Connexion  •  M’enregistrer

LE HALTBEFEHL (suite)

Cette rubrique renferme tout ce qui concerne le front ouest du conflit, y compris la bataille des Ardennes ainsi que les sujets communs à tous les fronts tels, les enfants et les femmes dans la guerre, les services secrets, espionnage...

Re: LE HALTBEFEHL (suite)

Nouveau message Post Numéro: 631  Nouveau message de Soxton  Nouveau message 17 Aoû 2017, 00:53

Je vais évoquer rapidement les mémoires de R. Nordling.

Raoul Nordling, Sauver Paris : Mémoires du consul de Suède (1905-1944), éditions Complexe, 2002.

Nordling est consul de Suède à Paris. Surpris par l'ouverture des hostilités le 10 mai, il a dû faire escale à Berlin. Le lendemain il reçoit la visite de l’ingénieur Dahlerus qui lui annonce que le maréchal Göring souhaite le voir. Cette annonce est imprévue mais Nordling ne refuse pas la proposition. Les faits sont relatés ainsi dans les mémoires du consul :

Je n’avais pas vu Göring. Mais le lendemain [12 mai], Dahlerus m’apporta un message de sa part : il me remerciait de mon obligeance et comprenait fort bien qu’à l’heure présente il n’y avait aucune chance de décider les Français à engager des négociations séparées. Les conditions de l’Allemagne ne comportaient aucune clause déraisonnable. La France garderait ses frontières, sauf peut-être l’Alsace-Lorraine. Les colonies feraient l’objet de négociations ultérieures. A la suite de cette paix séparée s’ouvrirait l’ère d’une collaboration économique intime entre l’Allemagne et la France.

Mais les événements avaient été si vite, poursuivait le message du maréchal, que ces conditions ne présentaient déjà plus d’intérêt à l’heure actuelle. Göring comptait être à Calais dans onze jours et il entamerait alors des négociations directes avec la France, sur des bases plus sévères. Il terminait en disant que l’Allemagne possédait trente mille avions, et la France pas un seul : l’issue du conflit était assurée.



Qu'en pense l'historien François Kersaudy ?
Dans "Herman Goering" publié en 2009 la scène est racontée ainsi :

Au soir du 11 mai, il [Nordling] se voit proposer par son compatriote Dahlerus de rencontrer le maréchal Goering, qui désire discuter avec lui de la « possibilité d'un armistice avec la France ». Nordling, quelque peu interloqué, finit par accepter, mais l'invitation de Goering ne viendra jamais. A-t-il entre temps consulté Hitler, qui a naturellement rejeté une telle idée ? S'agissait-il seulement d'une lubie passagère du maréchal, rapidement dissipée par l'euphorie des victoires ? Toujours est-il que le consul Nordling racontera la suite en ces termes : <texte>


 

Re: LE HALTBEFEHL (suite)

Nouveau message Post Numéro: 632  Nouveau message de Soxton  Nouveau message 17 Aoû 2017, 01:16

[600] François Delpla a écrit:Hitler stoppe dans l'éventualité où l'offre faite le 6 mai via Dahlerus aurait besoin de quelques jours supplémentaires pour faire son effet sur une Angleterre cornaquée depuis le 10 par le "Juif" Churchill. Les raisonnables lui ont confié inconsidérément le gouvernail, ils peuvent se reprendre et le lui reprendre. Ou Churchill lui-même peut avoir un accès de réalisme. Mais cela peut ne pas marcher, donc l'arrêt est bref, furtif, habillé de raisons militaires de bric et de broc et l'écrasement complet de la France peut s'avérer indispensable pour obtenir cet effet de "réalisme" sur les bords de la Tamise. Un tel positionnement est évidemment incompatible avec le fait de mettre les pieds dans le plat et de les agiter, en rappelant l'offre de paix et en disant explicitement qu'on suspend l'offensive pour laisser un temps de réflexion. Ce serait offrir à Churchill une trop belle occasion de clamer que l'Allemagne a peur et que ce n'est pas le moment de lui céder.
(...)
Bien sûr que l'occupation de la France jusqu'à Bayonne est plus créatrice de désespoir pour Londres que la percée de Sedan ! Mais la situation n'est pas simple : un mois de plus, c'est aussi un mois permettant à Roosevelt d'inquiéter ses concitoyens, à Churchill de compléter sa mainmise sur l'exécutif, à l'idée d'une résistance dans l'empire de mûrir en France...


Cela suppose qu'Adolf Hitler soit assez naïf pour croire qu'il est nécessaire de ménager la "british expeditionary force" si l'on veut inciter le gouvernement britannique à envisager des pourparlers de paix. C'est un ontre-sens. Comme François Kersaudy je suis persuadé qu'Hitler aurait intensifié les combats contre le corps expéditionnaire s'il avait espéré un fléchissement du gouvernement britannique.



Un tel positionnement est évidemment incompatible avec le fait de mettre les pieds dans le plat et de les agiter, en rappelant l'offre de paix et en disant explicitement qu'on suspend l'offensive pour laisser un temps de réflexion. Ce serait offrir à Churchill une trop belle occasion de clamer que l'Allemagne a peur et que ce n'est pas le moment de lui céder.


