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LE HALTBEFEHL (suite)

Cette rubrique renferme tout ce qui concerne le front ouest du conflit, y compris la bataille des Ardennes ainsi que les sujets communs à tous les fronts tels, les enfants et les femmes dans la guerre, les services secrets, espionnage...

Re: LE HALTBEFEHL (suite)

Message Post Numéro: 651  Message de Chef Chaudart  Message 17 Aoû 2017, 16:17

Nicolas Bernard a écrit:
Chef Chaudart a écrit:Nous sommes, malheureusement, dans un monde scientifique où la théorie a une grande importance. Cela dit, on arrête effectivement une offensive quand on pense que l'on ne peut pas aller plus loin, c'est à dire si on est plus capable de surmonter l'adversaire, ou si on estime que l'on ne pourra pas sécuriser ce que l'on vient de gagner. Et il se trouve que cela correspond à l'ordre de distances indiqué. Ne pas chercher plus loin que çà.

L'armée allemande avait pris toutes mesures pour y parer.

Par définition, on ne peut pas "y parer" . Il semble qu'une armée mécanisée, aussi efficiente qu'elle soit, finit par en être victime. La distance est, bien sûr empirique et approximative, dépendante de nombreux facteurs, mais il y une limite et elle est à environ cette distance.
Nicolas Bernard a écrit:
Chef Chaudart a écrit:De quels "documents datés" parles-tu?

F.D. parle de "documents datés de la période séparant la victoire d'Arras de l'émission de l'ordre d'arrêt".
Et, de fait, comme il l'a été montré sur ce fil, l'optimisme régnait, le 24 mai.

Même Von Rundstedt n'a jamais envisagé autre chose qu'une vague pause de 24 heures pour ses blindés. Dans la matinée du 24 mai, il en est encore à recommander de s'en tenir à cette idée à Von Kluge, qui souhaite l'abandonner. Plus précisément, ce dernier souhaite libérer davantage de forces motorisées pour conduire la bataille sur l'aile nord, et à ce qu'une division lui soit transférée, visiblement pour obtenir le maximum d'unités dans la perspective du transfert de son armée du Groupe d'Armées A au Groupe d'Armées B. "Ce n'est qu'en procédant de la sorte qu'un commandement unifié deviendra possible".

Rundstedt se borne à répondre que "l'on devrait s'en tenir aux mesures prises la veille par la 4. Armee", c'est à dire cette fameuse pause des blindés décidée avec Von Kluge, dans la soirée du 23 mai. Au passage, une telle réponse prouve, de manière irréfutable, qu'au matin du 24 mai Von Rundstedt ne songeait pas à autre chose, c'est à dire au Haltbefehl, lequel allait bien plus loin, dans son objet comme dans son ampleur.

C’est discutable : comme je l’ai dit, VR marche sur des œufs. Il ne peut pas désobéir carrément, même s’il n’est pas d’accord. Ou alors j'ai pas tout compris.

Nicolas Bernard a écrit:
Chef Chaudart a écrit:Certains généraux Allemands... Nous avions eu une discussion à ce sujet et j'avais donné d'autres noms de ceux qui ne s'étaient pas exprimés (Keitel, Jodl...), soit qu'ils étaient pour ou contre, soit qu'ils s'en fichaient, on sait pas. En tous cas "les généraux Allemands" ne comprend pas "tous les généraux Allemands à l'exception de VR".


On sait, par des témoignages, que Keitel et Jodl ont appuyé Hitler dans les jours qui suivent le Haltbefehl. Dans ses Mémoires rédigés à Nuremberg, Keitel continuera de cautionner cette décision. Interrogé par les Américains, Jodl sera moins affirmatif: le 12 octobre 1945, il déclarera que Hitler redoutait sincèrement que ses chars s'enliseraient dans les marécages flamands, et qu'il avait partagé ces appréhensions, tout en admettant "que la question est discutable".

En tous les cas, que ces deux-là aient soutenu Hitler n'a rien d'étonnant: Keitel, sans être crétin, lui était à ce point inféodé qu'on le surnommait le "Laquais", tandis que Jodl, tout haut placé qu'il était, n'était qu'un colonel de l'O.K.W., tenu d'obéir aux ordres et de les justifier auprès des forces armées. Bref, ces deux exemples n'ont rien de significatif, d'autant que ni l'un ni l'autre n'a jamais prétendu avoir formulé de tels conseils au Führer.

Un peu facile de décrédibiliser ces généraux, Keitel, un Laquais. Jodl un simple colonel. Goering et von Rundstedt des beni oui-oui aux ordres du Führer. Jeshonneck et Milch des imbéciles... On en a discuté en long et en large dans ces messages. Le fait est que, contrairement à ce que tu as affirmé ainsi que François et quelles qu’en soient les raisons, ce n’est pas TOUS les généraux qui sont contre l’ordre d’arrêt.


 

Re: LE HALTBEFEHL (suite)

Message Post Numéro: 652  Message de Nicolas Bernard  Message 17 Aoû 2017, 16:49

Chef Chaudart a écrit:
Nicolas Bernard a écrit:L'armée allemande avait pris toutes mesures pour y parer.

