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La délation contre les Juifs en Italie

Pétain, Laval, le régime de Vichy et tous ceux qui furent acteurs de cette période sombre de notre histoire. La collaboration, les collaborateurs, la vie quotidienne sous la botte de l'occupant, les privations, le marché noir...
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La délation contre les Juifs en Italie

Nouveau message Post Numéro: 1  Nouveau message de Loïc  Nouveau message 08 Fév 2025, 12:56

L'Italie ou l'illustration des "discordances entre la Mémoire et l’Histoire"
une brèche de plus qui lézarde l'édifice de la reconstruction mémorielle post-fasciste de l'Italie Italiani Brava Gente (peut être encore plus vivace en France même que dans tout autre pays) et ses nombreuses variantes du sympathique occupant de la France Grèce Yougoslavie et Tunisie, de la bienveillante protectrice des juifs et l'exception de l'Europe comme humaniste puissance coloniale exempte d'excés de violences contre les civils occupés, colonisés et juifs à la différence de ses très très méchants homologues colonisateurs Français ou Britanniques sans parler de son alliée allemande

Longtemps, la question de la délation a été ignorée par l’historiographie italienne du fascisme. Dans une étude récente, Mimmo Franzinelli indiquait pourtant que cette pratique s’était progressivement transformée pendant le Ventennio en véritable système de pouvoir et de gouvernement. Instrument de connaissance de l’opinion et de contrôle de la population, la délation fut fortement encouragée par le régime, notamment à partir du milieu des années vingt, dans le contexte d’une restructuration des forces de police, sur fond de suspension définitive des libertés individuelles et de mise au pas totalitaire de la société italienne. Le régime se dota de différents organes d’investigation et de répression disposant chacun d’un réseau d’informateurs stipendiés, chargés de surveiller et de dénoncer les opposants et les récalcitrants. Certaines catégories professionnelles – en particulier, les concierges – furent, en outre, fortement incitées à apporter leur collaboration à ce travail d’information. À côté de cette délation organisée et sollicitée, les délations spontanées se multiplièrent. Des milliers de lettres, le plus souvent anonymes, furent adressées aux autorités pour dénoncer des comportements jugés « déviants ». Les délateurs agissaient par adhésion idéologique au régime aussi bien que par intérêt. Dès le début des années trente, la délation s’était enracinée dans la société italienne au point de n’épargner ni les milieux de l’antifascisme clandestin, ni inversement les milieux fascistes proches du pouvoir.

(...)

L’installation dans la Péninsule des forces allemandes d’occupation et la mise en place de la République sociale italienne provoquèrent en effet un saut à la fois quantitatif et qualitatif en matière de répression et de persécution. Les opposants furent traqués sans merci, alors que se développaient des mouvements de résistance. L’occupation nazie marqua par ailleurs le début de l’application en Italie d’une politique antisémite de type génocidaire. Traqués par l’occupant allemand dès le 8 septembre 1943 avec la collaboration des autorités italiennes, les Juifs furent également l’objet, dès novembre 1943, de mesures d’internement émanant de la République de Salo. Du côté italien, les actions antijuives mobilisèrent à la fois les préfectures, les commissariats, les carabiniers et les différentes milices et forces de police apparues après le 8 septembre. Dans cette « chasse » aux opposants et aux Juifs, aussi bien l’occupant allemand que la République sociale eurent massivement recours à la délation. Des réseaux d’informateurs efficaces et nombreux furent mis en place tandis que la délation spontanée était encouragée par de fortes récompenses et la perspective de pouvoir par là même participer à des opérations de pillage.

(...)

