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Un détachement de reconnaissance de la 251. I.D.allemande à Liège en mai 1940. Récit d’un soldat all

Tout ce qui concerne la période entre le 3 septembre 1939 et le 25 juin 1940 environ, comme par exemple:
L'offensive de la Sarre, la mobilisation, le Pied de Paix Renforcé, la B.E.F., la campagne de France, l'effondrement de la République et de l'Armée Française, l'exode ...
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Un détachement de reconnaissance de la 251. I.D.allemande à Liège en mai 1940. Récit d’un soldat all

Nouveau message Post Numéro: 1  Nouveau message de Prosper Vandenbroucke  Nouveau message 23 Sep 2024, 15:31

Au cours de la marche rapide à travers la Belgique, le détachement avait été employé à plusieurs reprises comme détachement avancé. Le premier jour de l'attaque, il était important que la division atteigne la vallée de l'Amblève. Le détachement réussit, malgré les difficultés, à pousser jusqu'à La Gleise, conformément aux ordres, et à faire avancer la sécurité dans la vallée jusqu'à Stoumont.
Le deuxième jour de l'attaque, la division était soucieuse de capturer Remouchamps dans une opération rapide et de percer la position de La Reid. Dans l'après-midi, après avoir enlevé de nombreuses barricades, dont certaines étaient très difficiles à écarter, le détachement, qui servait alors de détachement avancé, réussit à atteindre Remouchamps que l'ennemi abandonna au fur et à mesure de l'avancée de nos hommes.
Après avoir effectué une difficile mission de reconnaissance devant les forts d'Embourg et de Boncelles, le détachement reçut l'ordre de poursuivre, comme détachement avancé de la division, à travers la fortification non encore prise et de progresser jusqu'au secteur Meuse-Ourthe au sud de Liège. Notre mission était la suivante : empêcher les forces en retraite des forts, notamment de Boncelles, et les forces qui pourraient arriver en renfort des fortifications du secteur liégeois et de les pêcher de traverser la Meuse et l'Ourthe.
Durant la nuit, le détachement réussit à se faufiler entre les ouvrages de tir sans presque subir de pertes et à atteindre Ougrée et Angleur, faubourgs de Liège.
Le 14 mai, peu après l'arrivée du détachement, un peloton cycliste appuyé par un canon antichar reçut l'ordre de s'emparer du pont sur l'Ourthe dans le faubourg de Chenèe. Le pont fut laissé intact par les Belges. En fin d'après-midi, ce petit détachement atteignit la position de Chenèe. Le reste du détachement ne le suivit que tard dans la soirée et se rendit jusqu'à Angleur, afin de prendre également les ponts à cet endroit, après que le secteur d'Ougrèe eut été attribué à d'autres unités suivantes
La population de Chenée n'avait jamais vu d'uniformes allemands. L'aversion qu'ils nous témoignaient était donc réelle. Le peloton cycliste avec son canon antichar prit position à côté du pont et dans le voisinage de la gare de Chenée. Le canon commandait le pont et les routes menant à la forteresse d'Embourg. Le grand inconvénient de cette position était qu'il y avait tout autour de hautes maisons habitées et des bâtiments d'usine qui offraient de bonnes positions de tir aux tirailleurs qui avaient déjà tiré sur nos hommes à Ougrée et à Angleur. Il fallut cependant supporter cela, car il eût été impossible de les chasser les gens de cet amas de bâtiments et de les capturer dans l'obscurité qui s'approchait, surtout avec si peu d'hommes disponibles pour la tâche.
La nuit s'installa sur le groupe dans cette situation.
Vers 2 heures du matin, alors que la lune se couchait, les Belges ont apporté des armes lourdes du fort et les ont mises en position. Les collines entourant les gares de triage et le pont étaient particulièrement adaptées à cet usage. Ces collines étaient le prolongement de la hauteur plus au sud où se trouve le fort d'Embourg. Il ne fallut cependant pas longtemps avant que l'ennemi n'ouvre le feu.. Une canonnade commença et notre canon antichar surtout souffrit considérablement de l'ennemi. Mais le petit détachement avancé répondit au feu d'une manière si vive qu'il n'y eut pas une seule attaque ennemie. A l'aube, les ennuis prirent fin. Un mort dans les gares de triage et quelques blessés furent tout ce qui nous rappela les événements de la nuit.