Dans ces conditions il est préférable pour Hitler d'abandonner le projet que vous décrivez dans "La ruse nazie" et que vous résumez sur le forum, si tant est qu'il a eu un tel projet en tête (c'est peu probable).



Bien sûr que l'occupation de la France jusqu'à Bayonne est plus créatrice de désespoir pour Londres que la percée de Sedan ! Mais la situation n'est pas simple : un mois de plus, c'est aussi un mois permettant à Roosevelt d'inquiéter ses concitoyens, à Churchill de compléter sa mainmise sur l'exécutif, à l'idée d'une résistance dans l'empire de mûrir en France...


Vous refusez de comprendre que Hitler doit impérativement prendre des risques. Il doit accepter les trois risques :
- Roosevelt inquiète ses concitoyens
- Churchill complète sa mainmise sur l'exécutif
- les ministres en France s'interrogent sur l'opportunité d'une poursuite de la lutte dans l'Empire

Quelle est l'alternative qui s'offre à Hitler ? Certainement aucune puisque tu concèdes qu'il ne peut pas se permettre de rappeler l'offre de paix ! Dans ces conditions Hitler est assez perspicace pour comprendre que les deux jours de réflexion ne seront pas suffisant (à moins qu'il ne soit follement optimiste sur la célérité de lord Halifax).
Et c'est toi même François qui considère qu'aucun des cinq membres du "war cabinet", hormis Halfax, n'a eu connaissance du message de Dahlerus.



Hitler stoppe dans l'éventualité où l'offre faite le 6 mai via Dahlerus aurait besoin de quelques jours supplémentaires pour faire son effet sur une Angleterre cornaquée depuis le 10 par le "Juif" Churchill. Les raisonnables lui ont confié inconsidérément le gouvernail, ils peuvent se reprendre et le lui reprendre. Ou Churchill lui-même peut avoir un accès de réalisme. Mais cela peut ne pas marcher, donc l'arrêt est bref, furtif, habillé de raisons militaires de bric et de broc


Alors l'arrêt est tellement bref que Hitler prend le risque de saboter la manœuvre diplomatique qu'il a lui même conçu ? La courte durée du haltbefehl ne laisse pas beaucoup de temps à Halifax.
En supposant qu'Hitler soit assez confiant dans la force de persuasion de lord Halifax au sein du "war cabinet", pourquoi prendre le risque de saboter les efforts du ministre anglais ?


 

Re: LE HALTBEFEHL (suite)

Nouveau message Post Numéro: 633  Nouveau message de Soxton  Nouveau message 17 Aoû 2017, 01:48

Si l'on admet que l'opération Dynamo avait peu de chance d'être maintenue dans l'éventualité où les forces motorisées n'avaient pas reçu l'ordre de rester le long du canal Aa, et si l'on admet que la capture ou la destruction du corps expéditionnaire aurait facilité un éventuel fléchissement de la volonté du gouvernement britannique de poursuivre la lutte, alors le haltbefehl a considérablement réduit les chances de lord Halifax de convaincre le "war cabinet" que le moment était venu d'envisager des négociations.

J'entends l'objection qui me sera faite : Halifax aurait peut-être échoué même si le corps expéditionnaire avait été anéanti. Voila une hypothèse que l'on ne doit pas écarter ! Mais peut importe car ce n'est pas mon propos. Une chose est certaine : la probabilité de l'ouverture des négociations, loin d'être augmentée par la perspective d'évacuer une partie importante du corps expéditionnaire, était diminuée. Et c'est cela qui importe ici !

Comme François Kersaudy, je ne crois pas un seul instant qu'AH se soit bercé d'illusions à ce sujet. La naïveté d'AH n'est pas avérée.


 

Re: LE HALTBEFEHL (suite)

Nouveau message Post Numéro: 634  Nouveau message de Soxton  Nouveau message 17 Aoû 2017, 02:17

[605] Chef Chaudart a écrit:Une mention, quand même : Von Rundstedt pouvait parfaitement avoir en tête le "Haltbefehl". A son niveau de responsabilité, il n'a aucune autorité pour remettre en cause la stratégie de l'OKH. Le 23 il freine ses troupes, au prétexte qu’une pause leur est nécessaire, ce qui est, effectivement, de sa responsabilité. Il ne peut pas aller plus loin sous peine d’être accusé de désobéir aux ordres (de fait, déjà ça lui vaut d’être jugé trop timoré et d’être relevé de son commandement). Mais c’est aussi un moyen de trainer les pieds et d'indiquer indirectement qu'il n'est pas aussi optimiste sur la situation générale que Halder et Brauchitsch.

Message entendu par Hitler, qui arrive le lendemain avec l'idée qui lui trotte par la tête que de continuer l'attaque serait risqué et pourrait remettre en cause la victoire qui se profile. Une inquiétude qui ne le quitte pas depuis que les Panzer ont percé à Sedan, si l’on en croit Frieser. Le Führer se pique de stratégie et de tactique, mais n'est pas un militaire: il ne peut encore affirmer sa volonté contre tous les soldats de métiers sans arguments probants, ordonner un changement complet de stratégie sans un avis éclairé pour l'appuyer.

