Ma première sortie "Ravito", ce jour, depuis lundi dernier, avec dérogation soigneusement remplie et, dans le Panzer, papiers d'identité et carte grise à portée de main!
Contexte : Zone rurale (très) profonde - lieux de domicile : 1500 habitants, patelins environnants: (à 4 et 10 bornes),5000-6000, avec le vent dans le dos et une désertification annuelle régulière et constante!
Comme je suis un fayot impénitent, j'avais, même, précisé, en bas de la feuille de dérogation, mon parcours prévisionnel... mon agence bancaire dans le patelin proche (4 km), pour récupérer un peu liquide (au càzoù!) au DAB, le supermarché du patelin suivant ( + 3 km) ... en cas de manques sérieux dans les rayons, la surface commerciale un peu plus grande à 10 bornes(!), puis le retour (entre 7 et 10 km supplémentaires)! ... Slurp!
Dans les faits, je n'ai pas vu le moindre képi, et, à vrai dire, croisé très-très peu de monde - car j'en ai profité pour me garer aux abords du parc de la citée thermale à - soyons fous, 500 m de l'agence bancaire!

- pour, au moins, me dégourdir les jambes... 4 personnes sur un trajet de moins d'un kilomètre (aller-retour) et, encore, chacun prenait soin de garder ses distances, dans l'allée en se croisant!
Arrivé au supermarché, suite à un dispositif d'entrée contrôlée (4 à 5 clients maximum, en même temps, dans le bouclard) une queue d'une douzaine de caddies, car le caddy est obligatoire - tu te démerdaves avec la poignée et, éventuellement, tes lingettes !

-, mais, comme je suis fainéant, j'ai pour habitude de prendre (presque) toujours ce superbe véhicule à, roulettes!
Deux évènements :
1) une brave choupinette totalement inoffensive d'une vingtaine d'années, qui faisait la queue depuis un bon quart d'heure, se rend compte, brutalement, en s'informant autour d'elle - ce n'est précisé nulle part (aucun panneau, que dalle!) - qu'il lui faut, impérativement, un caddy pour entrer... présente ses excuses à son suivant et s'en va vite très vite chercher un caddy, avant de se reprendre sa place (légitime) dans la file!
Là, intervient, sur le parking, un trouduc puissance 10, qui, de fait, y rodait depuis un bail et l'interpelle très violemment en arguant, péremptoirement, que la pauvrette doit, désormais reprendre la queue depuis le début - à vue de nez, 15 à 16 caddies de plus! Là, évidemment, comme d'habitude, personne ne moufte, sauf votre serviteur, qui excédé par l'attitude, totalement, sans objet du vociférateur, lui a demandé, avec sa voix et son ton (hélas, naturels) de sergent-recruteur (qui n'a pas peur de la distance! ... 50 m, une douce rigolade!

), quand " il" prend les boules, si, un, il était gendarme ?...policier?... responsable de la circulation sur le parking ?... Rien de tout celà n'étant justifié, je l'ai, alors, très vivement enjoint de fermer sa gueule!
... Et, là, surgit, sur une espèce de balcon, coincé derrière l'enseigne du supermarché, une chefaillonne de service, qui, sans avoir compris ce qui se passait, s'empresse de clamer... sécurité, hygiène, gnagnagna...! Sauf que, là, devant relever la tête, je lui ai très vite précisé que je ne voyais pas bien où pouvait être le problème avec cette "pôvre " jeune fille, hormis un importun qui prétendait se la péter, en jouant le "Feldgendarme" obtus - on est en Alsace!

-.... Disparition (très rapide!) de l'intervenante et du trublion, mais, ce dernier, avec un certain délai, pour essayer de ne pas passer pour un gugusse qui vient de se faire tacler sévèrement!
2) Après, nous avons eu droit à un assaut de septuagénaires et +, tous du genre féminin, sur la porte d'entrée du supermarché, prétendant avoir la priorité ... sauf que çà ne concerne que les personnes de 65 ans et plus, uniquement durant la tranche 8H00/8H30! Toutes sont reparties la "queue basse" - on s'est compris! - mais en râlant ferme, à l'exception d'une vieille dame de (au moins) 80 bougies, qui nous a demandé, très gentiment - dont à moi, qui était immédiatement, derrière la place qu'elle m'avait piquée! - si elle pouvait rester dans la file... ce qui était l'évidence même!
Conclusion (locale) :
En zone rurale, les contrôles existent mais sont (relativement) rares, du simple fait de l'étendue du territoire que la maréchaussée est contrainte de surveiller - la police municipale (quand elle existe) n'est pas autorisée à dresser des procès-verbaux dans le cadre des dérogations de circulation, relatives au coronavirus - et les locaux se conforment, au maximum, aux règles de confinement!
Néanmoins, pas plus tard que hier, alors que je fumais, brièvement, une clope à l'entrée de ma cour et échangeais, quelques propos "coronavirusiens", avec mon voisin, le restaurateur (dans une M***e financière noire), de l'autre côté de la rue, passe un cycliste en tenue complète, avec casque et , évidemment, vélo, à l'attaque d'une côte (notre rue!), à plus de 15%, au début! (!), 20%, à la fin! Mon voisin, restaurateur, n'a pu s'empêcher de lui lancer, au passage...
Euh, le confinement ?... Réponse... [i]J'ai le droit! [/i ...]Sauf que, dans le coin, on ne fait pas de cyclisme "sportif" sur moins de 20-30 bornes, les autochtones ayant, depuis longtemps, compris que les pentes locales à 10-15%, pour aller bosser ou faire ses courses, en tenue de ville, avec pinces et sacoches, sur la roue arrière, sont très vite épuisantes!

... et ma propre sœur (59 ans!), citadine strasbourgeoise, n'a rien trouvé de plus malin que de se cogner, hier, 15 bornes à vélo, pour aller acheter un choux rouge... Voui, mais il n'y avait personne (ou pas grand monde) sur les chemins "écartés"!
Certains ont, déjà, évoqué la perception du confinement, par les citadins, comme une opportunité de vacances (d'autant que le temps est particulièrement clément!)... ce n'est pas totalement exagéré! Mais, aussi, sachant que ces règles de confinement ne sont pas perçues de la même façon à la ville et à la campagne.
