
L'IMBROGLIO DE L'ARMISTICE
31 août-3 septembre 1943
31 août-3 septembre 1943
Le marquis Blasco d'Ajeta, ancien secrétaire de Ciano est envoyé à Lisbonne afin de sonder les Alliés le 4 août. Il n'a aucun pouvoir pour négocier. Il est reçu par Sir Romuald Campbell qui fait part à Churchill de la volonté italienne de cesser les hostilités. Pendant ce temps, Badoglio envoie un autre émissaire à Tanger, Alberto Berio, ami de son fils et qui n'a aucune compétence. Il est reçu par le consul Gascoigne qui lui annonce que la reddition n'est pas discutable.
C'est finalement le général Castellano qui est désigné pour mener les pourparlers. Il prétend comprendre l'anglais (pour se donner de l'importance), Badoglio lui demandant de faire semblant de ne pas savoir le comprendre afin de pouvoir surprendre une éventuelle conversation.
Général Giuseppe Castellano

Il part en train pour Lisbonne le 12 août, sous une fausse identité, accompagné par Franco Montanari, un neveu de Badoglio. Le 15, le train arrive à Madrid. Les deux émissaires en profitent pour se diriger à l'ambassade de Grande-Bretagne pour y rencontrer Sir Samuel Hoare. Il n'a pas la permission de négocier mais câble au Foreign Office que les Italiens sont d'accord pour un armistice si les Alliés débarquent en Italie et permettent à l'armée italienne de combattre à leur côté. Eisenhower envoie à Lisbonne deux généraux pour rencontrer Castellano : le général US Bedell Smith et le britannique Kenneth Strong.
Général Bedell Smith

Les deux Italiens arrivent à Lisbonne le 16 août et sont accueillis par Sir Campbell qui avait déjà reçu Blasco d'Ajeta. Il leur propose de revenir le 19 août afin de rencontrer les émissaires d'Eisenhower. Le jour convenu, Smith et Strong énoncent les douze clauses de l'armistice dit court. L'autre sera discuté plus tard. Un télégramme de Churchill, en provenance de Québec leur est lu : les conditions de l'armistice ne sont absolument pas négociables.
Les quatre hommes se séparent, Smith et Strong repartent pour Alger. Castellano et Montanari, pour ne pas éveiller les soupçons attendent que des diplomates italiens retournent en Italie pour se mélanger à eux. Un message codé est envoyé le 22 août au Ministère des Affaires Étrangères à Rome pour informer que les Alliés sont prêts à accepter la capitulation italienne, message que l'on arrive pas à comprendre...
En attendant des signes de vie de Castellano, Badoglio envoie Grandi à Séville, se débarrassant ainsi d'une personne trop dangereuse pour lui, il fait une pierre deux coups. Les relations que Grandi à conservées depuis le passage de celui-ci lorsqu'il était ambassadeur à Londres peuvent toujours être utiles. Et les Allemands, se doutant que quelque chose se trame, filent Grandi dans les rues de Lisbonne.
Méfiant de nature, Badoglio envoie aussi un autre émissaire dans la capitale lusitanienne : le général Zanussi accompagné du général Carton de Wiart, sorti de son camp d'emprisonnement (il avait été capturé à Tobrouk). En les voyant arriver, Sir Campbell est stupéfait, il a déjà traité avec Castellano et voilà qu'un autre général italien se présente à l'ambassade. On pense même que Zanussi est un espion et qu'il faut le faire fusiller. Finalement, on accepte de traiter avec lui et c'est le texte long qui est présenté à Zanussi. Ike se rendant compte que les dures clauses de l’armistice peuvent rebuter les Italiens, transfert Zanussi à Gibraltar alors qu'il pense retourner à Rome.
Pendant ce temps, Castellano accompagné de Montanari arrivent à Rome le 27 août. Il rencontre le ministre des Affaires Étrangères, Guariglia qui s'emporte contre lui. Castellano n'avait aucune autorité pour signer aucun document. Mais le gouvernement n'a pas le choix, si l'armistice n'est pas signé, les Allemands risquent de prendre le commandement en Italie et d'y installer un gouvernement pro-fasciste.
Le 31 août, Castellano et Montanari décollent de Rome à bord d'un Savoia-Marchetti SM-79 pour l'aéroport sicilien de Termini Imerese. Ils montent à bord d'une Jeep et sont conduit à Cassabile. Ils rencontrent Zanussi dont ils ignorent la mission. Il est en possession du texte de l'armistice « long » et il s'apprête à le dire à Castellano. Celui-ci, imbu par sa mission déclare être déjà en sa possession ; mais il s'agit de l'armistice court. Ainsi, un acte aussi important va être signé sur un quiproquo.
Les négociations débutent mal, Castellano annonce qu'il n'a pas les pleins pouvoirs pour discuter, ce qui agace Bedell Smith qui s'emporte et déclare : « Si nous avions quinze divisions pour former une tête de pont, nous ne serions pas là à négocier l'armistice avec vous ». Ainsi, par la gaffe de Smith, les Italiens apprennent que les Alliés ne disposent pas d'autant de divisions qu'ils avaient cru !
Castellano répond à Smith que Badoglio souhaite que l'annonce de l'armistice soit différé afin que les troupes italiennes puissent assurer la défense de Rome. Les deux émissaires, accompagnés de Zanussi repartent le jour même pour la capitale pour se rendre chez Ambrosio. Le lendemain, une réunion a lieu avec Castellano, Badoglio, Ambrosio, Guariglia, Carboni et Acquarone, Zanussi n'y est pas invité alors qu'il possède le texte de l'armistice long. Finalement les clauses sont acceptées et le roi donne son accord vers 17h00.
3 septembre, signature de l’armistice

Le lendemain 2 septembre, une délégation dirigée par Castellano retourne à Cassabile. Après une journée entière de tergiversations, d'échanges de télégrammes codés toujours longs à décrypter, Eisenhower, lassé par le comportement italien vient menacer que si la capitulation n'est pas signée, Rome sera bombardée. Ce n'est que le lendemain, vers 17h00, que Badoglio autorise la signature de l'armistice court. Dans la soirée, les Italiens reçoivent un choc, ils ont connaissance de l'armistice long avec des clauses humiliantes, comme la reddition de toutes les troupes italiennes aux Alliés ou la remise de la flotte italienne à Malte pour y être internée.

A suivre...

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Une unité de la Flak positionnée en Calabre en surveillance du détroit de Messine 




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