Nous profitâmes du jour pour améliorer notre position et établir le contact avec les autres groupes de reconnaissance aux ponts d'Angleur. Etant donné que le détachement, par rapport à ses effectifs, avait un territoire extrêmement vaste à conquérir tant au nord qu'au sud - y compris quatre ponts sur l'Ourthe et la Meuse - il lui était impossible d'envoyer des renforts à la tête de pont de Chenée, d'autant plus que la caractéristique principale de la situation dans son ensemble était la reconnaissance contre les approches ennemies venant du sud, alors que ces ponts se trouvaient dans la partie nord du secteur.
C'est pourquoi, du point de vue du faible détachement stationné à la tête de pont de Chenée, il était réjouissant de voir arriver dans la journée un groupe de sapeurs du détachement du génie divisionnaire pour miner le pont et les voies ferrées. Dans cette situation, la deuxième nuit arriva. Le détachement n'était plus pleinement au courant de la situation générale, car il lui était impossible d'établir un contact radio avec le régiment d'infanterie auquel il était alors subordonné. En particulier, il ignorait si le fort de Boncelles avait été pris ou non. Ce n'est qu'en fin d'après-midi que les troupes de reconnaissance reçurent des rapports qui laissaient penser, à tort, que l'attaque prévue contre le fort de Boncelles par la division avait été un succès et que l'équipage de la forteresse tentait de se frayer un chemin vers Liège. Cela les amènerait à rencontrer le front sud du détachement. Ce n'est que le lendemain que le détachement apprit que l'attaque contre le fort de Boncelles n'avait pas encore eu lieu.
Les éclaireurs signalèrent également la présence de troupes régulières belges qui continuaient à tirer sur eux de partout dans la région boisée du Sart Tilman. Le détachement renforça donc son front sud, car vers 20 heures, on rapporta que les positions sur la rive ouest de l'Ourthe, qui étaient auparavant inoccupées, étaient maintenant occupées par les Belges avec des mitrailleuses et des canons antichars. Mais comme le détachement formant la tête de pont à Chênée ne pouvait plus être affaibli, d'autant plus que ce pont constituait la principale liaison à travers l'Ourthe entre les forts de Boncelles et d'Embourg, les renforts pour le front sud durent être pris parmi les autres groupes du détachement qui avaient occupé les autres ponts d'Angleur, bien que des troupes ennemies (belges) continuèrent également à apparaître
Tandis que de petites forces ennemies continuaient à entrer en contact avec le front sud du détachement tout au long de la soirée et toute la nuit, elles furent facilement repoussées. L'ennemi ouvrit de nouveau le feu sur la tête de pont de Chenée, bien que le feu ne sembla pas d'abord avoir de grandes conséquences. Ce n'est qu'à une heure du matin, lorsque le feu d'artillerie devint plus fort sur la tête de pont et qu'un avion sembla diriger ce feu au moyen de fusées parachutées, qu'il devint douteux si l'attaque prévue pendant la nuit serait contre le front nord ou le front sud. Compte tenu de tous les facteurs connus, l'un ou l'autre semblait possible puisque l'ennemi pouvait avoir l'intention de reprendre possession de l'Ourthe et de se joindre aux troupes venant du fort de Boncelles.
Peu de temps après, l'ennemi lança une attaque contre la tête de pont. Sur le pont même, une motocyclette à side-car qui avait heurté une mine était en feu. A la lumière de ces flammes, on pouvait voir des formes surgir de partout et avancer par bonds. Le feu des canons provenant des maisons devint considérablement plus fort. En plus de tout cela, on entendait le feu continu des canons antichars belges, ainsi que le feu des mitrailleuses et de l'artillerie. La situation devenait très critique pour le petit nombre de défenseurs. Cependant, le commandant du peloton de cyclistes, le commandant du peloton antichar et le commandant du peloton du génie contrôlaient la situation grâce à leur collaboration exemplaire. Sans se soucier du feu nourri, ils accomplissaient tranquillement leur tâche.
Ces trois commandants apportaient leur aide partout où leurs services étaient nécessaires. Le commandant du peloton du génie lançait des charges explosives sur l'ennemi lorsqu'il s'approchait dangereusement comme s'il se livrait à une bataille de boules de neige et s'occupait ainsi également de l'ennemi dans quelques maisons voisines qui furent en partie détruites par les explosions qui s'ensuivirent. Le feu du petit groupe de défenseurs était très efficace. Les petits obus du canon antichar se succédèrent dans l'obscurité et le cliquetis régulier des mitrailleuses et des fusils convainquit l'ennemi qu'il n'était pas facile de pénétrer dans la tête de pont malgré le petit nombre de défenseurs.
Entre 2 et 3 heures du matin, cependant, la situation devint extrêmement critique et soudain, les défenseurs de la tête de pont furent attaqués à revers, de l'autre côté de l'Ourthe. La manière dont l'ennemi se présenta à cet endroit, puisque le front sud tenait, resta d'abord un mystère. Il s'avéra plus tard que ces attaquants provenaient des maisons d'Angleux qui tentaient maintenant, sous le couvert des bâtiments du quartier industriel, de venir du nord-ouest et d'attaquer les défenseurs à revers, de l'autre côté du pont de la Chênée.

