Dog Red a écrit:
... Plutôt banales ces deux photos de personnel médical US, dans le secteur de Saint-Lô au mois de juillet 1944...
...mais évocatrices des terribles combats dans le bocage qui coûtent cher à l'infanterie US.
Guerre de position qui rappelle par certains côtés la Première Guerre mondiale.
Les tirs de mortiers occasionnent énormément de pertes, dont beaucoup de blessés.
Le personnel médical que l'on voit ici à l’œuvre prend en charge deux blessés qui ont été ramenés en arrière la ligne de front (ils sont sur des brancards).
Les marquages désignant ce personnel comme appartenant au corps médical sont surabondants ! On aperçoit même une croix-rouge peinte sur fond blanc directement au dos d'un blouson.
De fait, dès la guerre franco-prussienne de 1870-1871, l'intervention, "sur le terrain", du corps médical, tous opérateurs confondus (brancardiers, infirmiers, médecins) était devenue essentielle.
A l'origine, çà avait été le seul résultat des progrès de la médecine. Au Moyen-Âge ou durant la Guerre de Cent Ans, on n'achevait pas nécessairement les blessés graves, par simple esprit de vengeance (quoique que!), mais surtout parce que la gravité de leurs blessures, vu les compétences médicales de l'époque, ne permettait pas d'envisager la moindre possibilité de rétablissement, d'autant plus que les blessures graves et profondes débouchaient généralement sur une gangrène mortelle, qui, avec les chocs opératoires, résultats d'opérations chirurgicales lourdes, était restée la "règle" jusqu'à l'emploi des "antibiotiques", durant la Seconde Guerre Mondiale". Même, durant la Première Guerre Mondiale, en dépit des progrès avérés de la médecine et de la chirurgie, les conséquences gangreneuses, même après une intervention chirurgicale réussie, étaient toujours d'actualité, d'autant plus que les interventions chirurgicales les plus lourdes étaient le plus souvent menées sur des blessés, eux-mêmes, fragilisés par leur situation de faiblesse.
Il y a, aussi, une situation un peu particulière, celle des "
Gueules Cassées", qu, durant la Der des Ders, s'en étaient sortis "
in extrexemis", après des interventions faciales chirurgicales, qui les avaient laissés lourdement défigurés à vie; d'où, au passage, après-guerre, la mise sur pied de la Loterie Nationale, initiée par Napoléon Ier, afin de subvenir à leurs besoins, grâce à la "générosité" nationale!
Les dégâts humains, causés par les armes de guerre, n'ont pas diminué depuis lors, on pourrait, même, dire qu'ils n'ont fait que s'aggraver par le biais de la puissance des armes et de leurs projectiles, par contre, la chirurgie et la médecine, elles, ont fait de très gros progrès. Il est fort heureusement de plus en plus rare (tout est relatif!) qu'un blessé grave succombe à ses blessures sur la table d'opération, même s'il ne s'agit, là, que d'un expédient, la chirurgie faciale ou autre ayant fait de très gros progrès... çà n'empêche pas, pour autant, l'existence des mutilés de guerre, mais la "médecine" s'efforce de leur "assurer" un "maximum" de vie supposée "normale". J'ai bien pris soin d'ajouter un paquet de guillemets, car leur situation est très loin d'être simple; l'US Army, après la Corée (1950-1953), puis la Guerre du Viet-Nam (1969-1973 pour l'essentiel), s'était, ainsi, retrouvée à devoir "gérer" un gros paquet d'anciens combattants, "blessés lourds", plus ou moins bien "rafistolés" par ses chirurgiens de terrain.
C'est toujours le cas de nos jours, même s'il est de règle de ne rendre un hommage officiel qu'aux seuls morts, en oubliant soigneusement de faire mention des blessés graves, handicapés à vie et, alors, que le ratio de "pertes au combat", pour nos troupes opérant en "territoire exotique", est de l'ordre d'un tué, pour quasiment quatre blessés, dont un ou deux gravement atteints et définitivement handicapés.
"Amusez-vous" à passer en revue ce lien...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Pertes_mi ... t_au_Sahel... il n'y est question que des morts, sans la moindre référence aux blessés, sachant que pour 58 morts identifiés, le nombre de blessés plus ou moins graves doit s'évaluer, au mieux, au triple , 174 hommes, voire, plus probablement, être proche de 200!... Avec de braves "pinpins", dont certains vont se retrouver pour le reste de leur vie, dotés d'un membre artificiel, voire devoir se véhiculer dans un fauteuil! Amen!
