Je me trompe peut-être, mais çà semble "puer" le gros pélot, genre 8,8 cm, tiré soit par un canon antichar
8,8 cm Pak 43,
43/41 ou un canon de
Tiger II.
"L'obus de rupture" allemand
8,8 cm Panzergranat 39/1, un pélot antichar muni d'une charge explosive additionnelle, pesait 6,8 kg, et perçait 104 mm de blindage incliné à 30° par rapport à la vertical à 500 m ( 120 mm à 100 m). Ces munitions étaient munies d'une fusée à impact à délai court et fixe ( 1, 25
ème, en 1939, puis, ultérieurement, 1/10ème de seconde), afin de détoner dans l'habitacle après avoir transpercé le blindage. A courte distance, par exemple 500 m, la vitesse du pélot était très proche de sa Vo (vitesse initiale à la sortie du tube, 770 m/s); or, même, sur la base d'une vitesse d'impact de 700 m/s, un délai de 1/10ème de seconde représentait une "course de 7 m" avant le déclenchement de la fusée initiée à l'impact.
Maintenant, si on se réfère à un Sherman M4A2 - ce qui semble être le cas, Daniel me corrigera - , l'épaisseur de son blindage latéral (non incliné!) était de 38 mm, tandis que sa largeur de caisse n'était, elle-même, que de 2,62 m! Certes, ce n'était pas un cas très fréquent, mais, vu le cliché, le perforant avait, alors, traversé de part en part le blindé, avant d'aller détoner "à l'extérieur" sur le côté opposé!
Cà signifie, également, que, entre les deux parois blindées transpercées du Sherman, le pélot n'avait pas, non plus, rencontré d'obstacle "solide", qui aurait nécessairement ralenti sa course et, dès lors, "entrainé" le déclenchement de la fusée et la détonation de l'obus!
Là, d'une certaine manière (volontaire ou non!), on en revient au principe "
du tout ou rien", initié, entre autres, par la Royal Navy (mais pas que!), dès la fin du XIXème siècle, à bord de ses navires de ligne, qui, notamment, pour des raisons de poids, avait privilégié le cuirassement des seules zones "vitales" - locaux des machineries, des munitions, les tourelles, postes de tir et le blockhaus ou "Château" (
Conning Tower) - les autres zones, au-dessus de la flottaison, n'étant que faiblement cuirassées, voire pas du tout, dans les deux plans (horizontal et vertical). Solution technique, qui avait, alors, été adoptée, alors, par toutes les marines!
Rien que lors des combats navals de "14-18", il existe une tripotée de cas, où les pélots de rupture de gros calibres n'avaient fait que transpercer "de part en part" des compartiments non ou très faiblement blindés. Cela dit, un pélot de 400/500 kg , même à +/- 500 m/s, sans pour autant détoner (faute de résistance suffisante), faisait néanmoins du dégât sur les "
cibles molles" durant sa trajectoire!
Après, concernant, durant la Seconde Guerre Mondiale, les dégâts mécaniques et humains enregistrés suite à des tirs de pièces ou de munitions antichars, çà se complique "très sérieusement"! A ce seul sujet, il n'existe, en gros, côté Alliés, qu'une seule étude très fouillée, publiée bien après-guerre, en mars 1951 (!), sous le titre "
Survey of Allied Tank Casualties in World War II"... dont je n'avais pu prendre connaissance que par le biais du boulot de recherches effectué par Daniel (Dog Red)

...
ORO-T-117_Allied_Tank_Casualties_WW2...
lien de téléchargement...
http://www.digitalhistoryarchive.com/up ... n_wwii.pdfIl y a aussi un domaine qu'il convient de ne pas oublier, les munitions antichars n'avaient été, elles-mêmes, que des développements "terrestres" des munitions "perforantes" utilisées par la Marine!