Lors de leur rencontre, VR fait part de ses craintes au Fuhrer (et une heure suffisent largement: on le résume ici en quelques lignes). Il peut avoir dépassé largement le cadre de son niveau de responsabilité en remettant en cause la stratégie de l’OKH et pas seulement en défendant son « ordre de recollement ». Et l’argument porte, Htiler « se réjouit des mesures du Groupe d'Armées, qui coïncident exactement avec ses pensées ».

Le Haltbefehl endossé par Hitler est tout bêtement la conjonction des idées convergentes des deux hommes… comme c’est d’ailleurs indiqué par ailleurs.



Excellente réflexion. Cela donne du grain à moudre pour la discussion. Mais vous n'avez pas indiqué si vous approuvez ou désapprouvez mon message numéro 533.


 

Re: LE HALTBEFEHL (suite)

Nouveau message Post Numéro: 635  Nouveau message de Soxton  Nouveau message 17 Aoû 2017, 02:34

[576] François Delpla a écrit:Les archives pertinentes pour expliquer notre arrêt aussi brusque que dictatorial sont celles qui rendent compte de l'état d'esprit des gens "en marche", fût-ce dans l'immobilité d'un bureau, au cours des heures précédentes. Celles qui iraient peut-être dans le sens d'une demande ou d'une intention d'arrêt ne sont pas surabondantes et nous les disséquons depuis longtemps.

D'autres documents produits ici en abondance aident à mieux cerner la marche et ses à-coups mais n'ont aucune pertinence pour expliquer un brusque serrage du mors par le grand chef. Ils rappellent l'histoire de l'homme qui cherche ses clés au pied du réverbère, non parce qu'il pense les avoir perdues là, mais parce qu'au moins, là, il y a de la lumière.


Il est vrai que les documents présentés par Alain Adam et Loïc Charpentier n'ont aucune pertinence pour expliquer « un brusque serrage du mors par le grand chef. »
Ni AA ni LC n'ont expliqué pourquoi le brusque et inattendu arrêt était "techniquement" nécessaire le 24 mai 1940, alors qu'il ne l'a jamais été en juin de la même année.


 

Re: LE HALTBEFEHL (suite)

Nouveau message Post Numéro: 636  Nouveau message de François Delpla  Nouveau message 17 Aoû 2017, 04:24

Soxton a écrit:Si l'on admet que l'opération Dynamo avait peu de chance d'être maintenue dans l'éventualité où les forces motorisées n'avaient pas reçu l'ordre de rester le long du canal Aa, et si l'on admet que la capture ou la destruction du corps expéditionnaire aurait facilité un éventuel fléchissement de la volonté du gouvernement britannique de poursuivre la lutte, alors le haltbefehl a considérablement réduit les chances de lord Halifax de convaincre le "war cabinet" que le moment était venu d'envisager des négociations.

J'entends l'objection qui me sera faite : Halifax aurait peut-être échoué même si le corps expéditionnaire avait été anéanti. Voila une hypothèse que l'on ne doit pas écarter ! Mais peut importe car ce n'est pas mon propos. Une chose est certaine : la probabilité de l'ouverture des négociations, loin d'être augmentée par la perspective d'évacuer une partie importante du corps expéditionnaire, était diminuée. Et c'est cela qui importe ici !

Comme François Kersaudy, je ne crois pas un seul instant qu'AH se soit bercé d'illusions à ce sujet. La naïveté d'AH n'est pas avérée.


La paix n'est pas la seule préoccupation, la suite compte aussi... sur mille ans !

Hitler ne compte probablement pas que le RU se précipite avec joie dans l'alliance aryenne. Du moins, pour que petit à petit elle se noue, il importe qu'il y ait eu le moins de frictions possible et que toutes puissent être attribuées rétrospectivement à la juive irresponsabilité churchillienne. Il ne faudrait pas que la paix résulte du simple besoin de souffler après s'être fait surprendre, ce qui créerait un besoin de revanche que les germanophiles anglais seraient longs à dissiper.

L'immense avantage de l'embarquement est qu'il permet enfin à l'Allemagne d'affronter la seule armée française. Pour l'image (et Hitler en est un gros utilisateur), c'est essentiel -et cela va être un ressort majeur de sa domination sur Vichy : un sentiment d'infériorité tel que la seule ambition raisonnable semble être une belle place de la France dans une Europe réorganisée par un Hitler mis en confiance.

Rappel : je donne tort à Liddell Hart pour avoir prétendu que l'arrêt était destiné à favoriser l'embarquement. C'en est une conséquence, non une motivation. Celle-ci réside tout entière dans la recherche d'une paix générale et prochaine.

vétéran
vétéran

 
Inscription: 22 Mai 2005, 18:07
Localisation: France 95
Région: Région du 95
Pays: FRANCE

Re: LE HALTBEFEHL (suite)

Nouveau message Post Numéro: 637  Nouveau message de François Delpla  Nouveau message 17 Aoû 2017, 04:47

alias marduk a écrit:
Nicolas Bernard a écrit:
alias marduk a écrit:Pour les craintes du HGr A :
Pour répondre à François qui demande un exposé de la thèse simple et clair : Mon hypothèse ( qui rejoint celle de Töppel ) attribue l’arrêt à Rundstedt qui a démontré des craintes à lâcher les rênes des blindés dès le départ de Manstein, ces craintes se cristallisent durant la période du 23 et du 24

- Dans l’après-midi du 23 mai ( vers 17 h ) : discussion entre Kluge et Rundstedt où ce dernier dit avoir craint une contre-attaque alliée

- Annexe 31 B du BTB du HGR A ( dans la nuit du 23 au 24 mai ) : Sodenstern trouve grave de se faire une idée trop optimiste de la situation ( cité dans Frieser « Le mythe de la guerre-éclair » )


Il faudrait toutefois ne pas négliger, ni omettre les éléments qui contredisent votre analyse.