Si, en chiffres absolus, le nombre de victimes italiennes de la Shoah est de très loin inférieur à celui d’autres pays européens, l’Italie perdit néanmoins, entre 1943 et 1945, près de 20 % de sa population juive. Ce qui est considérable, si l’on garde à l’esprit le peu de temps que dura l’occupation allemande dans la Péninsule – l’Italie centrale ayant été libérée par les Alliés dès l’été 1944. En France, le souvenir des dix mois d’occupation italienne (novembre 1942 - septembre 1943) a longtemps contribué à accréditer la thèse d’une exception italienne en matière d’antisémitisme. La population italienne n’aurait pas cédé aux sirènes de l’antisémitisme fasciste puis nazi. Les études récemment réalisées sur la délation tendent à remettre en cause cette idée reçue et posent la question des collaborations dont les politiques de persécution ont pu bénéficier dans la population italienne. Le traitement réservé au souvenir de la délation dans l’Italie de l’après-guerre renseigne ainsi plus largement sur la façon dont les Italiens ont analysé leurs responsabilités et celles du régime fasciste dans la conduite de la persécution antisémite. Quelles traces les faits de délation ont-ils donc laissées dans les mémoires italiennes? Ont-ils fait l’objet, à l’initiative des pouvoirs publics, d’une politique de répression spécifique dans le cadre de l’épuration ? Épisodes honteux s’il en est, ces faits ont-ils été relatés ou représentés dans des récits de témoignages, dans la presse, dans l’historiographie, dans des récits de fiction ou dans des films ? Dans l’Italie de l’après-guerre, s’est-il trouvé des groupes sociaux pour se faire porteurs de cette mémoire ?



article complet
https://journals.openedition.org/laboratoireitalien/538

on vérifie la même discordance entre Mémoire et Histoire en Tunisie et Libye occupées par les Italiens
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Re: La délation contre les Juifs en Italie

Nouveau message Post Numéro: 2  Nouveau message de Loïc Charpentier  Nouveau message 08 Fév 2025, 20:15

Désolé, mais ces extraits de "relations chirographaires" post-conflit n'avaient ou n'ont pour motivation première de vouloir "valider", en septembre 43, le basculement du "Royaume d'Italie", après la mise au rencart du Roi et de Mussolini, dans le camp allié!

On peut reprocher beaucoup de choses au long régime autoritaire "mussolinien", depuis 1922 (à la louche), sauf son "antisémitisme" avéré!

Certes, durant son "règne", un certain nombre de contestataires avérés du régime, de confession juive, avaient, eux-mêmes, échoué dans les geôles italiennes, mais, de manière générale, le pouvoir mussolinien était opposé à cette politique de ségrégation, qui , au premier semestre 1943, s'efforçait de ne pas dire son nom et "camouflait" ses intentions d'extermination "industrielles", ignorées côté italien!

D'une certaine manière, jusqu'en septembre 1943, il s'agissait, là, d'une différence essentielle, par exemple, entre l'Etat Français, aux ordres de l'Occupant, et le Royaume d'Italie, lui, allié officiel! La chute du pouvoir mussolinien, à quelques jours ou semaines près, avait abouti à celle de la royauté italienne. Le gros des exactions, envers la population juive italienne, n'avait été mené qu'après septembre 1943, dans les territoires italiens, qui étaient restés sous l'autorité allemande.

Au sein de la "République Sociale Italienne", RSI, décrétée le 23 septembre 1943, Mussolini, sorti de sa prison , grâce à une intervention militaire allemande, ne disposait plus d'aucune autorité fonctionnelle. Il faisait, au mieux, office de "représentant symbolique" de la gouvernance fasciste italienne précédente. ::mal-a-la-tete::

Il y a, à minima, deux nations européennes méridionales, la Grèce et l'Italie, où on avait eu tendance à vouloir minimiser l'action locale "communiste", pilotée par Moscou et ses efficaces et redoutables services de l'Agitprop.

Curieusement, pour constater les effets de l'Agitprop, en Italie, il convient de devoir se référer aux romans de Giovanni Guareschi, les célèbres ouvrages, qui avaient pour acteurs principaux, un curé, Don Camillo, et un maire communiste, Pepone. Les deux, durant les deux dernières années du conflit, avaient servi, pour une même cause, celle de la libération italienne, mais dans deux camps très opposés ! ::mortderire::

Les films, sortis en salle avec grand succès entre 1962 et 1965, s'étaient contentés de "tabler" sur l'opposition des deux "héros", mais avaient, globalement, dans les deux premiers "films", glissé sous le tapis, la réalité de la "lutte armée", qui avait, elle, perduré, après-guerre, en Italie, entre une droite chrétienne et une partie de la "gauche communiste"/

En France, dès septembre 1944, le "Grand Charles" avait ordonné le désarmement des maquis et réseaux armés de résistance, opération qui s'était déroulée avec succès. Sauf que rien tel n'avait eu lieu en Italie, où, à tout le moins, à dater du printemps 1945, ces dispositions de désarmement, dûment contrôlées en France, n'avaient été au mieux qu'insuffisantes et partielles en Italie.

