Dog Red a écrit:La traversée du désert est un enfer pour les mécaniques !
Les véhicules sont laissés en panne le long de la piste et l'essence finit par manquer et paralyser le groupement.
Entre le 31 mars et le 10 avril, plus de la moitié des véhicules du Panzer-Regiment nécessitent une réparation.
Effectivement, à la façon Lidell Hart, grand laudateur de Rommel, on a souvent tendance à considérer la Campagne italo-allemande en Tripolitaine, comme une cavalcade des Panzerounets.
Dans les faits, L'Esertico avait rencontré les pires difficultés avec ses "trottinettes" non "tropicalisées" et, côté allemand, même si les Panzerounets et autres véhicules étaient sensés avoir bénéficié de modifs "Tropen", ce n'était guère mieux! Même dans le camp des Brits, l'ambiance désertique avait sérieusement posé problème. Comme chez les "copains d'en face", le sable ruinait très rapidement les peintures et flinguait, à une vitesse vertigineuse, les trains de roulement, les moteurs et les âmes des canons. A un moment, la filtration "tropicale", mise en place pour limiter les entrées de poussière de sable lors de l'alimentation des carburateurs, devait, néanmoins, permettre l'arrivée normale de l'air... et c'est là que çà se compliquait très sérieusement, à moins d'accepter l'étouffement des moteurs. Le phénomène de "vapor-lock", pour simplifier, l'évaporation de l'essence, due à la chaleur ambiante, avec, à la place, la création d'une bulle d'air, dans les cuves des carburateurs, au lieu de l'envoi d'essence dans les cylindres, les rendaient, dès lors, inutiles, et était monnaie courante, par grosse chaleur.
J'ai bien connu, moi-même, ce phénomène, alors que j'étais gamin, dans nos anciennes colonies ou au Moyen-Orient, l'injection indirecte ou directe (sans carburateur) étant une technologie qui, elle, date, au mieux, des années 1960-1970. La technique la plus efficace - je n'ai pas dit parfaite! - avait probablement été, tout est très relatif (!) ,celle de la filtration à bain d'huile, type Feifel, installée sur les Tiger I, expédiés à la fin du second semestre 1942, en AFN, mais elle coûtait la "peau des murges" et les Tigrounets, n'étant pas conçus pour ces " longues ballades exotiques touristiques", souffraient, eux-mêmes, d'autres problèmes de casse et d'entretien. Pour les plus anciens d'entre nous, souvenez vous des camions Berliet, dans le film "
100 000 dollars au soleil" de 1964, avec Belmondo, Blier, etc., ils avaient, tous, sur l'aile, un dispositif de filtration dérivé du type Feifel.