Samedi 24 juillet, 17 h. Palazzo Venezia, salle du Pappagallo, réunion du Grand Conseil du fascisme
Depuis le début de l'année 1943, un parfum de trahison et de complots flotte dans Rome.
Mussolini est au courant de tous ces machinations grâce aux rapports de l’OVRA et des écoutes téléphoniques.
Le roi Victor Emmanuel III consulte différentes personnalités et cache ses intentions. Il a écarté sa belle fille, la princesse belge Marie Josée qui est entrée en contact avec les Alliés. Tout comme il a refusé la solution du général Ambrosio chef du Comando Supremo qui envisageait d’assassiner Mussolini. Il veut le destituer légalement et il lui faut un motif constitutionnel. Il reçoit le maréchal Badoglio sorti de sa retraite après son éviction du Comando Supremo lors de la campagne de Grèce. Il est décidé de se venger et notamment du maréchal Cavallero qui l’a remplacé .
Ce motif, Dino Grandi, président de la Chambre des Faisceaux et des Corporations va le lui donner. Il a rédigé un ordre du jour qui prévoit de déchoir Mussolini de la responsabilité de chefs des armées et de restituer ces pouvoirs au roi. Mussolini est au courant de cette motion et accepte de le confronter ainsi que les autres frondeurs lors de la séance du Grand conseil du fascisme le samedi 24 juillet à 17h00.
Organe suprême du Parti national fasciste (PNF), le Grand Conseil ne s’est pas réuni depuis décembre 1939 et la 187e séance qui va s'ouvrir pourrait bien être la dernière.
Mussolini siège sur une estrade surélevée recouverte d’un dais rouge orné d’un faisceau tissé en fil doré. À sa gauche, plus bas, se tiennent Carlo Scorza et Giacomo Suardo, le président du Sénat. À sa droite, ont pris place le maréchal Emilio De Bono et Cesare Maria De Vecchi, les deux derniers « quadrumvirs » de la Marche sur Rome.

Grandi a pris place à l’angle de l'une des tables avec, à sa droite, les ministres Giacomo Acerbo (Finances), Carlo Pareschi (Agriculture) et Gaetano Polverelli (Culture populaire), ainsi que Galbiati, Ciano, Farinacci, Umberto Albini, le sous-secrétaire d’État à l’Intérieur, Edmondo Rossoni, Ettore Frattari, le président de la confédération agricole et Luciano Gottardi, celui des ouvriers de la métallurgie. À la table située en face, siègent les ministres Alfredo De Marsico (Justice et Grâces), Carlo Alberto Biggini (Éducation nationale), Luigi Federzoni, le président de l’académie d’Italie, Tulio Cianetti, le ministre des Corporations, Giuseppe Bastianini, sous-secrétaire aux Affaires étrangères, Antonino Tringali-Casanova, président du tribunal spécial, Giuseppe Bottai, Alberto De Stefani, l'ambassadeur Dino Alfieri, Guido Buffarini Guidi, Giovanni Marinelli, Giovanni Balella, le président de la confédération industrielle et Annio Bignardi, celui des ouvriers agricoles. Des participants à la première réunion du Grand Conseil, au Grand Hôtel de Rome, il ne reste que De Bono, De Vecchi et Rossoni.
A suivre

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Puis, il est raccompagné sur le perron. Entre-temps, les carbinieri ont fait déplacer l'Alfa du Duce, Mussolini attend son chauffeur, mais à sa place se présente une ambulance. Le capitaine des Carabinieri Reali Vigneri lui demande de monter à bord « pour sa sécurité » et c'est un ordre du roi. Mussolini et son secrétaire sont conduits à la caserne Podgora,via Quinto Stella, puis à tombeaux ouverts à celle de l'école des Carabinieri, via Legnano.


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