Par définition, on ne peut pas "y parer" . Il semble qu'une armée mécanisée, aussi efficiente qu'elle soit, finit par en être victime. La distance est, bien sûr empirique et approximative, dépendante de nombreux facteurs, mais il y une limite et elle est à environ cette distance.


Les mesures prises par l'O.K.H. te paraissent-elles insuffisantes? Dans l'affirmative, pourrais-tu développer?



Chef Chaudart a écrit:C’est discutable : comme je l’ai dit, VR marche sur des œufs. Il ne peut pas désobéir carrément, même s’il n’est pas d’accord. Ou alors j'ai pas tout compris.


Von Rundstedt "marche sur des oeufs"? Vis-à-vis de qui?




Chef Chaudart a écrit:Un peu facile de décrédibiliser ces généraux, Keitel, un Laquais. Goering et von Rundstedt des beni oui-oui aux ordres du Führer. Jeshonneck et Milch des imbéciles... On en a discuté en long et en large dans ces messages. Le fait est que, contrairement à ce que tu as affirmé ainsi que François et quelles qu’en soient les raisons, ce n’est pas TOUS les généraux qui sont contre l’ordre d’arrêt.


- Keitel? Oui, c'est un "laquais", tous les généraux allemands s'accordaient là-dessus. Du reste, rien n'indique qu'il ait eu l'idée de stopper les troupes avant le Haltbefehl.

- Jodl? Il doit obéir aux ordres et n'apparaît nullement au courant de tout. Du reste, rien n'indique qu'il ait eu l'idée de stopper les troupes avant le Haltbefehl. Il se permet, d'ailleurs, de critiquer la "promesse" de Göring du 23 mai, selon laquelle la Luftwaffe va détruire les forces alliées presque encerclées.

- Göring? Il n'a jamais déclaré que le Haltbefehl était justifié sur le plan militaire, se contentant d'affirmer, le 23 mai, qu'il pouvait détruire les forces alliées avec son aviation. Au vu de l'intelligence redoutable du personnage, je ne pense pas un instant qu'il y ait cru. Du reste, c'est l'ami de vingt ans, le complice de tous les coups, et quelques jours auparavant, c'est lui qui a activé l'offensive diplomatique. Son rôle est d'apporter à Hitler un soutien pour enfumer l'O.K.H. et les troupes sur le terrain.

- Jeschonnek? Le 26 mai, il a déclaré à Von Richthofen (qui, à la demande du général Von Kleist, sollicitait une révision du Haltbefehl) que "Le Führer veut épargner aux Britanniques une défaite humiliante." Et qui est Jeschonnek? La voix de Göring...

- Milch n'a jamais déclaré que le Haltbefehl était justifié sur le plan militaire. Il s'est contenté de participer à la mise à exécution des ordres de Göring.

D'ailleurs, je suis tombé, à l'occasion de mes recherches, sur l'agenda de Milch. Le 11 mai, il participe à la réunion de Göring avec la commission de diplomates suédois dont fait partie Dahlerus. Et, le 25, il accompagne son boss... faire une tournée en Hollande, à Rotterdam et Amsterdam! A l'occasion de ce voyage, Göring va ramener dans sa besace quantité d'oeuvres d'art. Bref, alors que ces deux-là devraient s'activer pour tenir la "promesse" faite à Hitler, sachant qu'aucun plan d'opérations n'avait été prévu à ce titre, ils préfèrent voyager en pays conquis... Ce n'est pas là le signe que Göring et son staff prenaient la "promesse" du 23 mai au sérieux.

C'est d'ailleurs le 25 mai que Göring constatera de visu les dégâts infligés par son aviation à Rotterdam. Deux jours après son intervention du 23, ce qui n'est pas sans relativiser l'argument (au demeurant non établi) selon lequel le bombardement de cette ville l'aurait convaincu qu'il était possible d'obtenir un résultat identique contre les forces alliées quasi-encerclées dans les Flandres.
Dernière édition par Nicolas Bernard le 17 Aoû 2017, 17:00, édité 1 fois.
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Re: LE HALTBEFEHL (suite)

Message Post Numéro: 653  Message de Chef Chaudart  Message 17 Aoû 2017, 17:00

Soxton a écrit:
Chef Chaudart a écrit:En fait, je vous renvoie au What if « 1940, et si la France avait continué la guerre? ». Les auteurs ont tenté de déduire militairement ce qui se serait passé si Pétain n'avait pas demandé l'armistice.


Aucune demande d'armistice n'a été faite pendant la première quinzaine de juin. Alors je réitère ma question : Les passionnés de la SGM peuvent-ils me dire s'ils ont connaissance d'un arrêt similaire dans le courant du mois de juin ? S'agit-il d'un arrêt qui résultait de la fameuse « attrition » du matériel ?

C’est ma réponse que tu ne comprends pas ou j‘ai mal compris ta question ?

Non, il n’y a pas eu d’arrêt, mais oui il y en aurait eu un si l’Armistice n’avait pas été signé, pour les raisons indiquées. C’est plus clair ? Tu veux autre chose ? A ton service !

