Parvenu à Tambov, le 16 septembre 1945, il avait été libéré le 26 courant, pour atterrir, le 24 octobre 1945, sur un quai de gare parisien! Dans son malheur, il avait bénéficié d'un "traitement de faveur", car le dernier "Malgré-Nous" libéré, avait, lui, quitté Tambov, fin 1954 ou début 1955! Le gros des prisonniers - y compris les "Malgré-Nous" - n'avait été libéré qu'en 1946-1947!
Les Malgré-Nous faits prisonniers en Normandie, ne reviendront des camps de prisonniers, aux States - aux conditions de vie et de détention incomparables - et renvoyés vers leur mère-patrie qu'en 1946, avec, pour motif essentiel, libérer les emplois pour les démobilisés de l'US Army! J'avais, ainsi, un vieil ami strasbourgeois, qui bossait, en tant que PoW, dans une ranch texan et avait, sérieusement, envisagé de "s'installer" aux USA, à sa libération... sauf qu'il avait été raccompagné "manu militari" jusqu'au transport qui l'avait, un beau matin, déposé sur un quai du Havre!
Feu mon beau-père, qui, né en 1920, avait fait partie des premiers incorporés de force, avait, avec son unité d'artillerie, effectué sa reddition le 8 mai 1945, à Berchtesgaden, à l'US Army, après avoir retraité de Vienne. Comme il planquait ses pièces d'identités françaises dans son fute, depuis près de 3 ans, il avait été, dans les 10 jours suivants, "renvoyé dans ses foyers". Mais, c'était - tout est relatif - un très gros coup de bol!
Quand à l'exécution des deux "déserteurs", en avril 1945, c'est, hélas, la règle, dans toutes les armées en temps de guerre, quelque soit la date de l'évènement, par rapport à celle de la fin officielle du conflit! ... et, même, ce jour-là, en cherchant bien, on devrait, encore, trouver des exécutions pour le même motif!
De toute manière, face à l'Armée Rouge, il valait mieux "déserter" et se rendre en masse, qu'à titre "isolé"(quelques malheureux pinpins), car le Frontovik ne parlait pas un mot d'allemand ou de français et avait la fâcheuse habitude de tirer avant de s'enquérir de l'identité du porteur de l'uniforme allemand ! Tous les combattants "Malgré-Nous", qui avaient été engagés sur le Front Est et en étaient revenus vivants, le savaient! Leur règle était, comme l'ont expliqué d'anciens vétérans, ... "
Jamais devant (à cause des Russes)
, jamais derrière ( en raison de la Felgendarmerie)...
toujours, au milieu! "