Lors de son entretien vec Von Kluge, le 23 mai, Rundstedt demande à Von Kluge si la situation est tendue, ce dernier se fait très affirmatif ("Ce n'est aucunement le cas"), et Von Rundstedt fait part de son soulagement ("Il avait craint que l'ennemi ne porte un coup vers le sud, contre Valenciennes"), l'usage du plus-que-parfait ("habe befürchtet") révélant que, certes il s'inquiétait, mais que ce n'était plus le cas (à l'en croire).

Von Rundstedt et Von Kluge se bornent à convenir d'une "pause" des blindés pour 24 heures, le temps pour eux d'être rattrapés par l'infanterie. Un tel ordre n'interdit pas catégoriquement aux forces blindées d'aller de l'avant, et leur donne une certaine marge d'appréciation: si la 6. Panzer-Division se voit interdire de saisir Cassel, d'autres formations, elles, foncent et créent des têtes de pont sur la "ligne des canaux". La 1. Panzer-Division, notamment, avale les kilomètres par dizaines, ce 23 mai, et ramasse les prisonniers par milliers. Le 24, elle pourra donner l'assaut à Gravelines.

Von Rundstedt est soulagé, ses craintes se sont dissipées. De manière surprenante, le 23 mai au soir, plus précisément à 22 h, son chef d'état-major, le général Sodenstern, communique à la 4. Armee qu'il faut redouter de fortes tentatives de percée vers le sud. Mais le rapport journalier du Groupe d'Armées A pour la journée du 23 mai émis le 24 à 1 h 30 du matin ne fait état d'aucune préoccupation d'ordre militaire. Et, du reste, l'extrait du journal de marche du Groupe d'Armées A, le lendemain, s'ouvre sur un très laconique "Pendant la nuit, rien à signaler"...

Le matin du 24 mai 1940, la "crise d'Arras" est totalement surmontée, ce qui permet aux forces blindées teutonnes de remonter vers le nord-est et d'atteindre, non seulement l'Aa, mais le sud-ouest de Lens (hauteurs de Vimy) dans la soirée. Dans la matinée (à 9h41), Von Kluge indique à Von Rundstedt qu'il souhaite libérer un maximum d'unité mobiles pour conduire la bataille sur l'aile nord, vers Dunkerque-Cassel, donc, tout en faisant état d'un risque très relatif, celui d'une contre-attaque alliée dans le secteur d'Amiens, de laquelle il n'y a rien à redouter - et, de fait, comme le montrera la suite de la journée, il n'y aura rien à en redouter (il suffira de trois divisions pour la repousser, cf. journal de Von Bock). Dès lors, selon Von Kluge, la situation militaire n'est nullement dangereuse, et il faut foncer.

Rundstedt se borne, en réponse, à lui indiquer que "l'on devrait s'en tenir aux mesures prises la veille par la 4. Armee", ce qui suggère, non pas qu'il redoute quoi que ce soit pour ses flancs (sauf à tenir pour délirantes les informations délivrées par Von Kluge, ce qui est absurde), mais qu'il sait pertinemment que Hitler va prescrire une pause...

Peut-être que, dans la matinée du 24 mai, Von Rundstedt songeait toujours à une vague pause des blindés pour la journée, comme il en avait convenu avec Von Kluge. Mais ledit Von Kluge, entre-temps, avait manifestement changé d'idée, et plaidait pour une offensive ininterrompue.


Décidemment on ne devrait jamais dire jamais. :mrgreen:

Je n’ai cité que les documents faisant état d’une inquiétude dans les heures précédant l’ordre d’arrêt comme François me le demandait.

Je vous rappelle ( de mémoire ) que j’ai cité dans le fil de discussion 5 sources différentes attestant de la crainte d’un contre-attaque alliée et toutes contemporaines aux événements ( du 23 au 26 mai ) sauf pour le témoignage devant Bock qui est en date du 29 mai.