Chef Chaudart a écrit:Alain et Loîc nous ont indiqué ici la difficulté qu'il y avait à connaitre l'état réel des unités mobiles aux 23 et 24 mai 1940. Il me semble que ce point devrait être creusé afin de déterminer si, effectivement, elles avaient la capacité de prendre ou masquer la ville et de la mettre en défense.


Soxton a écrit:Contrairement à Alain et Loïc, je ne vois aucune difficulté à connaitre l'état réel des unités mobiles. « Jusqu'au 24 mai le nombre de chars complètement inutilisables fut relativement réduit. » (Frieser, p. 427). Quant à Jean Lopez il affirme que beaucoup de chars ne souffraient que de problèmes mineurs à la veille du haltbefehl.
Si l'attrition du matériel est si préoccupante pourquoi faut-il immobiliser uniquement les chars ? Pourquoi ne pas immobiliser les avions qui ont été mis à rude épreuve du 10 au 24 mai, et même au delà du 24 mai ?

Je ne sais pas si c’est « préoccupant », mais une unité réduite à 30% de chars opérationnels ça me semble une certaine usure et, moi, ça me préoccupe. D’après les chiffres donnés, ce niveau semble d’ailleurs assez constant, ce qui signifie que des chars sont réparés et/ou de nouveaux livrés pour maintenir le niveau.
Quant à la comparaison avec les avions, je ne comprends pas trop : si vous ne faites pas l’entretien d’un char, il continuera à fonctionner… un certain temps. Un avion , on ne le laisse pas décoller sans l’avoir d’abord entretenu, pour des raisons qui me semblent évidentes.

Soxton a écrit:
Chef Chaudart a écrit:Nicolas nous a donné l’exemple de citations « prises sur le vif » de certains de ces généraux, non susceptibles d’avoir été déformées (ou en tous cas, moins), prétendant que l’ordre d’arrêt était une erreur. Et je suis assez surpris de constater que ces réactions sont limitées. Aucun ne prétend qu’il serait déjà à Ostende, ou qu’il aurait coupé la route de Dunkerque. Les plus optimistes, comme Guderian, se contentent d’affirmer qu’ils pouvaient continuer, qu’ils n’avaient rien devant eux, ce qui est possible, mais pas sûr,

Ah ! Ce n'est pas sûr ! Pauvre de moi, j'avais la conviction que c'était sûr. Sans doute ai-je été trompé par un post de Cytise qui s'appuie sur les travaux de Benoît Lemay : « Le corps blindé de Guderian avait établi cinq têtes de pont sur l'Aa, entre Gravelines et Saint-Omer, au moment de l'ordre d'arrêt du 24 mai. Ce jour là, il n'y avait qu'un seul bataillon britannique pour tenir les quelques 30 kilomètres de l'Aa, entre Gravelines et Saint-Omer. »

Tu simplifies trop et tu n’as pas lu ce que j’ai dit plus haut.
Le 24 mai, Guderian est arrêté… par l’ordre de von Rundstedt du 23, pas le « Haltbefehl » ! Le 25, il a 2 divisions en face de lui. La question est donc : s’agit-il d’une erreur de VR, ou de Hitler ? Ce dernier pouvait-il faire autre chose le 24 que de demander un arrêt « sine die » si la « fenêtre » où les Alliés étaient vulnérables était refermée ? Ou était-il encore temps d’attaquer ?
Avaient-ils prévu d’enfoncer également le front nord des Alliés pour faire leur jonction avec leurs copains de l’armée B ?
Soxton a écrit:
Chef Chaudart a écrit:J'avais réagi à l'époque en signalant que, quoique n'ayant aucun reproche à faire à Pierre Miquel, je n'avais qu'une confiance limitée sur ses compétences en matière militaire.

Effectivement vous aviez émis des doutes sur les compétences militaires de Miquel et Benoist-Méchin. Toujours est-il que ces deux auteurs étaient parvenus à la même conclusion.
Quels sont les historiens qui, selon vous, possèdent des solides compétences militaires ? Des noms ! Des noms !
Ont-ils une opinion différente de celle de Miquel et Benoist-Méchin ?

Si vous avez lu l'article de Jean Lopez dans G & H, vous savez que son point de vue n'est pas différent de celui de Miquel et B-M.
De même que Pierre Miquel, Pierre Lopez considère que l'opération Dynamo n'aurait pas été réalisable sans l'arrêt des chars allemands. C'est cela qui te laisse perplexe. Mais je suis certain que tu brûles d'impatience de me donner les noms des auteurs qui ont des compétences suffisantes en matière militaire et qui n'ont pas manqué de nuancer le point de vue de Miquel.

Ben, justement, si tu as lu ma prose, je n’ai pas trouvé ce point particulier abordé en profondeur, c’est pourquoi je pose la question. Tous les historiens se contentent d’indiquer que la prise ou l’investissement de Dunkerque était possible. Le 24 ? Encore le 25 ? Pensait-on côté Allemand, comme le dit Nicolas, que l’on pourrait facilement arrêter une contre-attaque en force des Alliés ?
Je n’ai rien trouvé à part des affirmations.


