François Delpla a écrit:@ Marduk : je ne convaincs pas les historiens, la belle affaire ! Outre que c'est là un énième argument d'autorité
(si tous leurs congénères antérieurs avaient prévalu, nous errerions toujours
vêtus de peux de bêtes,
Echevelés, livides au milieu des tempêtes...),
quels historiens ?
Le Htbf n'en a jamais eu que quatre : Ellis, Jacobsen, Costello et moi-même. Je ne compte pas Vanwelkenhuyzen, qui de son propre aveu ne fait que décalquer les deux premiers -en passant vite sur leurs contradictions, ni Frieser, qui se disqualifie en ignorant l'avancée de Costello.
L'excellent Philippe Masson, par exemple, qui aimait mon approche générale de la SGM au point de préfacer un de mes livres, n'a jamais travaillé personnellement le sujet; il est resté tributaire de Jacobsen.
Sur un tel sujet, la distinction entre historiens et journalistes devient floue. Un journaliste qui se concentre avec talent sur une question et la traite en faisant le tour des sources, tout en en trouvant de nouvelles, devient son historien (cas de Jacques Gelin, par exemple, sur l'arrestation de Caluire).
commandes.
Vanwelkenhuyzen avant de démonter l’explication de Costello ( et les hypothèses diplomatiques ) passe 138 pages à établir les faits.
Quant à Frieser je ne vois pas en quoi il serait disqualifié au motif qu’il ne tient pas compte de Costello à partir du moment où le texte fondateur de votre explication précise «
si l’armée allemande parvenait à s’emparer de la côte belge et de Calais, le Führer ferait une proposition de paix » et donc que le 24 mai l’armée allemande ne s’est emparée ni de Calais ni de la côte belge et surtout qu’aucune proposition de paix n’est effectuée le 24 ou le 25 ou le 26 : où est le lien entre ce texte et l'arrêt ?
En fait Frieser commence son chapitre sur Dunkerque en affirmant que c’est Rundstedt qui a arrêté les blindés et non Hitler
François Delpla a écrit:Quant à Jean Lopez, il fuit tout simplement la question, de la plus classique manière : il pose en principe que l'explication est militaire, en se réclamant de deux historiens, et croit démontrer ainsi qu'elle ne saurait être diplomatique, moyennant quoi il se dispense d'examiner d'autres thèses une micro-seconde.
commandes.
Lopez écrit juste une explication qui lui semble fondée.
Si votre explication diplomatique ne l’a pas convaincu, vous ne pouvez vous en prendre qu’à vous même ou lui écrire.
Par ailleurs je ne me souviens pas qu’il revendique dans ce court article faire un relevé de l’ensemble des explications.
Bref à part le fait que Lopez ne reprenne pas vos arguments, je ne vois pas ce qui vous gêne dans son article ?
François Delpla a écrit:Quant à votre affirmation que Hitler aurait troqué vers 1937 l'ennemi russe pour l'ennemi anglais, elle ne repose absolument sur rien, sinon quelques textes nullement replacés dans leur contexte. Et surtout, elle contredit la très grande fixité dont fait preuve le nazisme, du moins sur ses principes de base dont la recherche de "l'alliance aryenne" est l'un des piliers principaux, avec l'écrasement de la France.
Une entreprise contradictoire et délicate, requérant un doigté infini dans le tempo, et profondément déstabilisée par l'arrivée de Churchill aux commandes.
Je n’affirme pas que Hitler aurait troqué l’URSS par la Grande Bretagne : je dis juste qu’il a acté à un moment ( en 1937 ou 1938 au plus tard ) qu’il avait échoué créer une alliance aryenne et qu’il s’est résolu à traiter la Grande Bretagne en ennemie
Il a donc acté qu’avant de régler son compte à l’URSS il aurait à affronter la Grande Bretagne ET la France au lieu de la seule France.
Je ne m’appuie pas sur quelques textes décontextualisés ( c’est votre approche que vous décrivez là ) mais sur les choix stratégiques effectifs ( directives OKW, productions militaires effectives ...)
Sinon comment expliquez-vous :
- que Hitler se résolve ( en 1938 au plus tard ) à créer une flotte de haute mer après avoir écrit qu’une telle flotte avait scellé l’hostilité de la Grande Bretagne envers l'Allemagne
- que Hitler ordonne ( un exemple parmi d’autre ) en juillet 1941 de réserver la production de blindés neufs et de pièces détachées aux divisions blindées destinées à détruire l’empire britannique au Moyen Orient plutôt qu’aux divisions engagées contre la Russie soviétique
- etc etc