Par ailleurs le fait que ces motifs apparaissent avant le 24 mai démontre qu’il ne s’agit pas d’un « habillage » destiné à masquer un ordre d’arrêt imposé par Hitler le 24 mai au GA A ( une notion d’ailleurs totalement absente tant du KTB du HGr A que du journal de Jodl )

Pour le témoignage devant Von Bock 29 mai :
A Comment by Rundstedt in Charleville made it clear to me why the armored units near Dunkirk were not more active. Runsdsedt said :
“I was worried that Kleist’s weak forces would be overrun by the fleeing English”
En utilisant le terme “I was worried” Rundstedt revendique la décision, si Hitler avait pris ou imposé la décision il aurait utilisé « The fuehrer was worried….. »

Nicolas Bernard a écrit:
alias marduk a écrit:Pour la remontée et la prise en compte des difficultés logistiques vers/par le commandement du HGr A et Hitler ( ça n'est pas mon hypothèse ) :


Mais on sent qu'elle vous plaît bien, hein? Sachant que votre exposé peut rendre service à certains sur ce fil


Pas vraiment voir ma réponse n°606 qui répondait à ce que je pensais de cet argument.

Nicolas Bernard a écrit:
alias marduk a écrit:- Le 23 mai Klesit fait remonter un rapport ( enregistré le 23 mai annexe 29 dans le KTB du HGr A indiquant que « le groupe ( Gruppe Kleist ) n’a plus une force suffisante pour mener une attaque vers l’est contre un ennemi fort »


Et alors? Entre-temps, il ressortait de l'entretien téléphonique entre Von Rundstedt et Von Kluge, le matin du 24 mai, qu'il n'y avait rien de sérieux à craindre, que l'offensive devait continuer...

Et vous oubliez que Von Kluge et Von Rundstedt, dans l'après-midi du 23 mai, ont discuté de ce rapport. Or, Von Rundstedt est ressorti de l'entretien soulagé, sans inquiétude. Von Kluge avait dissipé ses craintes. Tout ce qui a été convenu, c'est d'accorder une pause de 24 heures aux forces blindées, ce qui n'a pas empêché ces dernières, dans la plupart des cas, d'aller de l'avant. Ni Von Kluge, le lendemain matin, d'enterrer cette idée.

A toutes fins: quant à Von Kleist, j'ai déjà montré qu'il n'était pas sincère (voir ici et , aux fins de rafler davantage de matériel à sa hiérarchie... Il a d'ailleurs vigoureusement protesté contre le Haltbefehl.



alias marduk a écrit:- Le 24 mai dans le KTB du HGr A, Hitler souligne qu’il est absolument nécessaire d’épargner les forces blindées pour les opérations à venir ( comprendre Rot )


Ce qui ne correspond pas à des préoccupations logistiques, mais au prétendu souci de Hitler quant à l'enlisement des Panzer dans les "marécages flamands"... Un souci qui, soit dit en passant, ne l'empêchera pas, le 26 mai, alors que l'ennemi s'est renforcé, de prescrire à ses chars de reprendre l'avance - au risque de les noyer dans lesdits "marécages". Preuve que cet argument n'était qu'un bobard de sa part.



alias marduk a écrit:- Giesler en octobre 1942 citant Hitler :Long drawn-out battles, with our own losses and the possible high breakdown of our tanks, were to be expected. For further necessary operations towards the West and South, into France proper, I could not sacrifice one tank.


1/ Je constate au passage que vous prenez donc au sérieux le témoignage de Giesler. Très bien, mais alors faudrait être cohérent: selon vous, Hitler ment à Giesler lorsqu'il mentionne le contexte diplomatique du Haltbefehl (de manière très laconique et allusive, faut-il le rappeler), et lui dit la vérité s'agissant de sa peur des contraintes logistiques? Pourquoi?

2/ En toute hypothèse, cet extrait flingue l'"ineptie logistique": Hitler parle de l'usure des chars à titre d'hypothèse, et au futur. Il ne fait nulle allusion aux problèmes logistiques rencontrés jusque là par les Panzer. A dire vrai, il n'a jamais - jamais - avancé une telle explication pour justifier le Haltbefehl.


Je ne répondais pas à la question de savoir si les troupes mobiles pouvaient prendre Dunkerque ce qui semblait être le sujet de la discussion que vous aviez avec d’autres interlocuteurs : je n’en sais strictement rien.

J’indiquais juste que l’usure des chars ( et des troupes mobiles ) avait été porté à la connaissance de Rundstedt et de Hitler et que cela pouvait être un motif secondaire ( à mon sens, voir supra ) dans la décision d’arrêter les opérations des troupes mobiles puisque celles-ci étaient nécessaires à la poursuite des opérations.

Je ne partage pas votre opinion comme quoi il faut voir dans les inquiétudes de Hitler le 24 mai ou en septembre 1942 portaient uniquement sur l’engagement dans les Flandres des blindés : il avait déjà en tête Rot et la nécessité de troupes blindées reposées et en bon état pour achever la France.

En ce qui concerne Giesler j’ai déjà donné 3 fois la réponse pour la partie politique : c’est en contradiction avec la directive n°13.

En ce qui concerne les sources : je privilégie les sources contemporaines au faits ( autant que possible bien sur compte tenu de la nécessité de l’existence de telles sources ) aux témoignages ultérieurs.

Je vais me répéter encore une fois mais le KTB du HGr A est suffisamment précis pour attribuer l’ordre d’arrêt aux idées exprimées par Rundstedt ( voir supra ) : chaque lecteur peut se rapporter à mon poste 606 et trancher de lui-même pour voir si le texte attribue ou non à Rundstedt la phrase correspondant à l’ordre d’arrêt
Ca tranchera la question de la paternité (car au final chacun est libre de sa lecture ).