 

Re: LE HALTBEFEHL (suite)

Message Post Numéro: 654  Message de Nicolas Bernard  Message 17 Aoû 2017, 17:18

Chef Chaudart a écrit:Je ne sais pas si c’est « préoccupant », mais une unité réduite à 30% de chars opérationnels ça me semble une certaine usure et, moi, ça me préoccupe. D’après les chiffres donnés, ce niveau semble d’ailleurs assez constant, ce qui signifie que des chars sont réparés et/ou de nouveaux livrés pour maintenir le niveau.
Quant à la comparaison avec les avions, je ne comprends pas trop : si vous ne faites pas l’entretien d’un char, il continuera à fonctionner… un certain temps. Un avion , on ne le laisse pas décoller sans l’avoir d’abord entretenu, pour des raisons qui me semblent évidentes.


Lorsque, d'après un document contemporain du 25 mai 1940, Von Kluge "de même que le général Von Kleist, jugent qu'il vaut mieux aller de l'avant", ils considèrent que l'avance doit stopper? J'ajoute que ces deux généraux n'ont pourtant pas la réputation d'être des fonceurs...

Lorsque ce même Von Kluge tempête au téléphone le 25 mai 1940: "Si j'en avais eu le droit, aujourd'hui les chars se trouveraient sur les hauteurs de Cassel", il considère que l'avance devait stopper?

Lorsque le général Reinhardt considère qu'interrompre l'attaque est une erreur, que seules font obstacle à ses chars des "forces rapidement amenées", et que stopper "ne profitera qu'à l'adversaire", il considère que l'avance devait stopper?

Lorsque chez l'auteur du journal de marche du corps blindé dirigé par Guderian, on trouve cette remarque: à cause de l'ordre d'arrêt, "on laissait pratiquement tomber les idées offensives qui avaient prévalu jusque là", ledit auteur considère que l'avance devait stopper? Guderian, d'ailleurs, qui a protesté contre l'ordre d'arrêt, il s'exprimait comme toi?

Lorsque l'auteur du journal de marche de la 6. Panzer-Division écrit que "le 24 mai au lever du jour, à partir de la tête de pont déjà acquise, la division aurait pu mener l'offensive vers l'est de toutes ses forces, face à un ennemi inférieur", il considère sa division (qui a franchi la ligne des canaux le 23 mai et se trouve alors à dix bornes de Cassel malgré ses "contraintes logistiques") doit interrompre son avance?

Et Halder? Et Brauchitsch? Eux aussi, quand ils prescrivent de continuer l'offensive, quand ils gueulent contre l'ordre d'arrêt au point d'essayer de le torpiller en catimini, ils considèrent que l'avance devait stopper?



Chef Chaudart a écrit:Tu simplifies trop et tu n’as pas lu ce que j’ai dit plus haut.
Le 24 mai, Guderian est arrêté… par l’ordre de von Rundstedt du 23, pas le « Haltbefehl » ! Le 25, il a 2 divisions en face de lui.


Mais non, il n'a que des débris épars face à lui, saignés à blanc par la bataille de Gravelines qui s'est tenue le 24 mai. Une division française, la 68e D.I., censée se positionner dans le secteur, doit être acheminée de Belgique et n'a pas eu le temps de rappliquer entièrement, loin s'en faut.

Comme l'a écrit Jean Beaux, dans son Dunkerque, op. cit., pages 156-157:

Jean Beaux a écrit:[Du 24 au 26 mai] Il y a donc eu une période de quarante-huit heures pendant laquelle l'attaque des blindés a été en partie suspendue.

La décision a été très lourde de conséquences, car il est loisible de penser que, si le 25 au matin, la 1ère Panzer[-Division] avait attaqué une nouvelle fois sur Gravelines, le bataillon Cordier, malgré son héroïque résistance et le concours du G.R.C.A./18, très dilué, n'aurait pas pu contenir cette attaque. De son côté, la 68e D.I., encore en déplacement, arrivant de Belgique, n'aurait probablement pas pu arrêter l'attaque sur l'ancien canal de Mardyk. Si bien que les blindés de Guderian seraient arrivés dans la journée devant Dunkerque, qui n'était qu'à 18 kilomètres, ce qui aurait parachevé l'encerclement des armées du Nord et enlevé toutes chances d'évacuation.


Et Jean Beaux y était, lui. Il sait de quoi il parle. Un autre vétéran, Jacques Mordal, devenu historien, ne tient pas d'autre discours.

J'ajoute: Guderian n'a PAS suivi la recommandation de Von Rundstedt tendant à accorder une pause aux blindés. Il a lâché la 1. Panzer-Division à l'assaut de Gravelines, pour prendre Dunkerque. Tels étaient les ordres. S'il avait accordé une pause aux blindés, lesdits blindés n'auraient pas attaqué Gravelines le 24 mai.