Les deux premiers film, Le Petit Monde de Don Camillo (1952) et Le Retour de Don Camillo (1953) étaient, tous deux, issus du même roman, Mondo Piccolo. Don Camillo, publié en 1948, sachant que l'auteur, Giovanni Guareschi, compte-tenu des délais de rédaction, d'impression et de publication, avait pondu son texte, au mieux, en "1946-1947", tout en se référant à la situation de crise politique "latente", qui existait, en Italie du Nord, fin 1945, courant 1946, alors que les débordements du Pô constituaient juste un phénomène saisonnier.

Les inondations "catastrophiques" évoquées dans le premier film, Le Petit Monde de Don Camillo, étaient censées faire référence aux événements locaux saisonniers. Car, durant le tournage, suite au débordement très excessif et exceptionnel du Pô , en novembre 1951, il est plus que probable que l'équipe cinématographique et les acteurs, qui "tournaient" alors dans le secteur de Brescello, un patelin, en Emilie Romagne, très proche des rives du Pô et de ses débordements saisonniers, avaient, eux-mêmes, été de brutalement contraints (avec le succès cinématographique ultérieur !), à devoir tourner, lors de certaines séquences, "les pieds profondément enfoncés dans la flotte"! :D

Je me permets juste de vous rappeler qu'il s'agit, là, d'une époque vieille, qui, selon la référence du roman ou du film, date désormais de plus de 80 ans.... Ce qui ne me rajeunit pas! Amen! ::pipo::

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Re: La délation contre les Juifs en Italie

Nouveau message Post Numéro: 3  Nouveau message de alfa1965  Nouveau message 08 Fév 2025, 22:26

A la création des Fasci di Combattimento le 23 mars 1919, il n’y avait aucune ligne dans la charte concernant l’antisémitisme parce que beaucoup d’ israélites avaient rejoint Mussolini comme Ettore Ovazza et le ministre des Finances était Guido Jung. Le mentor principal de Mussolini avait été une de ses maîtresses, Marguerite Sarfati qui l’avait introduit dans la haute société. Une autre maîtresse qui eut son importance dans la formation de Mussolini fut Angelica Balabanoff.
La campagne raciale débuta suite à l’établissement de colons en Éthiopie en 1936 et à partir de 1938 furent instaurées les lois discriminatoires envers les israélites.
L’antisémitisme fut inscrit dans la charte de la RSI en 1943 dont le principal artisan fut Alessandro Pavolini.
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Re: La délation contre les Juifs en Italie

Nouveau message Post Numéro: 4  Nouveau message de Loïc  Nouveau message 09 Fév 2025, 02:43

"Italiens Braves Bourreaux" c'est ainsi que dans la Péninsule nos cousins latins ont pris le contre pied du mythe Italiani Brava Gente
https://shs.cairn.info/revue-d-histoire ... 93?lang=fr

