Louis Sadoski Inspecteur des Brigades Spéciales, a été arrêté à Paris par des policiers allemands au début du mois d'avril 1942, ainsi que son ancien chef, Christian Louit, et embarqué en train à Berlin au siège de la Police. La Gestapo s'intéresse à un agent polonais, Olpinski, qui a été leur informateur et qui avait été aussi en contact avec Louit et Sadoski. Avant Guerre Sadoski et Louit étaient chargé de surveiller les milieux d'opposants politiques à l'Allemagne et de démanteler les réseaux nazis en France. Le commisaire Louit, ouvertement anti-allemand, avait été révoqué pat Vichy tandis que Sadovski poursuivait sa carrière aux RG.
Les deux hommes passent environ 5 semaines emprisonnés à l'Alexanderplatz pour être intérrogés. (Les Allemands sont également revenus avec un lot de documents) Séparés et mis à l'isolement dans des conditions de détention dures mais sans sévices physiques. Les deux hommes sont interrogés et subissent de très fortes pressions. Vers la fin de leur détention leur régime de détention s'assouplit et ils sont même promenés dans Berlin découvrir les "réalisations du IIIe Reich". Au cours d'une visite du quartier juif, leur accompagnateur de la Gestapo leur révèle que les Juifs devraient tous être évacués vers la Pologne d'ici 1943 mais qu'il n'est pas question d'y créer un grand ghetto "ce n'est pas l'intention du chancellier Hitler, mais au contraire celle de la destruction complète et à jamais de la race. Dans le Gouvernement général, les Juifs ne vivent pas longtemps."
De retour en France leurs destins sont différents:
Le Commissaire Louit est aussitôt arrêté et renvoyé à Berlin. Pendant la Bataille de Berlin des membres de la Gestapo comprennent que leurs prisonniers représentent une possible monnaie d'échange. Louit et libéré et le 28 avril 1945, malgré son état déplorable, il a perdu 40 kilos, il est reconnu par les Russes comme le représentant officielle de la France à Berlin. Il rentrera en France en août 1945.
Sadoski, lui continuera pendant l'Occupation la chasse aux Juifs. Arrêté à la Libération, il fera office de "fusible" et sera condamné aux travaux forcés et libéré au bout de dix ans. (Ses collègues auront un meilleur traitement. Edgard Pisani en charge de la Préfecture de Police considéra qu'il était de l'intérêt de la France de conserver la section 'Juif" des RG, et qui étaient le mieux qualifiés pour connaître le milieu des réfugiés juifs que ceux qui les pourchassaient depuis 4 ans?)
Le séjour de Luit et Sadoski est parfaitement connu parce qu'à son retour, les chefs des RG ont demandé à Sadoski de faire un compte rendu détaillé. Ce qu'il a fait sans rien omettre de son désarroi en détention, ses mauvaises relations avec Louit qui lui reproche de "trop parler"...
Ce rapport a été retrouvé par l'historien Laurent Jolly dans le dossier judicaire de Sadoski. Il l'a publié en intégral, préfacé, post-facé avec des notes. Ces notes sont particulièrement intéressantes pour comprendre l'entourage de Sadoski aux RG mais également le fonctionnement de la Gestapo, à qui il a eu affaire…
Cependant, c'est ma thèse, il me semble que L Jolly soit passé à côté de ce que révèle vraiment le rapport.
Souvent les historiens trouvent ce qu'ils cherchent. En l'occurrence L Jolly a trouvé ce rapport en étudiant l'implication de la Préfecture de Police dans la répression des Juifs sous l'Occupation. Il en fait une lecture essentiellement "paxtonienne" et "Arendtienne"
"Paxtonienne" parce qu'il s'agit avant tout de prouver que Vichy était plus "nazie et antisémite" que les Nazis.
"Arendtienne" parce qu'il présente Sadoski comme l'exemple de "la banalité du mal", le petit fonctionnaire qui applique les consignes de ces chefs sans réflechir…
Pourtant le rapport peut être lu comme une illustration d'une opération de manipulation de la part de la Gestapo.
Louit n'intéressait pas la Gestapo car il avait été révoqué, par contre son arrestation en compagnie de Sadoski, leur donnait un moyen de pression supplémentaire sur Sadoski pour l'inciter à parler.