Chef Chaudart a écrit:La question est donc : s’agit-il d’une erreur de VR, ou de Hitler ? Ce dernier pouvait-il faire autre chose le 24 que de demander un arrêt « sine die » si la « fenêtre » où les Alliés étaient vulnérables était refermée ? Ou était-il encore temps d’attaquer ?


Von Rundstedt, c'est: une pause des blindés d'une durée de 24 heures, nullement impérative, applicable à la seule journée du 24 mai, et pour recoller les blindés et l'infanterie. Une telle pause n'exclut nullement la reprise de l'avance, puisque pour Von Rundstedt, elle est censée la favoriser. Ladite pause n'a d'ailleurs été que très partiellement mise en oeuvre. Une division blindée en route vers Cassel a certes été clouée sur place à cause de cette directive, mais Von Kluge estimait que son avance pouvait largement reprendre. Une autre division blindée, en revanche, a roulé vers Gravelines et s'y est attaquée, le 24 mai.

Hitler, c'est: interdiction catégorique à toutes formations, blindés comme infanterie, de franchir une ligne précise, sine die. On passe d'une vague recommandation visant les seuls blindés pour une seule journée à un ordre du Führer qui paralyse tout.




Chef Chaudart a écrit:Avaient-ils prévu d’enfoncer également le front nord des Alliés pour faire leur jonction avec leurs copains de l’armée B ?


Voir plus bas. Et mes messages précédents...



Chef Chaudart a écrit:Ben, justement, si tu as lu ma prose, je n’ai pas trouvé ce point particulier abordé en profondeur, c’est pourquoi je pose la question. Tous les historiens se contentent d’indiquer que la prise ou l’investissement de Dunkerque était possible. Le 24 ? Encore le 25 ? Pensait-on côté Allemand, comme le dit Nicolas, que l’on pourrait facilement arrêter une contre-attaque en force des Alliés ?
Je n’ai rien trouvé à part des affirmations.


Allez, je vais me répéter pour la énième fois de la journée:

Comme cela a déjà été indiqué à plusieurs reprises par moi-même et d'autres contributeurs, il n'était même pas indispensable pour les Allemands de forcer le verrou (usé le 24 mai) de Gravelines puis de fondre sur Dunkerque. Il leur suffisait de contourner l'obstacle, de percer plus au sud, à Hazebrouck, de foncer sur Cassel, et de faire jonction avec le Groupe d'Armées de Von Bock, pour interdire aux forces alliées, engagées bien trop au sud, de remonter vers les ports de la Manche, dont Dunkerque. L'historien Hans-Adolf Jacobsen le confirme ("L'erreur du commandement allemand devant Dunkerque", op. cit., p. 71):

Hans-Adolf Jacobsen a écrit:Selon toute vraisemblance, les unités rapides allemandes, en continuant leur mouvement le 25 mai, se seraient emparées des hauteurs d'Hazebrouck, d'où elles n'étaient plus qu'à 42 km de Menin, occupée le 24 par le Groupe d'Armées B. On peut se demander si, dans ces conditions, toutes les forces ennemies rassemblées au sud de la Lys auraient réussi à gagner à temps les ports du Pas de Calais.


C'est d'ailleurs ce que le général Halder avait en tête au matin du 24 mai:

Dans son Journal, le 24 mai, Franz Halder a écrit:11 h. Le général Mieth est dépêché au sein de la 4. Armee pour communiquer les idées suivantes:

A) Rétablir la situation à Béthune. Une fois les hauteurs sécurisées, la poursuite de la ruée des blindées devrait être envisagée à travers la ligne Estaires - Cassel, sur Ypres, en vue de rejoindre le saillant creusé par la Sixième Armée à travers la Lys, en direction de Roulers.

B) Apporter de l'artillerie à longue portée pour la défense de la côte contre les bombardements navals ou toute tentative de débarquement des Britanniques. [...]


C'eût été consommer l'encerclement avant même de prendre Dunkerque. Cependant, on sait Hitler fera voler en éclats cette stratégie par son ordre d'arrêt. Le chef de la 4. Armee, Von Kluge, n'aura plus qu'à se lamenter, le 25 mai 1940: "Si j'en avais eu le droit, aujourd'hui les chars se trouveraient sur les hauteurs de Cassel" (cité dans Jacobsen, Dünkirchen, op. cit., p. 97, qui cite le KTB de la 4.Armee, entrée du 25 mai 1940).

DONC, à supposer même, pour les besoins du raisonnement, ce qui n'est pas le cas, que Dunkerque ne pouvait être prise le 25 mai (malgré ce qu'en ont dit des historiens ayant bossé le sujet, ce qui comprend des vétérans français de la bataille), et qu'elle ne puisse être tenue en cas de contre-attaque alliée, IL N'EN DEMEURE PAS MOINS QUE LES PANZER POUVAIENT PERCER PLUS AU SUD ET FAIRE JONCTION AVEC L'INFANTERIE DE VON BOCK, REALISANT DE LA SORTE L'ENCERCLEMENT TANT ATTENDU.
Dernière édition par Nicolas Bernard le 17 Aoû 2017, 17:25, édité 2 fois.
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Re: LE HALTBEFEHL (suite)

Message Post Numéro: 655  Message de Chef Chaudart  Message 17 Aoû 2017, 17:24

Nicolas Bernard a écrit:Les mesures prises par l'O.K.H. te paraissent-elles insuffisantes? Dans l'affirmative, pourrais-tu développer?

