En complément de la discussion ouverte par
alfa 1965 à propos de la
33. Waffen-Grenadier-Division der SS, quelques précisions sur sa mise sur pied.
La formation, issue des volontaires français qui s'étaient engagés "directement" dans la
Waffen-SS, avait été pompeusement "baptisée"
Sturmbrigade, mais, en réalité, elle n'était constituée que d'un état-major (
Stab) avec sa "compagnie" d'état-major (transmissions, génie d'assaut, motocyclistes), un "malheureux" bataillon d'infanterie motorisée à quatre compagnies, dont une "lourde", dotée de 8
s.MG (
MG34 ou
MG42 sur trépied lourd), 6 mortiers de 8 cm, et complétée par une compagnie de 12 x
7,5 cm Pak 40 ou
Pak 97/38 (pièces de 75 mm Modèle 1897 modifiées et installées sur affût de
5 cm Pak 38) et une compagnie de 9 x
3,7 cm Flak (à emploi mixte, sur cibles terrestres et aériennes)

NOTA : l'insertion d'images "remarche", sans qu'il soit possible pour autant d'estimer la fréquence et la durée des "interférences"..., qui, comme disait Fernand Raynaud, durent "
un certain temps"!
La LVF,qui avait formée, début 1944, jusqu'à quatre bataillons d'infanterie, avait constitué, dès 1942, une
Heerestruppen, une unité "indépendante" versée dans la "Réserve Générale" de l'
OKH. Début 1944, elle regroupait l'équivalent d'un Regiment d'Infanterie à trois bataillons, chacun constitué de 3 ou 4 compagnies. Pour diverses raisons, elle n'avait refait surface qu'en août 1944, sous la forme du
Franzosische Infanterie-Regiment 638, dont l'organisation se résumait le 27 août 1944 à trois bataillons, chacun constitué de trois compagnies "légères" d'infanterie, sans la moindre présence d'une quelconque compagnie "lourde"

Sous cette organisation, le
Regiment 638 avait été versé, fin août 1944, dans la
Waffen-SS, les troupes constituées de volontaires étrangers étant, alors, passées sous l'autorité de la
Waffen-SS; un des effets qui avaient résulté de l'attentat du 20 juillet 1944 et de la remise en selle de Heinrich Himmler et de la
Waffen-SS, en tant qu'entité "exclusive" du recrutement "étranger".
On constate un sérieux problème, même en tenant compte du temps nécessaire d'instruction des recrues. On avait, à la louche, début septembre 1944, six bataillons d'infanterie plus ou moins constitués, plus de deux compagnies antichars-antiériennes, héritées de la structure
Sturmbrigade. La structure d'une division d'infanterie, calquée sur celle de la Volks-Grenadier -Division, "exigeait" deux régiments d'infanterie à quatre compagnies, dont une lourde, chacun, plus une tripoté d'unités annexes.
Déjà, avant l'été 1944, le volontariat français dans la
Waffen-SS avait été des plus chiches, avant de se tarir définitivement!
Du côté de la Milice, qui, pour faire simple, avait suivi le "Maréchal", sur les 2000/2500 "pinpins" qui avaient trouvé refuge "en Allemagne", compte-tenu des nombreux "pieds plats" tout juste "compétents" pour une fonction administrative, la
Heer n'avait accepté qu'entre 1500 et 1800 "pinpins".
Là, il y a un gros problème, car une division d'infanterie, constituée selon la structure d'une Volks-Grenadier-Division, était censée aligner, en théorie, 12 000 à 13 000 "pinpins", sauf que le "recrutement français" était très loin de ces chiffres!
Du côté de la
Waffen-SS, on avait très sérieusement ramé pour tenter de constituer une "pseudo"
Grenadier-Division - qui , au passage, hormis sa
Panzerjäger-Abteilung, n'était qu'une formation pédestre et hippomobile (avec l'intégration d'un service vétérinaire pour les bourrins). Quand je parle de "ramer", çà n'avait pas rigolé, car la mise sur pied de la "
33. Division" avait débuté fin août 1944 et son engagement "opérationnel"n'avait eu lieu qu'en février 1945, avant de se faire "exploser la tronche"!

... mais je laisse le soin
Là, il ne s'agit que de sa structure théorique...

... malheureusement, comme je n'ai pas déniché, pour autant dénicher l'existance des
Meldungen (états détaillés du personnel)... tous mes espoirs reposent, désormais, sur les performances avérées de "Roco" et son expertise à pouvoir dénicher les documents d'archive qui "vont bien".
Sinon, selon "moi", en février 1945, la "Division Charlemagne" alignait au mieux 50 % de l'effectif requis! Si on jette un coup d’œil sur les disponibilités de fin septembre 1944, alors que le recrutement français s'était nécessairement tari, on se retrouve, en gros, avec quatre bataillons de fantassins, plus l'apport de 1800 "miliciens" (sur 2200 qui auraient trouvé refuge en Allemagne), soit l'équivalent, en "poussant loin le bouchon", la constitution "à peu près correcte" et surtout à minima de deux régiments d'infanterie à deux bataillons, chacun formé de quatre compagnies, alors que la division comportait une tripotée de composantes annexes, qu'il fallait "armer".
Le tout avant de se faire "exploser la tronche" à son tout premier engagement, mais
alfa 1965 vous détaillera la suite le mois prochain.