Par contre ni dans le KTB du HGr A ni dans le journal de Jodl ne figurent la moindre indication qui pourrait être interprétée comme quoi Hitler a imposé au HGr A un ordre d’arrêt : c’est quand même gênant pour une thèse qui implique que Hitler a imposé un ordre d’arrêt au HGr A et c’est d’ailleurs pour ça que François a préféré dans son livre ( « La ruse nazie » pour ceux qui rejoignent le fil ) défendre l’idée d’une réunion préalable entre Hitler et Rundstedt entre 11h00 et 11h30 suivie d’un pièce de théâtre ( c’est l’image que j’ai de l’idée exprimée ) de ce dernier devant son état major pour abuser à la fois Jodl et Blumentritt.


Nicolas Bernard a écrit:
alias marduk a écrit:- Un point en préalable : Friser indique ( chapitre 8 page 317 ) que le motif de la venue de Hitler à Rundstedt est de discuter de l’engagement futur ( comprendre pour Rot ) de l’arme cuirassé


Frieser ne cite pas la moindre source sur ce point. Au demeurant, rien en l'état du dossier ne vient étayer pareille affirmation. Le fait est qu'en 2017, soixante-dix-sept ans après les faits, on ne sait ni quand, ni pour quelle raison officielle ou sur quel prétexte Hitler a décidé de rendre visite à Von Rundstedt le 24 mai 1940.


C’est aussi le cas ( l’absence totale de source ) de votre affirmation ( comme celle de François ) comme quoi Hitler attend une proposition des alliés au moment de l’ordre d’arrêt.

En fait et pour info, cette hypothèse a pour origine une falsification documentaire de Benoist-Méchin qui a donné un récit falsifié ( totalement différent du document Coulondre ) de la réunion du 20 mai entre Nordling et Reynaud :
- propositions différentes
- date incohérente ( le 15 mai ) alors que selon François la réunion est en date du 6 mai et que Nordling indique avoir quitté Berlin le 12 mai
- Interlocuteur différent ( Goering au lieu de Daelerus ) : qui croit que Coulondre aurait pu confondre le maréchal du Reich avec un industriel suédois ?

L’absence totale de source attestant soit d’une manœuvre diplomatique ( sachant que la conversation entre Churchill et Reynaud le 26 mai écarte définitivement cette hypothèse ) allemande soit que Hitler avait changé d’avis et attendait une proposition de paix des alliés ( sachant que cette hypothèse est en contradiction totale avec le texte Coulondre ) démontre à elle seule l’ineptie de la thèse diplomatique.

Je ne donnerais aucune crédibilité à tout auteur reprenant la falsification de Benois-Méchin ( « Hitler attend une proposition de paix » ) si elle n’est pas accompagnée des sources documentaires adéquates.

Ce coup-ci, ça serait réellement ma dernière intervention.

Vous pouvez bien sur me « quoter » et développer vos arguments mais pas la peine de me poser des questions ( ou des demandes d’explications ) complémentaires car je n'y répondrais pas : je pense avoir été assez clair en 2 ans sur l’ensemble des arguments que j’ai développé et si ce n’est pas le cas ça n’est pas bien grave non plus ::super:: ( pour être franc je n’ai plus envie de perdre mon temps sur ce sujet ).

Bien cordialement.


Ce post contient des erreurs ahurissantes et significatives sur l'offre de paix transmise par la Suède, et à Paris, et à Londres. Pas le temps de développer, et d'ailleurs tous ceux qui ont suivi le débat peuvent le constater. Précisions sur demande en fin de journée.

vétéran
vétéran

 
Inscription: 22 Mai 2005, 18:07
Localisation: France 95
Région: Région du 95
Pays: FRANCE

Re: LE HALTBEFEHL (suite)

Nouveau message Post Numéro: 638  Nouveau message de Chef Chaudart  Nouveau message 17 Aoû 2017, 09:10

[
Soxton a écrit:Il faudrait qu'Alain Adam nous dise pourquoi l'arrêt lui semble "techniquement" inévitable le 24 mai 1940, alors qu'il n'a pas été nécessaire en juin de la même année.
Les passionnés de la SGM peuvent-ils me dire s'ils ont connaissance d'un arrêt similaire dans le courant du mois de juin ?

En fait, je vous renvoie au What if « 1940, et si la France avait continué la guerre? » http://1940lafrancecontinue.org/ . Les auteurs ont tenté de déduire militairement ce qui se serait passé si Pétain n'avait pas demandé l'armistice. Dans leur scénario, les Allemands sont, effectivement, obligés de s'arrêter en juin afin de reconstituer leur dispositif, ce qui permet aux Français de procéder au "Grand déménagement", l'exode en Afrique du Nord afin de continuer le combat.

Plus généralement, les stratégistes estiment qu'une offensive type "Blitzkrieg" s'essouffle au bout d'environ 400km au maximum. Ce phénomène est dû à l'usure des troupes de tête et l'allongement de la chaîne logistique. Une pause est alors nécessaire afin de reconstituer ou remplacer les forces offensives et mettre en place le ravitaillement (réorganisation des transports, mise en place de dépôts,...). Cet arrêt des opérations offensive suppose, bien sûr, que le terrain conquis soit sécurisé par la mise en place d'un front défensif continu afin de prévenir une probable contre-offensive. A noter qu'en 1940, cette limite n'est pas encore connue. A noter également que cette limite correspond assez bien à la distance parcourue par les unités mobiles allemandes arrivées devant Dunkerque...

