Post Numéro: 8
de Bir-Hakeim
06 Sep 2024, 13:40
[quote="pierma"]Parmi les vichysto-résistants, beaucoup ont réellement résisté...[/quote]
C'est un drôle de concept, la "vichysto-résistance" à laquelle ni les communistes ni les gaullistes ne croyaient à la Libération. Pour eux, qui étaient frères ennemis et, la paix revenue, carrément rivaux au point de vue politique, il était clair que la "vichysto-résistance" n'était que le symptôme du basculement des collabos des Allemands dans le camp atlantiste à la réception du rapport Barril, fin 1941, qui prédisait que la défaite de Stalingrad annonçait celle des forces de l'Axe. De Gaulle n'avait aucune considération pour ces "résistants" de fortune et à retardement, même pas pour le "colonel Rémy" dont le profil ne se réduisait pourtant pas à ces sordides calculs et qui avait pris des risques. Il n'en avait évidemment aucune pour Mitterrand qu'il appelait "l'arsouille". La réponse de de Gaulle aux sollicitudes des "vichysto-résistants", c'était "Je ne reprends pas les traîtres". De là date la haine que Mitterrand a conçue pour de Gaulle qui connaissait le rôle de Mitterrand à l'Information et la correspondance enamourée du jeune François avec sa soeur quand il parlait collaboration.
Un document très intéressant à consulter à ce sujet, c'est le journal de Pompidou publié à titre posthume, où il rapporte un certain nombre d'entretiens qu'il a eus avec le Général à ce sujet. Et notamment à propos de Frère, quand Pompidou essaye de l'attendrir en lui racontant qu'avant de mourir, il aurait confié à un autre concentrationnaire: "dites à de Gaulle qu'au conseil de guerre en 40, j'ai voté contre sa mort" Et de Gaulle de répondre: "Je m'en fous".
Ce bouquin, qui est intitulé Pour rétablir une vérité, est extrêmement dense en informations de première main et très peu courantes...