-à-vis des troupes russes! -, deux, avait décidé que tout prisonnier soviétique fait prisonnier était considéré, quelque était son grade, comme un "déserteur" et, dès lors, jugé comme tel par ses tribunaux militaires!
L'autre situation "particulière" avait eu lieu durant
Wacht am Rhein, à l'hiver 1944-1945, où les ordres explicites transmis précisaient bien qu'il fallait éviter de "
faire des prisonniers", leur nécessaire "gestion" sur le terrain retardant d'autant la progression de l'offensive! Mais, il convient de tenir compte, aussi, sur le seul plan militaire, du contexte, avec un "
Dodolf" devenu totalement paranoïaque après sa tentative d'assassinat de juillet 1944, qui avait, alors, le plus souvent, " l'oreille" aux conseils d'un certain Heinrich Himmler, qui avait profité de l'occasion pour se remettre en cour, mais qui n'était, de fait, qu'un (très grave) incompétent notoire sur le plan militaire; ce qu'avaient, d'ailleurs, prouvé ses deux promotions en tant que Oberbefehlshaber Oberrhein, en 1944, puis, brièvement, sur le Front de l'Est en 1945, où, à chaque fois, il avait bien pris soin de ne jamais y être les pieds. Tout çà, pour déserter comme un pleutre, en avril 1945, revêtu d'un uniforme de sous-off de la
Heer (!) pour rejoindre l'état-major de Doenitz, désormais, officiel et ultime représentant du
III. Reich, d'où il s'était fait recevoir, puis viré, à bonnes raisons, comme un malpropre, avant de se retrouver réduit à errer lamentablement sur les routes allemandes et de s'y faire alpaguer par une patrouille britannique!
A propos de
Wacht am Rhein, un certain Joachim Peiper avait, lui-même, à l'issue du conflit, payé le prix( très) fort pour son "respect jugé très excessif" des ordres reçus - en plus, il appartenait à la
Waffen-SS - , mais, çà, c'est une autre histoire!
Cà n'engage, bien entendu, que moi, mais du côté de la famille "
Goebbels", réfugiée dans le
Bunker du
Reichstag, on avait eu, au moins, l'insigne honneur de s'y suicider des plus "honorablement" - même si les pauvres gamins, y compris l'épouse, n'étaient pour rien dans les "forfaitures" commises par le
III. Reich! -. Rien de tel avec Heinrich Himmler, qui, une fois capturé, voyant l'échéance de son procès arrivée à la vitesse "grand V", avait, dès lors, préféré se suicider, plus ou moins contraint et forcé.
Le procès de Nuremberg avait, aussi, condamné à la potence, outrage ultime volontairement intentionnel et dégradant, de "purs militaires" de haut rang, censés être fusillés (!), selon le code militaire, comme
Keitel ou
Jodl!