Mais vous n'avez pas indiqué si vous approuvez ou désapprouvez mon message numéro 533.

J'avais réagi à l'époque en signalant que, quoique n'ayant aucun reproche à faire à Pierre Miquel, je n'avais qu'une confiance limitée sur ses compétences en matière militaire. En l'occurrence, en ce qui concerne la possibilité de prendre Dunkerque et de la mettre en position défensive, il ne fait que répéter ce qu'il a lu ailleurs, comme tous les historiens "classiques". Tous prennent pour argent comptant les généraux Allemands et Lidell Hart en premier, qui ont prétendu que oui, sans s'interroger sur le fait de savoir si c’était vrai, si ces militaires n’avaient pas intérêt à le faire croire.

Alain et Loîc nous ont indiqué ici la difficulté qu'il y avait à connaitre l'état réel des unités mobiles aux 23 et 24 mai 1940. Il me semble que ce point devrait être creusé afin de déterminer si, effectivement, elles avaient la capacité de prendre ou masquer la ville et de la mettre en défense.
Nicolas nous a donné l’exemple de citations « prises sur le vif » de certains de ces généraux, non susceptibles d’avoir été déformées (ou en tous cas, moins), prétendant que l’ordre d’arrêt était une erreur. Et je suis assez surpris de constater que ces réactions sont limitées. Aucun ne prétend qu’il serait déjà à Ostende, ou qu’il aurait coupé la route de Dunkerque. Les plus optimistes, comme Guderian, se contentent d’affirmer qu’ils pouvaient continuer, qu’ils n’avaient rien devant eux, ce qui est possible, mais pas sûr, et aucun ne se risque sur la deuxième phase, qui est de pouvoir résister à une contre-attaque qui ne va pas manquer de venir.

D’autre part, vous faites erreur quand vous dites : « j 'en conclue que le BEF était en difficulté avant cet arrêt ordonné le 24 mai et que le pessimisme des Anglais était justifié. L'ordre de halte a été prononcé au moment précis où les officiers anglais craignaient l'anéantissement du corps expéditionnaire. ». Le BEF est TOUJOURS en danger même APRES l’ordre d’arrêt. Je rappelle que Dynamo, étudiée à partir du 20 mai, ne prévoit l’évacuation que de 45 000 à, au mieux 80 000 hommes, sur TROIS ports ! Et il n’en reste qu’un ! L’anéantissement du BEF est donc très probable, des deux côtés de la Manche, prise de Dunkerque ou pas !

Je rappelle qu’AUCUN général ne déplore, entre les 23 et 25 mai, que l’ordre d’arrêt permette aux Anglais de rembarquer ! Si certains râlent ou sont fâchés, c’est parce que cet arrêt leur fait perdre l’initiative, le « momentum » que les troupes mobiles avaient acquis depuis leur percée dans les Ardennes. La mise en défense du front sud va obliger le groupe d’armée B, au nord, à faire le travail de réduction de la poche, alors que c’est lui qui fait face à la plus grande résistance. C’est cela et pas la fuite éventuelle des Anglais qui préoccupe les Allemands, selon TOUS les témoignages que nous avons.

Ce point me semble extrêmement important, d’où mon insistance : la possibilité d’un rembarquement anglais n’est pas la première inquiétude des Allemands, simplement parce que le succès d’une telle opération, aux dires même des intéressés, est hautement improbable !


 

Re: LE HALTBEFEHL (suite)

Nouveau message Post Numéro: 639  Nouveau message de Dog Red  Nouveau message 17 Aoû 2017, 10:17

Chef Chaudart a écrit:Plus généralement, les stratégistes estiment qu'une offensive type "Blitzkrieg" s'essouffle au bout d'environ 400km au maximum.


En effet, 500km est un ordre de grandeur parfois cité pour quantifier les limites d'une offensive de type Blitzkrieg.
Le Blitzkrieg du 12th Army Group à l'été 1944 (une offensive relativement comparable) commence à s'essouffler à l'entrée en Belgique et en Lorraine, soit un ordre de grandeur équivalent pour l'armée US reconnue pour sa robustesse logistique.
Image
Hommage à l'Ardenne de Philippe JARBINET

vétéran
vétéran

Avatar de l’utilisateur
 
Inscription: 11 Mar 2014, 22:31
Région: Hainaut
Pays: Belgique

Re: LE HALTBEFEHL (suite)

Nouveau message Post Numéro: 640  Nouveau message de Nicolas Bernard  Nouveau message 17 Aoû 2017, 10:38

Chef Chaudart a écrit:Plus généralement, les stratégistes estiment qu'une offensive type "Blitzkrieg" s'essouffle au bout d'environ 400km au maximum. Ce phénomène est dû à l'usure des troupes de tête et l'allongement de la chaîne logistique. Une pause est alors nécessaire afin de reconstituer ou remplacer les forces offensives et mettre en place le ravitaillement (réorganisation des transports, mise en place de dépôts,...). Cet arrêt des opérations offensive suppose, bien sûr, que le terrain conquis soit sécurisé par la mise en place d'un front défensif continu afin de prévenir une probable contre-offensive. A noter qu'en 1940, cette limite n'est pas encore connue. A noter également que cette limite correspond assez bien à la distance parcourue par les unités mobiles allemandes arrivées devant Dunkerque...