Je n’ai pas à juger des mesures prises, bon sang ! Je répète : je répondais à Soxton qui demandait s’il y avait eu un ordre semblable en juin. Donc, oui, il y en aurait eu un à cause de cette limite empirique si l'armistice n'avait pas été signé ! Je suis bien incapable de dire si cette limite est atteinte le 23 mai, et je ne l’ai jamais prétendu ! C’est comme une voiture : quand on roule, il arrivera un moment où le réservoir sera vide. Le seul moyen d’y remédier c’est de faire une pause à une station pour faire le plein. Et il n’y a pas d’autre « mesures » à prendre que celle de prévoir cet arrêt ou d'arriver à destination avant la panne sèche.
Nicolas Bernard a écrit:
Chef Chaudart a écrit:C’est discutable : comme je l’ai dit, VR marche sur des œufs. Il ne peut pas désobéir carrément, même s’il n’est pas d’accord. Ou alors j'ai pas tout compris.


Von Rundstedt "marche sur des oeufs"? Vis-à-vis de qui?

Ca me semblait évident : ses chefs à l’OKH.

Chef Chaudart a écrit:Un peu facile de décrédibiliser ces généraux, Keitel, un Laquais. Goering et von Rundstedt des beni oui-oui aux ordres du Führer. Jeshonneck et Milch des imbéciles... On en a discuté en long et en large dans ces messages. Le fait est que, contrairement à ce que tu as affirmé ainsi que François et quelles qu’en soient les raisons, ce n’est pas TOUS les généraux qui sont contre l’ordre d’arrêt.

Merci pour les infos sur Milch. ça précise les choses
Mais j’insiste : pas TOUS les généraux, quelles qu’en soient les raisons ! Et n’y aurait-il que von Rundstedt à penser le contraire des autres que cela ne changerait rien à l’affaire : il peut parfaitement être le seul à redouter une contre-attaque et à en convaincre un Hitler déjà échaudé. Et quand bien même il aurait tort : l’erreur est humaine et vR n’échappe pas à la règle.


 

Re: LE HALTBEFEHL (suite)

Message Post Numéro: 656  Message de Chef Chaudart  Message 17 Aoû 2017, 17:38

Nicolas Bernard a écrit:
Chef Chaudart a écrit:Tu simplifies trop et tu n’as pas lu ce que j’ai dit plus haut.
Le 24 mai, Guderian est arrêté… par l’ordre de von Rundstedt du 23, pas le « Haltbefehl » ! Le 25, il a 2 divisions en face de lui.


Mais non, il n'a que des débris épars face à lui, saignés à blanc par la bataille de Gravelines qui s'est tenue le 24 mai. Une division française, la 68e D.I., censée se positionner dans le secteur, doit être acheminée de Belgique et n'a pas eu le temps de rappliquer entièrement, loin s'en faut.

DONC, à supposer même, pour les besoins du raisonnement, ce qui n'est pas le cas, que Dunkerque ne pouvait être prise le 25 mai (malgré ce qu'en ont dit des historiens ayant bossé le sujet, ce qui comprend des vétérans français de la bataille), et qu'elle ne puisse être tenue en cas de contre-attaque alliée, IL N'EN DEMEURE PAS MOINS QUE LES PANZER POUVAIENT PERCER PLUS AU SUD ET FAIRE JONCTION AVEC L'INFANTERIE DE VON BOCK, REALISANT DE LA SORTE L'ENCERCLEMENT TANT ATTENDU.


Ce n’est pas ce qu’il y a sur la carte du 25 mai disponible sur ATF40 http://www.atf40.fr/atf40/ :
J’y vois de Béthune à Bergues les 2ème, 44ème et 48ème DI. On nous aurait menti ?


 

Re: LE HALTBEFEHL (suite)

Message Post Numéro: 657  Message de Nicolas Bernard  Message 17 Aoû 2017, 17:39

Chef Chaudart a écrit:Je n’ai pas à juger des mesures prises, bon sang ! Je répète : je répondais à Soxton qui demandait s’il y avait eu un ordre semblable en juin. Donc, oui, il y en aurait eu un à cause de cette limite empirique si l'armistice n'avait pas été signé ! Je suis bien incapable de dire si cette limite est atteinte le 23 mai, et je ne l’ai jamais prétendu ! C’est comme une voiture : quand on roule, il arrivera un moment où le réservoir sera vide. Le seul moyen d’y remédier c’est de faire une pause à une station pour faire le plein. Et il n’y a pas d’autre « mesures » à prendre que celle de prévoir cet arrêt ou d'arriver à destination avant la panne sèche.


Le 23 mai, les Panzer n'étaient pas à bout de souffle. J'ai montré pourquoi, documents à l'appui, et n'y reviendrai pas.




Chef Chaudart a écrit:Ca me semblait évident : ses chefs à l’OKH.


