Hambourg est incontestablement une cible stratégique : construction navale, base sous-marine et installations pétrolières.
Enfin, la taille de la ville (deuxième ville d'Allemagne avec +/-1.700.000 habitants) à l'embouchure de l'Elbe en font une cible facilement repérable de nuit et à portée du Bomber Command.
Ainsi la ville avait déjà été bombardée 112 fois en 1940 et 1941 pour des résultats limités et une population relativement épargnée (751 tués).
Vers l'opération "Gomorrhe"
Après deux années de guerre, le Bomber Command est sous pression. La doctrine du bombardement stratégique ne donne pas les résultats attendus. Les cibles difficiles à atteindre. En 1942, avec l'Air Marshal HARRIS la stratégie évolue. La population allemande devient une cible légitime plus facile à atteindre qu'une usine ou un objectif militaire. Si une usine est difficile à détruire, la destruction des quartiers ouvriers abritant la main d'oeuvre qui l'alimente est déjà plus facile. Privée de sa main d'oeuvre, l'industrie allemande va s'arrêter.
Dans le même temps, la 8th US Army Air Force se déploie et monte en puissance en Angleterre. Les premières missions tâtonnent mais celle que l'on surnommera bientôt la "Mighty Eight" atteint une masse critique pour opérer au-dessus de l'Allemagne.
Anglais et Américains ont besoin d'une démonstration de force pour s'imposer au sein de leurs hauts-commandements respectifs et faire taire les critiques.
Les Alliés anglo-américains ont besoin de monter à STALINE que, malgré leur incapacité à ouvrir un second front en 1942, ils sont capables de peser sur le cours de la guerre à l'Est en pesant sur l'Allemagne à l'Ouest.
Hambourg
On l'a vu, Hambourg est une cible accessible, imposante, assez facile à trouver et potentiellement plus facile à trouver encore de nuit grâce au système de guidage H2S déjà utilisé contre Hambourg avec un résultat "satisfaisant". L'emploi de Pathfinders doit, en plus, garantir une plus grande précision des bombardements.
Ensuite, la ville est considérée comme plus facilement "inflammable" et donc propice aux bombardements incendiaires, plus faciles à mettre en oeuvre.
L'été particulièrement chaud et sec dans la région en ce mois de juillet 1943 augmente encore les chances de bouter le feu à la cité portuaire.
Enfin, la relative proximité de la cible exposera moins longtemps les formations de bombardier aux coups de la chasse allemande.
Les forces aériennes britannique et américaine se répartiront le travail : missions nocturnes pour les premiers et diurnes pour les seconds.
Enfin, et pour la première fois, il est décidé de se faire succéder les raids durant 8 jours et 7 nuits consécutifs pour une effet destructeur "maximum".
Une semaine d'enfer !
La nuit du 23 au 24 juillet 1943, c'est la RAF qui lève le rideau. L'approche est facilitée par un temps clair, un usage généralisé du système H2S et un usage massif (pour la première fois) des "Windows" qui leurrent les radars allemands. Les premières bombes incendiaires tombent vers 00:57. Le raid dure 1 heure.
L'action des pompiers est grandement entravée par la destruction de la centrale téléphonique.
Le 25 juillet, dans l'après-midi, 90 forteresses B-17 bombardent les chantiers navals et une usine aéronautique avec un succès relatif.
Les incendies de la nuit brûlent toujours et les pompiers sont gênés dans leur action par les explosions des bombes à retardement et les raids de harcèlement de Mosquito.
Des pompiers arrivent en renfort des villes des alentours et notamment de Hanovre (qui est attaquée par la 8th USAAF ; les incendies ne pourront être maîtrisés).
Le raid de la nuit du 25 au 26 juillet est annulé, la fumée des incendies masque la cible et un violent orage geine les opérations.
Les bombardiers s'en prendront à Essen. Les Mosquito, eux, poursuivent leur harcèlement.
Il n'y a pas de raid le 27 juillet.
La nuit du 27 au 28 juillet est favorable aux 787 bombardiers britanniques qui se présentent (pour l'essentiel des Lancaster et des Halifax).
Ils ciblent essentiellement les quartiers ouvriers populeux de Billwerder, Borgfelde, Hamm, Hammerbrook, Hohenfelde et Rothenburgsort.
Va se développer alors un phénomène quasiment inconnu jusqu'alors : la concentration des incendies va générer des vents dont la vitesse est estimée jusqu'à 240km/h attisant le brasier qui va atteindre une température estimée à 800°C et des colonnes de feu s'élevant à une altitude de 300 mètres ! Le phosphore va incendier l'asphalte des rues. On estime à 18.000 le nombre de civils tués cette nuit-là, asphyxiés dans leurs caves et les abris par les quantités invraisemblables de C02 générées par ce que l'on baptisa alors "Firestorm" (tempête de feu).
Deux raids auront encore lieu la nuit du 29 juillet et le 3 août. Le raid du 31 juillet étant annulé par le mauvais temps sur l'Angleterre.
Un film couleur ou colorisé (Hambourg est évoqué à 3'26")
Nous évoquerons les conséquences plus tard.

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