I carnefici italiani. Scene dal genocidio degli ebrei, 1943-1945
S'il était traduit en français, le dernier ouvrage de Simon Levis Sullam serait intitulé : Les bourreaux italiens. Scènes du génocide des juifs, 1943-1945. De fait, l’emploi du terme « bourreaux » pour désigner l’ensemble des acteurs ayant une responsabilité dans le processus de mise à mort des juifs – des délateurs aux tueurs en passant par l’employé de bureau compilant les listes de personnes à arrêter
(....)
Ce livre soutient qu’en 1943-1945, les Italiens qui déclarèrent “étrangers” et “ennemis” les juifs, les identifièrent sur une base raciale comme groupe à isoler et à persécuter, les débusquèrent maison par maison, les arrêtèrent, les emprisonnèrent, firent main basse sur leurs biens et leurs avoirs, les transférèrent puis les enfermèrent dans des camps de concentration et de transit et, enfin, les livrèrent aux Allemands – furent tous responsables d’un génocide
À travers une série de récits et d’arrêts sur images, il s’agit donc de rendre compte de la multiplicité des acteurs ayant contribué, à un titre ou à un autre, à l’extermination des juifs d’Italie : policiers, carabiniers, employés de banque, employés d’administrations centrales ou locales, agents de la confiscation des biens, conducteurs de camions ou de trains, surveillants, etc. Quand bien même l’acte final du génocide ne fut pas perpétré en Italie, ni par des acteurs italiens, l’auteur entend souligner que les institutions de la République de Salò, au centre comme en périphérie, et certains individus eurent une part d’initiative et de responsabilité dans le processus exterminateur.
(...)
Quelques exemples éclairent la contribution proprement italienne aux rafles, à la création et à l’administration des camps de concentration dans la péninsule et même à certains massacres de civils. Faisant écho aux analyses de Liliana Picciotto, S. Levis Sullam revient sur les modalités du véritable partage des tâches qui s’établit entre la police italienne – traque et arrestation des juifs – et les Allemands – organisation des convois en vue de la déportation.
(...)
L’ouvrage se conclut par l’évocation du processus mémoriel, désormais bien étudié (Schwarz, Focardi), qui a contribué à minimiser la responsabilité proprement italienne dans le déroulement de la Shoah en Italie – absence d’équivalent du procès de Nuremberg, amnisties d’après-guerre, persistance du « mythe » du « bravo italiano », effet de comparaison avec l’Allemagne, silence des survivants par volonté de se réintégrer dans la société italienne.

Reste que si le mythe du « bravo italiano » n’a pas disparu en Italie, il a été fortement affaibli par deux décennies d’historiographie et par les effets de la loi instaurant le « jour de la mémoire » le 27 janvier, jour anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz. En revanche, il est toujours très vivace dans d’autres pays d’Europe, et notamment en France où l’on ne conserve que le souvenir de la protection italienne accordée aux juifs réfugiés dans le sud-est du pays : distorsion mémorielle qui plaide, indéniablement, pour une traduction en français de l’ouvrage.





Violences et crimes de guerre: l'armée italienne en France et dans les départements algériens
https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-029270 ... 0guere.pdf
Le mythe du « brava gente » est un mythe qui résiste. Prouver l’existence d’un esprit humaniste chez les soldats italiens semble pourtant être subjectif. L’étude des sources a surtout montré des soldats italiens en majorité désireux de rentrer chez eux et non adaptés à un cadre de vie militaire. Bien qu’aucun acte antisémite perpétré par des soldats italiens n’ait été relevé dans les fonds militaires et préfectoraux étudiés – il aurait été convenu pour cela d’étudier des fonds propres à la persécution des Juifs pour être sûr de leur existence ou non –, cela ne semble pour autant pas prouver sur l’existence d’un humanisme supérieur à une autre armée
(...)
La protection des Juifs
Le dernier aspect est celui qui a résisté le plus longtemps à l’historiographie italienne et à celle de la Shoah celui « du sauvetage des Juifs des territoires occupés par l’Italie [qui] a pu servir à renforcer la distinction entre Mussolini et son régime d’une part, la masse des Italiens non “contaminés” par l’idéologie, le racisme et l’antisémitisme d’autre part ». En 1946, Léon Poliakov publie aux éditions du Centre de documentation juive contemporaine, La condition des Juifs sous l’Occupation italienne, dans lequel il démontre, par une série d’archives que « les troupes italiennes firent tout leur possible pour montrer leur sympathie à l’égard des Juifs.
Elles obéirent aux ordres émis par les plus hauts commandements, montrèrent leur bonne volonté et firent les plus grands efforts pour sauver les Juifs des mains des Allemands ». Cet argument de défense, intervient dans les dossiers des membres présumés de l’OVRA. Il convient ici d’aborder par les faits la réalité de la politique italienne envers les Juifs résidant dans la zone occupée pour modérer les propos de la défense italienne.
(...)
L’historiographie a considérablement questionné cette partie du mythe du brava gente. David Rodogno en particulier, présente une étude de la zone d’occupation italienne en France.
Il mentionne ainsi les « relations exécrables » entre les Italiens et les Allemands pendant toute la période, avant tout pour des questions de souveraineté. Il n’est donc ainsi pas surprenant de rencontrer dans les témoignages l’affirmation de la mésentente des deux camps. La protection des Juifs de la zone d’occupation italienne se dirige majoritairement vers les Juifs italiens dans le seul but d’éviter que leurs biens ne soient saisis par les Français ou les Allemands. Les autorités italiennes refusent toute arrestation par les forces de polices françaises, les considérant comme « une prérogative exclusive de la puissance occupante ».
Pourtant, les nationalités étrangères sont toujours considérées comme suspectes et des camps de concentration dans la zone d’occupation sont créés pour « tous les citoyens des États ennemis
et les Juifs ». Une série d’accords est passée à la fin de l’année 1942 pour l’expulsion des Juifs vers la zone occupée par l’Allemagne. Rodogno parle d’une « force de police spéciale, qui devait fournir les renseignements sur les Juifs, identifier et arrêter les suspects, organiser l’administration des camps de concentration et de la résidence forcée ». Il précise le nom du directeur de cette police : Rosario Barranco.
En février 1943 les Juifs sont assignés à résidence dans plusieurs villages de la zone d’occupation. Puis, « le 19 mars 1943, l’inspecteur général de police, Guido Lospinoso – dépendant directement du chef de la police italienne, Carmine Senise – fut chargé de créer une inspection de police raciale à Nice et de résoudre la ”question juive” en collaborant avec l’armée italienne ; l’agence de Barranco restait cependant en fonction. Carmine Senise, chef de la police italienne durant la période allant de 1940 à 1943 intervient comme témoin dans la défense de Barranco, pour affirmer son comportement antiallemand et en mentionnant « que la mission de Barranco à Nice n’avait rien à voir avec l’OVRA

