Je vais être surement "hors sujet", mais "l'exécution en publique" de cette "sentence" se déroule sous les yeux impavides de la maréchaussée et, même, en présence de membres casqués de l'armée alliée (2ème DB?), le tout, dans une ambiance populaire, qui semble s'en repaitre - l'habituel danger de la foule! -.
L'essentiel de ces femmes "tondues" s'était contenté d'avoir des relations plus ou moins amoureuses et longues avec l'Occupant, mais elles n'avaient pas pour autant mis en péril la situation de la France. Comme avait répliqué fièrement Arletty, devant ses juges,... "
Mon cœur est français, mais mon cul est international"!
La plupart d'entre elles avaient été dénoncées par leurs voisins, eux-mêmes, bien souvent, en quête, vu le basculement brutal de la situation, d'une nécessaire "respectabilité résistante". On entrait, dès lors, dans un environnement très compliqué, où on jalousait les supposés avantages obtenus "grâce à leurs fesses", tickets "supplémentaires" de rationnement, facilités d'accès au marché noir par le biais de l'Occupant, etc.
J'ai surement tort, mais les deux clichés qui illustrent ton lien me "débectent", ne serait-ce que par l'exemple qu'ils donnent d'un "lynchage" populaire mené sur une jeune femme, qui n'avait très probablement aucune notion des répercussions de ses relations "affectives" avec un "Teuton"... en rappelant aussi, au passage, que certaines d'entre elles n'avaient pas, non plus, survécu au traitement infligé par la "populace".
Deux cent milles lardons étaient ainsi nés en France de ces relations "coupables"; un certain nombre de géniteurs allemands (célibataires ou mariés très officiellement à une Française), qui avaient survécu au conflit, avaient, une fois libéré de leurs camps de prisonniers de guerre, rejoint leurs compagnes françaises.
Bien entendu, en France de l'Intérieur, on l'ignore, mais, en Alsace-Moselle annexées, ces unions avaient été "courantes" - la barrière de la langue n'existant guère et la présence allemande ne datant, elle-même, que d'une vingtaine d'années! -. Je m'intéresse depuis un long bail à l'histoire locale, mais, sauf erreur, je n'ai pas connaissance de tels exemples de "vengeances populaires".
Le père de ma meilleure amie, citoyen bon teint de l'Allemagne Orientale et servant dans la Luftwaffe, avait épousé sa mère, en 1942, puis procréé, peu après sa sœur ainée. Une fois libéré, il avait vite rejoint sa famille "alsacienne", en se dénichant, localement, un emploi de chef-comptable, puis en se démerdavant pour faire "fortune" dans les années 60... c'est seulement à cette époque, que, comme par hasard, certaines "mauvaises langues" s'étaient bizarrement déliées, sauf que, en gros, on se contentait de lui reprocher d'être un allemand qui avait réussi!
