Vice Amiral Charles PLATONEst ce la haine de l'Anglais qui a conduit le Vice Amiral Charles Platon à la collaboration. Mers el kébir s'ajoutait à Trafalgar et (à bien) d'autres diverses défaites de la marine
Françoise face à la Marine de
la perfide Albion. N'a t-il pas avoué qu'il avait misé sur la victoire de l'Allemagne. Misé sur la victoire de l'ennemi qui a envahit son pays, n'est ce point un déshonneur.
Et pourtant, il est le dernier à quitter Dunkerque le 5 juin 1940 où il se distingue en assurant la défense de la ville sous le commandement de l'Amiral Abrial. Il est cité trois fois à l'ordre de l'armée.
Après l'armistice il entre comme membre du premier gouvernement de Vichy et avec l'appui de l'Amiral Darlan. il devient ministre des colonies. Il propose alors la reconquête des territoires des colonies tenues par les Gaullistes.
Partisan d'une politique de collaboration avec l'Allemagne, il est favorable à une alliance militaire et à l'intégration de marins français dans la Kriegsmarine.
Ces idées extrêmes le font relever de son ministère en mars 1943. Il est écarté du Gouvernement par Pierre Laval qui se méfie de ce personnage qui complote contre lui dans le but de le démettre de ses fonctions. Lassé, Pétain lui suggère de se mettre au vert. Il est assigné à résidence, début juillet 1944, dans sa maison familiale de Pujols-sur-Dordogne, située en contrebas du village.
Yves PERON.Mobilisé en 1939 il est arrêté peu après lors d'une permission après que la police eut saisi à son domicile des tracts et des documents compromettants. Il faut rappelé que le gouvernement Daladier avait interdit le Parti Communiste en France suite à la signature du pacte germano-soviétique.
Yves PERON, qui était un des responsable nationaux des jeunesses communistes, est resté emprisonné pendant quasiment toute la durée de l'occupation. En novembre 1940 la justice de Vichy, par le tribunal de Paris replié à Périgueux, le condamne à 5 ans de prison. Au cours de sa détention il est au régime de semi liberté. Il est successivement interné à Gurs, Nexon, Agen, Nontron et Esses, il travaille le jour à l'extérieur et rentre le soir en cellule. Durant cette période, il n'a jamais tenté de s'échapper, même si des occasions auraient pu le permettre. Il termine sa période carcérale à Mauzac en Dordogne. Le 10 juin 1944, lors d'un bombardement Allié à Bergerac, alors qu'il était soigné dans les locaux destinés aux soins des prisonniers à l’hôpital de Bergerac, profitant d'une certaine confusion qui s'en suit, il réussit à s'évader. Son évasion est organisée par un commando FTP, évasion facilitée par la bienveillance de ses gardiens.
Le PC manque de cadre politique et militaire, Yves PERON est l'homme de la situation. Il faut le mettre en selle. Il rejoindra le 5ème Bataillon FTP, deviendra responsable politique, puis sans avoir eu de formation militaire, il est promu lieutenant puis lieutenant colonel. Il assurera la direction politique des FTP de Dordogne, organisera l'état major FFI à Périgueux et Bergerac. Deviendra président de la commission nationale du Front National et membre du secrétariat général du PC en Dordogne et plus tard ministre du gouvernement De Gaulle.
Dans la nuit du 21 au 22 juillet 1944 un commando FTP composé d'Henri BORZEIX, alias Alfred, Michel SCHENERSON et Maurice LATRILLE du 6ème bataillon FFI, enlève Charles PLATON après avoir perquisitionné sa maison de Pujols, récupérant des documents, de l'argent et un porte monnaie contenant l'argent des commissions. Ses kidnappeurs quittent les lieux sans avoir manqués auparavant de s'être bien restaurés.
Charles Platon est emmené dans les bois de Saint Jean d'Eyraud, à environ 50 Km où est basé le PC du sous secteur C de la Dordogne. Là, le 24 juillet 1944, il est traduit devant une cours martiale qui le condamne à mort. Il est ensuite conduit près de Montignac et traduit une nouvelle fois devant une cours martiale présidée par Yves PERON qui le condamne de nouveau à mort.
Charles PLATON est fusillé le 28 août 1944 dans les allées du domaine de la Queyrie, commune de Valojoulx, près de Montignac. Les FTP lui accordent le droit de commander le peloton d'exécution formé de trois hommes. Dans le silence de la nuit d'une voix claire et bien timbrée, sans la moindre trace d'émotion, il lance ses dernières paroles:
« Avant de mourir, je tiens à proclamer que j'ai toujours aimé mon pays, que j'ai toujours cru le servir, jusqu'au sacrifice suprême. En joue, Feu.. » s'en est fini du Vice Amiral. Maurice un instituteur impressionné par un tel courage demande au secrétaire de mairie de Tonac de noter sur un document officiel les derniers mots du condamné.
Yves PERON sera plus tard accusé d’exécutions sommaires dans la cadre de l’épuration, mais les tentatives de poursuites judiciaires se heurtèrent à son immunité parlementaire et aux lois d’amnisties et … au dynamisme du parti communiste.
Charles PLATON est inhumé dans le caveau familial de Pujols (Gironde) en 1956.
Yves PERON le rejoindra le 6 juin 1977, comme voisin dans le même cimetière.
Sources : Le roman noir du Périgord de Dominique Richard et Anne Marie Siméon.
https://fanlac.com/produit/le-roman-noir-du-perigord/ Le Maitron -
https://maitron.fr/spip.php?article163745AR GILMET