Encore une fois, la question de l’OVRA dans cette analyse se heurte à un manque de connaissances et d’archives. Il est impossible – et inutile – de chercher la vérité sur la place de Barranco dans l’OVRA ou sa place dans la persécution des Juifs de la zone occupée. On peut simplement affirmer sa présence à des rôles importants dans les politiques répressives.

S’il a fallu plus de cinquante ans pour que l’historiographie italienne révise sa responsabilité dans les politiques répressives de son armée d’occupation et dans la place du régime fasciste dans la Shoah, l’opinion publique semble toujours faire barrage à tous nouveaux discours. La question des archives se posent. Si les archives de la Commission d’enquête des crimes de guerre sont si facilement consultables auprès de l’Ufficio Storico del’Esercito, les archives de l’OVRA et des autres administrations répressives restent introuvables ou déclarées détruites.

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Re: La délation contre les Juifs en Italie

Nouveau message Post Numéro: 5  Nouveau message de alfa1965  Nouveau message 09 Fév 2025, 12:08

Pour la disparition des archives de l’OVRA, il me vient à l’esprit deux possibilités :

- Carmine Senise avait succédé à la tête de la police à Arturo Bocchini qui était également responsable de l’ OVRA. Surnommé le Fouché italien, il avait mis tout le monde sur écoute téléphonique, tradition reprise par le régime. Tout le monde, y compris Mussolini, les hiérarques fascistes, la famille royale et bien entendu les opposants au régime. Des centaines de fonctionnaires étaient préposés aux écoutes, surnommées les grandes oreilles qui retranscrivaient les conversations et les remettaient à Bocchini et après lecture se rendait au bureau de Mussolini. Senise a donc hérité des documents laissés par Bocchini, beaucoup compromettants. En 1943, Mussolini limoge Senise et en garde une profonde rancune. Il fait partie de la conspiration du 25 juillet et organise l’arrestation de Mussolini à sa sortie de son entrevue de chez le roi. Lorsque Badoglio annonce l’armistice du 8 septembre, toute la famille royale, Badoglio et les généraux s’enfuient vers le sud. Senise reste à Rome et il est possible qu'il ait pu détruire les archives de l’ OVRA, compromettantes pour le roi, Badoglio et même pour lui.

- Senise à été arrêté par Priebke, il est possible que le SD ait pu faire main basse sur les archives, détruites en Allemagne car contenant des documents compromettant certains hiérarques nazis. Senise a fini à Dachau.

Je ne sais pas mais je penche pour la première idée, malheureusement je n’ai plus les biographies de Senise et Bocchini que j'ai jetées à contrecœur lors de mon déménagement.
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