Et pas Hitler? Lequel, jusqu'au 24 mai, lui expédie occasionnellement "Lakaitel" pour faire passer ses messages?




Chef Chaudart a écrit:Merci pour les infos sur Milch. ça précise les choses


No problemo. Pas de commentaire, sur l'aveu de Jeschonnek?



Chef Chaudart a écrit:Mais j’insiste : pas TOUS les généraux, quelles qu’en soient les raisons ! Et n’y aurait-il que von Rundstedt à penser le contraire des autres que cela ne changerait rien à l’affaire : il peut parfaitement être le seul à redouter une contre-attaque et à en convaincre un Hitler déjà échaudé. Et quand bien même il aurait tort : l’erreur est humaine et vR n’échappe pas à la règle.


Von Rundstedt ne convainc pas Hitler de quoi que ce soit:

1/ Les 23 et 24 mai, il n'avait en tête qu'une pause des blindés limitée à 24 heures, pour recoller Panzer et infanterie (selon les secteurs, à l'évidence), et permettre à l'offensive de repartir de plus belle. Sa recommandation, formulée le 23 mai et très vaguement suivie d'effet, n'a rien, mais alors rien de commun avec le Haltbefehl de Hitler. Elle s'inscrit dans une stratégie offensive, et témoigne de quelque prudence, d'ailleurs injustifiée le 24 mai. Von Rundstedt, d'ailleurs, plaidera le 26 mai en faveur d'une reprise de l'offensive, après s'être acharné à cautionner l'ordre de Hitler les 24 et 25 mai...

2/ Quant à Hitler, rien, absolument rien n'indique qu'il redoutait une contre-attaque alliée le 23 ou le 24 mai. Il déclarera redouter les marécages flamands (un argument particulièrement débile, qu'il réfutera lui-même le 26 mai en levant son ordre d'arrêt), vouloir épargner ses forces pour de futures opérations (argument aussi débile que le précédent, et pour les mêmes raisons), ou ne pas restreindre les possibilités d'action de la Luftwaffe, laquelle, alors qu'elle a subi, elle aussi, une réelle usure, se trouve chargée de détruire la poche, d'empêcher l'évacuation des forces alliées, et de consolider les positions allemandes sur la Somme - rien que ça! - mais ne parlera jamais d'un risque de contre-offensive alliée.
Dernière édition par Nicolas Bernard le 17 Aoû 2017, 17:53, édité 1 fois.
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Re: LE HALTBEFEHL (suite)

Message Post Numéro: 658  Message de Nicolas Bernard  Message 17 Aoû 2017, 17:50

Chef Chaudart a écrit:Ce n’est pas ce qu’il y a sur la carte du 25 mai disponible sur ATF40 http://www.atf40.fr/atf40/ :
J’y vois de Béthune à Bergues les 2ème, 44ème et 48ème DI. On nous aurait menti ?


Je n'ai pas accès à la carte. En toute hypothèse,

- Je causais aussi de Gravelines, bien plus au nord.

- Hazebrouck, le 24 mai, n'est tenu que par des détachements épars britanniques et français, pourvus d'à peine quelques pièces d'artillerie. Ils auraient été balayés si les Panzer n'avaient pas été retenus. Une patrouille de blindés va même causer un sacré bordel à Hazebrouck, ce jour là - mais ils n'iront pas plus loin, ni ne seront renforcés. Comme le dira Kluge le 25 mai, ses tanks se seraient retrouvés sur les hauteurs de Cassel si on l'avait laissé faire.

- Les divisions que tu mentionnes sont loin d'occuper toutes leurs positions, et à plus forte raison de s'y être solidement retranchées, le matin du 25 mai.
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Re: LE HALTBEFEHL (suite)

Message Post Numéro: 659  Message de François Delpla  Message 17 Aoû 2017, 18:47

Nicolas Bernard a écrit:
Les 23 et 24 mai, il [Rundstedt] n'avait en tête qu'une pause des blindés limitée à 24 heures, pour recoller Panzer et infanterie (selon les secteurs, à l'évidence), et permettre à l'offensive de repartir de plus belle. Sa recommandation, formulée le 23 mai et très vaguement suivie d'effet, n'a rien, mais alors rien de commun avec le Haltbefehl de Hitler.




Il est d'autant plus important de le rappeler que l'affirmation d'Ellis suivant laquelle "Hitler n'a pas arrêté les blindés car Rundstedt l'avait fait la veille", bien que démentie quelques années plus tard par Jacobsen, continue de faire florès... notamment sur ce forum !

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Re: LE HALTBEFEHL (suite)

Message Post Numéro: 660  Message de kfranc01  Message 17 Aoû 2017, 18:49

Bonjour à tous ! :cheers:

Certains se demandent s'il y a parmi les historiens des militaires... ce qui me fait un peu réagir ! Oui, il y en a. Tient Marc Bloch par exemple ! :o

Je ne suis pas historien, mais je suis passé par les écoles militaires... bon d'accord j'ai servi sous l'eau et pas sur terre... toutefois j'ai a mon début de carrière travaillé sur la conception du Leclerc et j'ai un grand tonton général de brigade blindé qui m'a briefé à cette époque... je maitrise un peu le sujet donc ... ;) Il y a un point sur lequel je peux apporter ma modeste pierre à ce fil, sans risque de vous induire en erreur.

