alfa1965 a écrit:Je crois que le matelot n°3 arbore des Liberty Cuffs des insignes de poignets non réglementaires dans l’US Navy.
Non réglementaires, certes, mais tolérées, car ces parements permettaient, au moins, aux équipages des Gunboats de se distinguer des autres matafs de l'US Navy. Le personnel qui servait à bord de ces Gunboats, à raison de 60 matafs, équipage (y compris les supplétifs chinois!), OM et Officiers inclus, par bâtiment, représentait, au mieux, 480 hommes, avec 8 bâtiments en service, sur le Yang-Tsé!
Il s'agissait d'engagés, qui étaient bons pour se cogner deux à trois ans (minimum) de service sur ces canonnières "paumées", avec, au mieux, en sus de leur solde correspondant à leur grade, l'attribution d'une prime mensuelle pour cause d'éloignement géographique, mais çà devait s’arrêter là. La navigation "fluviale" et celle "en haute mer", çà fait deux!
J'aime bien le film,
La Canonnière du Yang-Sté, parce que son quotidien à bord résume bien la complexité de la situation, où des matafs professionnels "ricains" se retrouvaient à devoir gérer du personnel local, qui s'était fait embaucher plus pour se la couler douce, que de devoir trimer et dont la mentalité était, elle-même, à des années-lumières de celle du personnel américain!
De manière générale, il existait un monde entre l'expérience coloniale militaire française et celle - en admettant qu'elle ait pu exister - des Américains ( tous corps confondus!). L'air de rien, çà prenait du temps - pas toujours couronné de succès -, à un encadrement de type "occidental", pour se faire accepter par son personnel indigène. Dans ce domaine, l'armée et la marine françaises avaient, de loin, été les plus "performantes" - avec, en gros, +/- 120 ans d'expérience locale! -.
Les Britanniques se méfiaient de leurs troupes indigènes coloniales comme de la peste - entre autres, en raison, en Inde, de la Révolte des Cipayes, en 1857-1858, qui avait démarré, puis s'était propagée,- parmi d'autres griefs qui, eux, touchaient le système de castes existant! - après l'attribution, à des troupes de confession hindoue et musulmane, de cartouches de munitions graissées à la graisse de porc, qu'elles devaient déchirer avec les dents, avant de charger leurs mousquets!
Sans pour autant prendre les militaires français pour des "enfants du Bon Dieu", c'est le genre "d'ignorance crasse", qu'ils auraient soigneusement évitée!...Maintenant, si on se reporte au contexte historique du territoire américain, ses habitants avaient, eux-mêmes, aimablement dézingué les amérindiens locaux - ainsi que les troupeaux de bisons! -, afin de récupérer leurs terrains, et, après la Guerre de Sécession, il avait fallu plus d'un siècle à la population d'origine africaine issue de l'esclavage, mais pourtant longuement intégrée, afin de parvenir à sérieusement faire reconnaitre ses droits! Dès lors, je vous laisse imaginer le résultat avec une culture et une population chinoises, compliquées à souhait!
Nous avions, nous-même, passé pas loin de 150 ans dans la Péninsule Indochinoise, avant de nous en faire virer! Les Américains, eux, avaient mis, à peine 14 ans, avec, à la clé, de lourdes pertes militaires - début 1969, les troupes américaines déployées dans le SEA représentaient, à la louche, 550 000 hommes! -. Bien entendu, je n'y connais rien, mais, cependant, amusez- vous à essayer de trouver l'erreur!
