
Tel est le slogan de la grande affiche de 120 cm x 80 cm qui couvre en mars les murs des villes de France. On y distingue sur un fond rouge très voyant, les photos de 10 “terroristes” avec leur nom à consonnance étrangère pour la plupart, leur nationalité - Polonais, Hongrois, Espagnol, Italiens - leur qualité de juif, communiste ou rouge et enfin les attentats, déraillements qui leur sont reprochés. Sont ajoutées en bas de l’affiche six photos des méfaits dont ils se sont rendus coupables. C’est une partie du groupe Manouchian – Boczov – Rayman qui deviendra le groupe Manouchian quelques années plus tard.
Cette campagne antisémite baptisée “l’armée du crime contre la France” par les services de la Propaganda Abteilung repose sur le récent procès et l’exécution des 23 membres du groupe Manouchian, du nom de leur chef Missak Manouchian, responsable des Francs-tireurs et Partisans-Main d’Œuvre-Immigrée (FTP-MOI) pour la région parisienne. L’affiche n’est pas le seul vecteur de cette campagne. En plus du placardage de 15000 affiches jusque dans les villes moyennes, elle est accompagnée de distributions de tracts, de brochures, d’articles dans la presse écrite, d’interventions à la radio et même d’un film diffusé dans les actualités cinématographique des cinémas.
Les 23 membres du groupe ont été condamnés à mort ; les 22 hommes ont été fusillés au fort du mont Valérien le 21 février 1944. La seule femme du groupe, Olga Bancic, une Roumaine, sera décapitée en Allemagne le 10 mai 1944.
L’affiche (qui n’est pas encore “l’affiche rouge”) est donc postérieure à l’exécution des résistants.
Le but affiché de cette campagne était de jouer sur la peur, la xénophobie et l’antisémitisme de la population en faisant l’amalgame entre étrangers, juifs, communistes et violence, assassinats et destructions afin de discréditer la Résistance.
L’affiche ne deviendra “l’affiche rouge” qu’en 1961 à la suite d’une chanson de Léo Ferré au titre éponyme. Les paroles originales “strophes pour se souvenir” sont de Louis Aragon.
A l’occasion du 80° anniversaire de l’exécution de Missak Manouchian et de ses camarades, le Président de la République a décidé que ce dernier et son épouse Mélinée entreraient au Panthéon. Une plaque honorera la mémoire des 22 autres membres du groupe assassinés par l’occupant.

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