NIALA a écrit:Je remarque qu'il y a une majorité de marins, la vie des autres armes serait elle si triste que celà?
Il existe surement une vieille et nombreuse collection de croquis humoristiques de "pioupious", sauf que je ne l'ai pas en tête; par contre, on doit à Georges Courteline (1858-1929) des écrits d'anthologie, comme "
Les Gaietés de l'Escadron" (1886), "
Le Train de 8H47" (1887), qui traitaient, tous deux, de la "vie quotidienne" des casernes, sans parler de son célèbre "[i]Messieurs les Ronds-de-Cuir[/i]" (1893)! Courteline avait la dent très dure envers les fonctionnaires et tout ce qui rapportait de près ou de loin à une administration hiérarchique "codifiée".
Il y avait également, au début du siècle dernier, une culture musicale populaire très influencée par l'univers militaire; l'un de ses ultimes représentants avait été Ouvrard -
J'ai la rate qui se dilate! -, mais Fernandel, à ses débuts, n'avait pas, non plus, hésité à jouer le "comique troupier" sur scène, tandis que, à ma souvenance, Jean Gabin, lui-même, s'y était essayé en tant que chanteur, durant ses premières années de music-hall, au début de la décennie 1920.
Le mataf a en sa faveur l'existence d'un "univers" bien particulier. Du temps où l'Armée de Terre regroupait 800 000 hommes sous les drapeaux, à la veille de l'été 1914, "
La Royale", elle, ne disposait guère de plus 120 000 hommes, essentiellement, des inscrits maritimes et des engagés volontaires. La plupart des conscrits - sortis de l'univers maritime bien particulier des "inscrits maritimes" - y effectuaient, alors, deux, voire trois ans de service militaire "obligatoire".
Cà concernait bien évidemment l'essentiel des "appelés" terrestres, à raison de trois ou quatre vagues "d'appels sous les drapeaux" annuelles, ces "comiques troupiers" et romans dédiés, tels que ceux de Courteline, étant censés leur "rappeler" leur propre temps de service et ses contraintes. A l'inverse, dans la Marine, en temps de paix, les appelés "terriens", au sein de l'Equipage, étaient très peu nombreux, car ils servaient, si nécessaire, de volant de "recrutement", si les besoins d'effectifs par le biais de l'Inscription Maritime et des engagements volontaires s'avéraient insuffisants!
De surcroit, hormis une "douzaine" de cuirassés, où l'effectif flirtait avec le millier d'hommes, les équipages se résumaient à une quinzaine d'hommes à bord de nos premiers sous-marins, une centaine d'hommes à bord des contre-torpilleurs, etc. Au final, sauf au sein des "Dépots" (Brest, Toulon, etc.), la structure "fonctionnelle" d'un équipage, rapportée aux diverses unités, variait, en gros, entre l'effectif d'une section et celle de plusieurs compagnies.
Rien avoir, par exemple, avec un casernement de l'Armée de Terre, qui, lui regroupait un régiment (en gros, trois bataillons de "pioupious"), avec le cas bien particulier des régiments de cavalerie, où l'effectif des "cavaliers" ne représentait guère plus d'un tiers des effectifs d'un régiment d'infanterie, en raison de l'espace et de l'entretien que réclamait le parc de "bourrins"!