Olpinski n'avait pas non plus grand intérêt. Mythomane, prêt à travailler pour n'importe qui… Par contre c'était le prétexte pour amener Sadoski a Berlin.
Une fois isolé, il s'agissait de lui faire passer (à son insu) le message qu'il voulait faire passer, sur les rapports de force Police Allemande : Police Française, sur le travail de la Police Française...
Les deux hommes passent environ 5 semaines emprisonnés à l'Alexanderplatz pour être intérrogés. (Les Allemands sont également revenus avec un lot de documents) Séparés et mis à l'isolement dans des conditions de détention dures mais sans sévices physiques. Les deux hommes sont interrogés et subissent de très fortes pressions. Vers la fin de leur détention leur régime de détention s'assouplit et ils sont même promenés dans Berlin découvrir les "réalisations du IIIe Reich". Au cours d'une visite du quartier juif, leur accompagnateur de la Gestapo leur révèle que les Juifs devraient tous être évacués vers la Pologne d'ici 1943 mais qu'il n'est pas question d'y créer un grand ghetto "ce n'est pas l'intention du chancellier Hitler, mais au contraire celle de la destruction complète et à jamais de la race. Dans le Gouvernement général, les Juifs ne vivent pas longtemps."
De retour en France leurs destins sont différents:
Le Commissaire Louit est aussitôt arrêté et renvoyé à Berlin. Pendant la Bataille de Berlin des membres de la Gestapo comprennent que leurs prisonniers représentent une possible monnaie d'échange. Louit et libéré et le 28 avril 1945, malgré son état déplorable, il a perdu 40 kilos, il est reconnu par les Russes comme le représentant officielle de la France à Berlin. Il rentrera en France en août 1945.
Sadoski, lui continuera pendant l'Occupation la chasse aux Juifs. Arrêté à la Libération, il fera office de "fusible" et sera condamné aux travaux forcés et libéré au bout de dix ans. (Ses collègues auront un meilleur traitement. Edgard Pisani en charge de la Préfecture de Police considéra qu'il était de l'intérêt de la France de conserver la section 'Juif" des RG, et qui étaient le mieux qualifiés pour connaître le milieu des réfugiés juifs que ceux qui les pourchassaient depuis 4 ans?)
Le séjour de Luit et Sadoski est parfaitement connu parce qu'à son retour, les chefs des RG ont demandé à Sadoski de faire un compte rendu détaillé. Ce qu'il a fait sans rien omettre de son désarroi en détention, ses mauvaises relations avec Louit qui lui reproche de "trop parler"...
Ce rapport a été retrouvé par l'historien Laurent Jolly dans le dossier judicaire de Sadoski. Il l'a publié en intégral, préfacé, post-facé avec des notes. Ces notes sont particulièrement intéressantes pour comprendre l'entourage de Sadoski aux RG mais également le fonctionnement de la Gestapo, à qui il a eu affaire…
Cependant, c'est ma thèse, il me semble que L Jolly soit passé à côté de ce que révèle vraiment le rapport.
Souvent les historiens trouvent ce qu'ils cherchent. En l'occurrence L Jolly a trouvé ce rapport en étudiant l'implication de la Préfecture de Police dans la répression des Juifs sous l'Occupation. Il en fait une lecture essentiellement "paxtonienne" et "Arendtienne"
"Paxtonienne" parce qu'il s'agit avant tout de prouver que Vichy était plus "nazie et antisémite" que les Nazis.
"Arendtienne" parce qu'il présente Sadoski comme l'exemple de "la banalité du mal", le petit fonctionnaire qui applique les consignes de ces chefs sans réflechir…
Pourtant le rapport peut être lu comme une illustration d'une opération de manipulation de la part de la Gestapo.
Louit n'intéressait pas la Gestapo car il avait été révoqué, par contre son arrestation en compagnie de Sadoski, leur donnait un moyen de pression supplémentaire sur Sadoski pour l'inciter à parler.
Olpinski n'avait pas non plus grand intérêt. Mythomane, prêt à travailler pour n'importe qui… Par contre c'était le prétexte pour amener Sadoski a Berlin.
Une fois isolé, il s'agissait de lui faire passer (à son insu) le message qu'il voulait faire passer, sur les rapports de force Police Allemande : Police Française, sur le travail de la Police Française...

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