Source: Military Review. Mai 1943 et Internet.
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Le pont de Chenée après la guerre
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Bonne fin de journée..
L'Union fait la force -- Eendracht maakt macht

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Re: Un détachement de reconnaissance de la 251. I.D.allemande à Liège en mai 1940. Récit d’un soldat

Nouveau message Post Numéro: 2  Nouveau message de Loïc Charpentier  Nouveau message 24 Sep 2024, 14:02

::Merci:: , Prosper ::super::

On est, là, en présence de l'un des multiples engagements "isolés" menés par les deux adversaires. Le récit du "pinpin" allemand relate, en gros, le combat mené, bien souvent, de par et d'autre, par des sections au mieux renforcées ou des éléments de compagnies... au mieux, une centaine de "pinpins" dans les deux camps.

De fait, il s'agit, là, de la réalité des combats. On nous bassine, à longueur de temps, dans les ouvrages, avec de grandes intentions tactiques, mais, au vrai, le résultat final provenait de la somme de ces actions "isolées" et de leur éventuelle exploitation par les états-majors. .. Là, on en revient à la qualité des moyens de communications - essentiellement, la radio, dans un tel contexte - où, l'armée "teutonne", en dépit de ses bourrins et tout le reste, bénéficiait d'un avantage certain par rapport à ses adversaires.

On ne peut manquer de se marrer en regardant "Mais où est passée la 7ème Cie", le premier de trois films dédiés par Robert Lamoureux, mais il y a un détail qui est vrai, les problèmes de communications de l'armée française, dont le dispositif s'était "résumé" à déployer sur le terrain, des lignes filaires téléphoniques, pour les courtes distances, et contraindre ses états-majors engagés dans les combats, à devoir se raccorder, à partir du café"du coin", au "standard" central des "demoiselles"de la téléphonie, au demeurant, qui, si elles disposaient d'un réseau téléphonique nationale globalement bien distribué, étaient, elles-mêmes, très largement débordées par l'importance des appels "à redistribuer", qui tentaient de contacter leurs états-majors! ::mal-a-la-tete::

Il n'est pas question de vouloir jeter la moindre opprobre sur ces dispositions, d'autant qu'elles avaient pu démontrer leur efficacité en 1914-1918; sauf que la radio, en phonique, codée ou non, avait fait de très sérieux progrès dans l'entre-deux-guerres, que, à minima et à l'inverse de leur adversaire, les armées belges et françaises n'avaient pas prises en compte!

Après, il y a peut-être un autre aspect humain à prendre en compte. Le "trouffion" français et, à fortiori, son homologue belge, était bien souvent "entré en guerre" en trainant les pieds. Dans le camp d'en face, ils étaient remontés comme des "coucous suisses" pour "venger" le supposé affront de l'armistice de novembre 1918, mais surtout des conséquences issues du Traitée de Versailles, qui avaient cantonné la Kaiserliche Armée, réduite à 100 000 hommes, dans un rôle de simple police! Jusque-là, historiquement, aucun état vaincu militairement n'avait eu droit à une telle punition ou un tel traitement!

En février 1871, alors que les armées françaises n'avaient cessé d’être battues à plate couture depuis le 4 août 1870 et que la France avait déclaré la guerre à la "Prusse", en juillet 1870, personne, dans le camp du vainqueur "Prussien", n'avait envisagé de la priver de son armée nationale. On notera, au passage, que très rapidement, après la capitulation générale sans conditions du III.Reich et de ses autorités militaires, le 8 mai 1945, moins de dix ans après, à dater de 1954, les forces de la Bundeswehr de la RFA ( aviation, marine, terrestre confondues, avaient été "autorisées" à se reconstituer, même si elles n'avaient pas droit à s'engager dans le moindre conflit extérieur... ce qui avait posé problème, lors de la Première Guerre du Golfe, en 1990-1991, où la Bundeswehr la Bundesmarine, la Bundesluftwaffe , parties intégrantes des forces de l'OTAN, avaient joué le rôle des "abonnés absents"! ::pipo::

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Re: Un détachement de reconnaissance de la 251. I.D.allemande à Liège en mai 1940. Récit d’un soldat

Nouveau message Post Numéro: 3  Nouveau message de Dog Red  Nouveau message 24 Sep 2024, 14:36

Loïc Charpentier a écrit:On ne peut manquer de se marrer en regardant "Mais où est passée la 7ème Cie", le premier de trois films dédiés par Robert Lamoureux, mais il y a un détail qui est vrai, les problèmes de communications de l'armée française, dont le dispositif s'était "résumé" à déployer sur le terrain, des lignes filaires téléphoniques, pour les courtes distances, et contraindre ses états-majors engagés dans les combats, à devoir se raccorder, à partir du café"du coin", au "standard" central des "demoiselles"de la téléphonie, au demeurant, qui, si elles disposaient d'un réseau téléphonique nationale globalement bien distribué, étaient, elles-mêmes, très largement débordées par l'importance des appels "à redistribuer", qui tentaient de contacter leurs états-majors! ::mal-a-la-tete::


En 1944, en Normandie (et spécialement le 6 juin), les Allemands seront largement à la même enseigne.
Le travail de la Résistance à ce niveau aura été particulièrement significatif il me semble.
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