Il me semble qu'il y a un point technique important à comprendre pour analyser le Haltbefehl, au moins pour ses premières 24h, quand on parle d’essouflement et d'indisponibilité du matériel. C'est la maintenance lourde que requière un blindé - surtout à cette époque. :starwars1:

Bon, grosso modo, l'intervalle de temps entre deux opérations de maintenance lourde c'est 200km ou 8j ou 80h-100h.. Cela dépend du blindé évidemment, mais en fait peu de progrès sont faits en la matière (un Leclerc par exemple, c'est guère plus que 200h). Selon le blindé, il faut 4h à 6h de boulot pour faire cette opération. Bon me direz vous, allez quand on tient une occasion, on saute une vidange et puis voilà! Et bien cela, c'est un raisonnement de littéraire, mais pas celui d'un ingénieur mécanicien, et surtout pas celui d'un commandant opérationnel qui connait bien son matériel. :roll:

Pourquoi? Parce que l'usure et les pannes provoquées par un défaut d'entretien n'est pas linéaire avec le temps. La loi régissant la dégradation d'un mécanisme quelconque passe par quatre étapes: le rodage, l’usure dite normale qui est une fonction linéaire du temps puis le vieillissement rapide, enfin la ruine qui est très souvent, brutale et instantanée. L'augmentation des coefficients de friction liée à la perte de viscosité d'une huile périmée, de l'accumulation de la saleté et des débris, provoquent le basculement d'une usure normale ou maitrisée à un vieillissement accéléré, régit lui par une loi asymptotique, et la casse arrive extrêmement vite. Une huile périmée, qui a passé l'état de cokéfaction et a perdu ses savons, c'est la casse moteur assuré en 20 - 30 min. :shock:

Un petit topo des principales opérations lourdes, histoire de faire prendre conscience de la lourdeur des opérations sur un tank: :mrgreen:

Moteur : si non fait, risque rapide de casses, les engins allemands étant par ailleurs souvent sous-motorisé, les moteurs sont fragiles
- Vidange moteur et boites de vitesses/réducteur
- Nettoyage et huilage des organes moteur sensibles (bieilette, régulateur, magnéto, ressorts, palier des pompes, palier des ventilos, ect...)
- Suiffage ou graphitage des soupapes pour les moteurs les plus anciens. Pétrolage pour les moteurs à essence. Nettoyage carburateurs.
- Vidange graisse usée sur roulement à billes et graissage
- Graissage sur embrayages primaires et secondaires

Chenilles: si non fait, risque de déraillement bien plus fréquent que l'on ne pense
- Nettoyage, débourrage, graissage chenille (en général, avec les huiles de vidange)
- Entretien du train de roulement et des galets, graissage paliers
- Vérification maillons de patins
- Nettoyage soigneux des couronnes dentées et vérification des dents
- Tension de la chenille

Armes: si non fait, enrayage voir déformation irréversible - un char sans arme opérationnel ne sert pas à grand chose
- Nettoyage du tube canon
- Nettoyage des tubes mitrailleuses, remplacement tous les 500 coups (sur le papier 3000 coups.... mais pas dans la vraie vie de combat... sauf quand il y a pénurie de tube...)
- Nettoyage des optiques de vision et des optiques de visée

Accessoirement, j'ajoute nettoyage du sang des blessés et morts dans l'engin; qui est une tâche fréquente mais ingrate et difficile, nécessaire au maintien du moral des équipages... :|

Il est clairement établi, et là, j'ai des rapports de l'intelligence service US qui le prouve (interrogations des prisonniers), que les Allemands respectaient à la lettre les consignes, et n'admettaient pas la moindre dérogation à la règle technique. Ceci afin de ne pas perdre bêtement un engin en cours de combat pour défaillance matos.... 8)

Quand Von Rundstedt évoque le besoin d'une pause pour souffler, il me semble certain qu'il a cette préoccupation. Peut-il se permettre de se lancer contre une force qui reste redoutable, acculée au combat désespéré car elle n'aura plus le choix de fuir, avec des blindés qui seront hors jeux dès le début de l'action pour manque d'entretien? C'est un général raisonnable, qui prend des risques calculés, et non irréfléchis. Il doit donc impérativement avant de lancer l'assaut final, faire ses actions de mise en condition du matos. Sinon, il prend le risque de les perdre en cours de route, et à une vitesse foudroyante. A mes yeux, ce n'est pas le matos déjà HS ou nécessitant des petites réparations. L'enjeu, c'est bien de maintenir le potentiel du matos restant, sinon gare à la paralysie par épidémie de pannes simultanées ! :rire:

Vous pouvez me faire confiance, cela ne pardonne pas d'oublier les règles de la mécanique! :cheers:

Bon, j'ai un avion à prendre ! Cordialement ! ::ok je sors::
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