Et vous en déduisez... quoi?

En toute hypothèse, l'hypothèse selon laquelle les forces blindées allemandes seraient à bout de souffle ne résistance pas à l'analyse. Vos affirmations ne sont que des généralités, lesquelles butent sur les faits suivants:

1/ Il ressort des KTB, dixunt les historiens qui les ont consultés (Hans Meier-Welcker, Hans-Adolf Jacobsen, Karl-Heinz Frieser), que les généraux allemands, de l'O.K.H. aux divisionnaires, ne considéraient nullement qu'interrompre l'offensive était justifié sur le plan logistique. J'ai moi-même eu accès au KTB de la 1. Panzer-Division, celle qui s'est cassée les dents devant Gravelines le 24 mai, et ce document n'appuie en rien l'"ineptie logistique".

2/ Si les difficultés logistiques ne sont pas niables, comme pour n'importe quelle armée en campagne, il ne faudrait pas oublier que les troupes blindées allemandes ne manquaient nullement de ressources. S'agissant du groupe blindé Kleist, Karl-Heinz Frieser précise même, à partir du rapport d'activité logistique de cette formation (Michael Krause et Cody Phillips, dir., Historical perspectives of the operational art, Washington, Center of Military History, 2005, p. 170):

Karl-Heinz Frieser a écrit:... pas une seule crise logistique n'est intervenue entre le 10 mai et la prise de Calais [le 26 mai] qui ne pouvait être traitée avec les ressources du Groupe Kleist.


3/ De surcroît, comme je le montre dans le message 615, l'O.K.H. avait mis en place, au fur et à mesure de l'avance, un réseau logistique et d'approvisionnement, impliquant notamment l'entrée en service de bases de réparation des chars et/ou de réparation des moteurs à Bruxelles (le 27 mai), Mons-Maubeuge (pour le 27 mai, mais cette base sera en fait opérationnelle le 23), et Charleville (le 22 mai, sachant que c'est dans cette ville que Von Rundstedt a installé son poste de commandement). Une autre base devait être érigée dans le secteur d'Arras après les combats. Il en résulte que l'O.K.H. avait pris toutes mesures pour réduire la chaîne logistique dans la dernière décade de mai. Ce qui ne pouvait que faciliter la poursuite de l'offensive.

4/ Quant à la "probable contre-offensive", elle est anticipée par Von Kluge le matin du 24 mai. Il lui suffira de faire intervenir trois divisions pour la repousser, dans la journée.

Bref, il s'agirait d'éviter de prendre les généraux allemands pour de parfaits abrutis. Sans être la perfection militaire incarnée, ils ont tout de même, en l'espèce, correctement anticipé les problèmes (logistiques, militaires) et pris les mesures adéquates à ce titre.
« Choisir la victime, préparer soigneusement le coup, assouvir une vengeance implacable, puis aller dormir… Il n'y a rien de plus doux au monde » (Staline).

vétéran
vétéran

 
Inscription: 22 Fév 2006, 14:15

PrécédenteSuivante

Connexion  •  M’enregistrer

Retourner vers LE FRONT OUEST ET LA GUERRE TOTALE




  • SUR LE MEME THEME DANS LE FORUM ...
    Réponses
    Vus
    Dernier message
 
  ► Les 10 Derniers Posts du jour Date Auteur
    dans:  Quiz suite - 12 
il y a 27 minutes
par: Prosper Vandenbroucke 
    dans:  IA - BON USAGE POUR LES MEMBRES DU FORUM 
il y a 32 minutes
par: Sebas00 
    dans:  20 Novembre 1945 : Ouverture du Procès de Nuremberg 
il y a 53 minutes
par: Prosper Vandenbroucke 
    dans:  Corpi d'elite delle Forze Armate Italiane dal 1935 al 1945 
Aujourd’hui, 17:29
par: NIALA 
    dans:  Les Feux de la rampe 2.0 : « Travail et travailleurs pendant la Seconde guerre » 
Aujourd’hui, 17:00
par: Prosper Vandenbroucke 
    dans:  Les Feux de la rampe 2.0 : « Femmes en Union soviétique 1917-1990 » 
Aujourd’hui, 16:54
par: iffig 
    dans:  [ Magic Factory ] 1/48 F4U-1A Corsair 
Aujourd’hui, 16:51
par: G Chapuis 
    dans:  Prise de Valenciennes par les Allemands 27 mai 1940 . 
Aujourd’hui, 10:46
par: Dog Red 
    dans:  Uniformes de l'Armée hongroise 
Hier, 20:47
par: iffig 
    dans:  recherches sur le Füsilier-Bataillon 206 a vitebsk mai 1944 
Hier, 20:38
par: elsass1924 

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 129 invités


Scroll