Dog Red a écrit:Les conditions tactiques à l'Ouest en 44-45 n'étaient-elles pas moins favorables au ratio selon toi ?
J'aurais tendance à dire qu'elles s'étaient "aggravées" pour l'adversaire, même si le raccourcissement naturel des distances de tir, notamment, en Italie et dans le bocage normand avait "ratiboisé" les performances de tir allemandes et permis aux Alliés de jouer, alors, à armes égales ou presque.
Je n'ai l'intention de prêcher pour aucune paroisse, mais que soit du côté des Alliés occidentaux, avec les Firefly britanniques et la mise en service, entre autres, du "77 mm" (en fait un 76,2 mm), chez les Ricains, plus leurs "Tanks Destroyers", ils avaient constaté un "vrai problème"... y compris dans le domaine des pièces antichars tractées, car le 17 pounds antichar britannique de 76,2 mm, au demeurant très performant, pesait aussi lourd (4 tonnes et des poussières) qu'un 8.8 cm Pak 43, sauf que, sur le terrain, les Allemands rencontraient, depuis un bail, un sérieux problème de parc de tracteurs adaptés! ... et, en "parallèle", en 1944, ceux de ravitaillement en carburant des Panzer, des "totomoteurs", des tracteurs et du moindre camion ou véhicule léger.
Le problème majeure de la pièce antichar tractée est qu'elle est totalement dépendante, dépassée 1500 kilos et sur de très courtes distances, de la disponibilité de ses tracteurs!
Après qu'une pièce ait réussi à dézinguer trois ou quatre chars ennemis, il y avait vivement intérêt à la dégager de sa position, car elle avait neuf chances sur dix de se prendre, en réplique, une rafale de l'artillerie de campagne et ses servants y laisser leur peau, d'où la création, par exemple, des automoteurs antichars de 47 mm, introduits par l'armée française - la pièce étant sensée tirer en sens opposé de "l'échappatoire" possible de son tracteur.
C'est tout le problème qui s'était posé au sein de l'armée française, puis des Allemands, puis des Alliés - les russes étant un cas à part -, en constatant l'indispensable prise de poids au prorata de l'efficacité du calibre!
Tous les belligérants étaient entrés en conflit avec des pièces antichars de 25mm, 37 mm, voire 45 mm, licence Böhler dans certaines armées(!), avec un seul souci, la capacité, en regard de son poids de l'ordre de 450/500 kg max - d'être déplacées à "la bricole", une épaulière de halage dédiée -, par ses seuls servants! Le 47 mm tracté français pesait, déjà, plus de 900 kg!
Ce n'est pas pour rien si la pièce antichar tractée, quelque soient ses performances, avait été rapidement abandonnée après-guerre - même si les Soviétiques, eux, l'avaient longtemps conservée -; elle ne correspondait plus aux critères de mobilité requis. D'ailleurs, le concept du "chasseur de chars" (Tank Destroyers ou Panzerjäger) avait, lui-aussi, disparu, dans la foulée, hormis, peut-être, un développement limité suédois, dans les années "60".