Sans rien dire de sa stratégie à l'Ouest, le dictateur allemand désire clarifier ses relations avec son allié italien avant de lancer Fall Gelb qui, nous l'avons vu, a atteint sa maturité stratégique au cours du mois écoulé. Les 2 tyrans venus en train se réunissent dans celui du Duce, accompagnés de leurs ministres des affaires étrangères respectifs, RIBBENTROP et CIANO.

L'entretien dure 2h30, dominé par un quasi monologue de HITLER selon KERSHAW. Sont évoqués l'épreuve de force à venir, la justification de l'invasion de la Pologne (dont MUSSOLINI n'avait pas été prévenu), les intempéries ayant empêché d'attaquer à l'Ouest, la puissance militaire de l'Allemagne (statistiques à l'appui) et l'assurance de vaincre à l'Ouest avant l'automne 1940.
Vient l'essentiel : si l'Italie ambitionne de devenir une puissance de premier plan, elle avait intérêt à se joindre à l'Allemagne victorieuse. HITLER répond à une inquiétude de MUSSOLINI en lui affirmant que la Russie demeurait pour l'Allemagne "un monde absolument étranger" et que le seul partenaire ne saurait être que l'Italie. HITLER demande alors à MUSSOLINI d'entrer en guerre, au moment de son choix, pour soutenir l'Allemagne.
Le tyran italien répond favorablement par "son impatience d'entrer dans la mêlée". Seul "le choix du moment" posant problème : l'armée italienne n'étant pas prête à entrer en guerre avant 4 mois et l'Italie incapable de mener une guerre longue.
Après un rapide casse-croûte, HITLER s'en retourne et laisse un MUSSOLINI contrarié d'avoir pu si peu s'exprimer.
Curieusement, le Duce en tira la conclusion que HITLER ne se préparait pas à lancer une grande offensive terrestre.
De son côté, HITLER se déclara satisfait du résultat des discussions : "MUSSOLINI nous suivra jusqu'au bout" conclut-il.
Source : KERSHAW "HITLER" tome 2 pp.441-43

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