A ma connaissance, contrairement au Génie US, le bulldozer constituait une véritable rareté dans les formations de
Pioniere de la
Heer; dès lors, le nettoyage des gravats qui bloquaient les voies d'accès se faisait généralement à la pelle, à la pioche, au besoin, avec un marteau-piqueur, alimenté par un compresseur, pour "détacher" les débris les plus lourds avant de les dégager, ou, au pire, à l'explosif.
Personnellement, mais çà n'engage que moi, j'ai aussi un gros doute sur la supposée importance "stratégique" - en juillet-août 1944 - de cet accès, censé communiquer, via le Petit Saint-Bernard, avec la France. Le Col du Petit Saint Bernard, en dépit du qualificatif "
Petit", est, quand même, situé à l'altitude de 2 188 m!
Si on excepte l'existence du pont "moderne", la traversée du patelin, Settimo, même en bon état, par des formations militaires, devait friser "l'exploit sportif". Le petite cité n'est, certes, située qu'à 350 m d'altitude, mais les clichés d'époque montrent bien sa configuration à flanc de "montagnette". Déjà, dans les vieux patelins italiens du coin, les rues étaient étroites et leur aménagement "routier"souvent des plus primaires; ensuite, à quelques kilomètres de là, on entrait de plein pied dans le réseau des routes de montagne!
D'accord, Hannibal était passé avec ses éléphants par le Grand Saint-Bernard, mais on n'a pas de bilan sur les pertes qu'il avait alors enregistrées!... A 2500 m d'altitude, je ne suis pas certain que l'éléphant d'Afrique puisse évoluer sans problème; ensuite, dans le coin, et à ces altitudes montagneuses, même en plein été, il fait beau dans la vallée, mais on peut se retrouver, vite fait, lors de la "grimpette", selon les caprices de la météo, en pleine tempête de neige!
Je sais, j'ai eu "donné", en juillet 1975, de nuit, dans le Col du Simplon (altitude, 2000 m!). Mon (à l'époque, jeune!

) épouse m'avait quasiment fait plus de deux litres d'huile avec une unique olive, en serrant les fesses, tellement elle avait eu la trouille! Nous étions la seule bagnole (une R16!), à des kilomètres à la ronde, noyée dans d'épais flocons, avec une visibilité qui n'excédait pas 10 m (!), cernée par la foudre et les éclairs! Je n'ai jamais connu une telle autre expérience... la neige et la foudre, ensemble!
Bonaparte avait, également réédité "l'exploit", par le Grand Saint Bernard sachant que la science équestre n'ayant jamais été son fort - même si, au fil des campagnes, il avait été amené à user ses fesses sur la selle! - et, que, pour franchir le col, il était "modestement" monté (détail "oublié" par les peintres!) sur une mule, dont les sabots, sur les chemins de montagne, étaient bien plus sûrs que ceux d'un cheval!
Là, aussi, je me trompe surement, mais j'ai la nette impression que la Résistance italienne, à cette occasion, pour des raisons de "crédibilité" s'était, très probablement, (royalement) faite mousser, en signalant ce patelin et son accès "supposé" au Col du Petit Saint-Bernard, comme une voie stratégique! Côté allié, çà peut s'expliquer, car leurs forces remontaient alors le couloir rhodanien et il fallait impérativement empêcher l'armée allemande de se renforcer avec de possibles troupes transférées d'Italie.