Si on remonte dans le temps, jusqu'à la ratification de l'Entente Cordiale, le 8 avril 1904, la France et "Angleterre" avaient été deux adversaires historiques. Si on excepte les plus hautes instances dirigeantes à l'initiative de ce "Traité", les relations militaires, notamment au sein des deux marines, la Marine Nationale française et la Royal Navy, adversaires "récurrents" depuis trois bons siècles, n'avaient de loin pas été aussi "simples" que les écrits veulent bien rapporter.
Il convient de ne pas non plus oublier que, alors, si les Britanniques s'étaient "rapprochés" des Français, c'était essentiellement parce que la montée en puissance navale du
II. Reich les inquiétait très sérieusement et qu'il leur fallait "rapidement" trouver un allié. Cà leur avait permis de nous "refiler" le contrôle de la Mer Méditerranée et de se "libérer", en Mer du Nord, dans l'optique de la menace "teutonne". A noter que, dans la foulée de "l'Entente Cordiale", la Russie, qui depuis 1891, avait signé des accords militaires réciproques avec la France, et tandis que l'Allemagne, au tournant du siècle, s'efforçait de lui faire rejoindre la Triplice, avait, quelques mois plus tard, signé un accord de coopération militaire avec les Brits.
Disons-le sans ambage, cette "Entente Cordiale" n'avait été qu'une décision britannique "purement" pragmatique, pour laquelle, globalement, la gouvernance et les médias français s'étaient, eux, quelque peu "emballés".
On s'était retrouvé, après la Der des Ders, avec, par exemple, les deux célèbres et, au demeurant excellents, "romans" d'André Maurois, intitulés "
Les Silences du Colonel Bramble" et les "
Discours du colonel Bramble, souvenirs de son rôle d'officier de liaison, auprès du BEF, où l'auteur affichait très clairement son "anglophilie". Sauf que çà faisait surtout référence à la "petite" partie "émergée" de l'iceberg!
Sans parler de la décennie "1904-1914", durant la "Der des Ders", aussi bien sur mer que sur terre, la nécessité prioritaire des combats avait exigé une coopération des états-majors britanniques et français et, par voie de conséquence, celles des unités placées sous leurs autorités. Au sein des troupes terrestres, çà avait plutôt bien fonctionné, ne serait-ce que par le biais de leurs proximités locales, mais, au sein des deux marines, le vieil antagonisme historique, sans pour autant interférer dans les opérations "communes", avait continué de perdurer, en se tenant de part et d'autre à "longueur de gaffe". L'amiral Darlan, promu Chef d'état-major de la Marine, le 6 juin 1939, étant, lui-même, un anglophobe de "première", contraint d'obéir aux décisions gouvernementales, avait fini par "craquer" après "l'affaire de Mers-El-Kébir", en juillet 1940.
Si on s'amuse à jeter un coup d’œil sur l'organisation militaire anglo-française, à dater d'août 1914, force est de constater que, côté français, à tort ou à raison, on avait laissé la "part belle" aux britanniques, où leurs troupes terrestres, engagées en France, constituées à la va-vite de "volontaires" enthousiaste mais ignorants, en l'absence de toute conscription nationale, s'étaient prises une très sévère "volée de bois vert". Côté naval, çà avait été très différent, car la Royal Navy disposait clairement de moyens tactiques supérieurs et de l'autorité, considérée comme la plus compétente.
Sur mer, la flotte française avait le plus souvent servi au mieux en tant qu' "auxiliaire" indispensable, ce qui se vérifie, en 1915, aux Dardanelles et dans le cadre de la "Défense du Canal de Suez"et, même, ultérieurement!
Bref, passons maintenant à l'univers des combats terrestres en 1914-1918. En dépit des multiples relations élogieuses rédigées par la presse britannique pour honorer ses propres troupes, le gros du boulot avait été mené par les troufions français, y compris pour reprendre les terrains perdus par les Britiches!
Après-guerre, se déroulent, à dater de 1921, à l'instigation des States et de la "bienveillance" britannique, les tractations entièrement "pipotées", qui avaient débouché sur 'l'Accord Naval " de 1922, où, à cette occasion, la Marine Française s'était retrouvée, en l'absence de l'existence de toute flotte allemande, classée en "
seconde catégorie" avec un même tonnage autorisé que l'Italie!
De nos jours, on a trop facilement tendance à oublier ces "affrontements" entre anglais et français; à commencer par la "gifle" monumentale de Fachoda, en 1898 où, à cette occasion, dans le cadre d'une incursion militaire française, la "colonne Marchand", progressant à l'ouest du Soudan, que les Brits avaient considéré comme une "intrusion" territoriale dans leur "chasse gardée"... Sachant que, à l'époque, en 1898, après avoir encaissé de multiples revers militaires locaux, plus ou moins douloureux, lors de ses tentatives "d'occupation soudanaises", le corps expéditionnaire britannique était censé "venger l'exécution de Gordon Pacha". L'armée britannique, qui avait pris la relève de "l'armée égyptienne" progressait, en gros, du nord au sud, depuis l'Egypte, tandis que la "Colonne Marchand", elle était entrée au sud du Soudan et parvenue jusqu'à Fachoda - à la louche, à la longitude d'Adis-Ababa, en Ethiopie -, en progressant, sans trop de difficultés rencontrées, sauf celles nécessaires pour sa subsistance, depuis l'ouest, dans les territoires "inexplorées" de son "Empire colonial".
Les Brits avaient alors très sérieusement fait "la gueule", d'autant qu'ils s'étaient pris, entre 1881 et avant leur prise totale du contrôle des opérations militaires, à dater de fin 1897, où le personnel égyptien s'était retrouvé cantonné au rôle, au mieux, de "supplétifs", voire d'"auxiliaires". Dans ce contexte, il y a une situation que les ouvrages britanniques ont souvent tendance "à glisser sous le tapis", à l'occasion de ces différents revers "sanglants", le commandement des troupes égyptiennes avait été confié
à de très hauts gradés militaires britanniques, durant ses tentatives d'incursion au Soudan, entre 1881 et 1898!
C'est assez compliqué de tenter décrire brièvement la situation "militaire" qui existait au Soudan. Du côté soudanais, le décès du "
Maahdi" avait eu des conséquences directes sur son état-major, qui jusque-là lui obéissait "au doigt et à l’œil". En "parallèle" l'armée britannique avait expédié en Egypte, des unités "européennes" de premier brin, toutes issues de ses formations d'engagés formées sur le territoire britannique, au demeurant peu nombreuses, ou sélectionnées dans "l'Armée des Indes".
Rien à voir, par exemple, avec la "Colonne Marchand", où le commandement et l'encadrement étaient français, mais où le gros de la troupe était, lui, constituée à partir d'un recrutement de volontaires locaux!
Sauf que, au final, la flotte française, incapable de pouvoir se mesurer à la Royal Navy - Vive la
Jeune Ecole et ses "préceptes!

-, avait été contrainte de devoir "baisser pavillon", tandis que la gouvernance française en place intimait l'ordre à la "Colonne Marchand" de se retirer de Fachoda et des territoires soudanais qu'elle contrôlait!
Je sais, j'ai souvent tendance à "m'égarer" dans des "Vieilleries" souvent considérées comme "hors d'âge", mais, après la ratification officielle de l'Entente Cordial en avril 1904, la cohésion stratégique et tactique franco-britannique, durant la Der des Ders, avait été beaucoup plus compliquée que ce que ne veulent bien nous révéler les documents officiels!