NIALA a écrit:Il s'en est fallu de peu, si le croiseur Indianapolis avait été coulé une semaine plus tot, il n'y aurait pas eu d'Hiroshima
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Alain
En 1945, il semble qu'il n'existait, en tout et pour tout, que trois bombes atomiques, l'une, la première, avait été testée (
Trinity Test), dans "
des conditions de laboratoire" (sic), le 16 juillet 1945, dans le désert du Nouveau Mexique, à proximité d'Alamogordo. On s'était alors contenté de vérifier son "bon fonctionnement", sans effectuer de mesures "scientifiques" sur ses effets, sachant que, en gros, mêmes les plus grosses "pointures" du programme "Manhattan" les ignoraient!
Il ne restait, dès lors, que les deux autres bombes "prêtes à l'emploi". Comme vient de le préciser Alain, L'USS Indianapolis avait embarqué, le 16 juillet - le même jour où se déroulait "
Trinity Test" (!) - , la bombe qui avait été larguée le 6 août par Enola Gay; il est probable que celle employée sur Nagasaki avait été acheminée, dans les mêmes conditions, très peu "d'heures ou de jours" après, sur un autre bâtiment.
On s'était efforcé d'effectuer le plus rapidement possible, fin août-début septembre 1945, une campagne de mesures, sur les sites où elles avaient détoné, afin d'analyser les effets des deux bombes larguées opérationnellement, mais cette "campagne", de l'avis des spécialistes, s'était avérée n'être, sur le plan technique, qu'une évaluation insuffisante (
little significance from a technical point of view).
Il aurait fallu, alors, pouvoir disposer de bombes "A" de réserve, pour mener enfin à bien, de manière approfondie et sérieuse, ladite campagne de mesures, sauf qu'il n'y en avait aucune "en stock"!

Le 10 janvier 1946, l'US Navy obtient l'autorisation présidentielle, pour mener une campagne d'essais; la marine américaine, qui cherche, essentiellement, à connaitre les effets de la bombe "A" sur les formations navales, constitue, dans ce but, la Joint Task Force ONE (200 bâtiments, 160 avions et 42 000 hommes), et demande à effectuer un série d'essais avec au moins deux bombes.
Le premier tir d'essais, effectué dans l'Atoll de Bikini, s'était déroulé le 1 juillet 1946 - entre temps, il avait fallu assembler deux nouveaux exemplaires de ladite bombe A, qui coûtaient, chacun, plusieurs millions de dollars!

- , le second, le 25 juillet 1946, au même endroit. Il semble, alors, au travers de ces différents rapports, à propos de ces essais "scientifiques", que l'US Navy, mais pas qu'elle, avait été amenée à devoir prendre en compte la dangerosité extrême de cette nouvelle arme, à la fois, par son effet direct, et, plus sournoisement, par le biais de ses retombées radio-actives, soumises aux vents dominants et à la pluie!
D'une certaine manière, les Américains, à l'été 1945, avaient joué le rôle de "
l'apprenti-sorcier", mais, à leur décharge, le développement des toutes premières armes nucléaires n'avait, jusque-là, été qu'un domaine "expérimental", sans aucune expérience sur ses conséquences à "moyen et long terme". L'explosion programmée à +/- 500 m d'altitude était surtout destinée à aggraver l'effet de souffle, rapidement constaté, lors de l'unique essai au Nouveau Mexique, mais, il avait eu, aussi, pour effet (sans trop le savoir !) de propulser en altitude le "gros" du nuage radio-actif.
Ce phénomène explique, entre autres, pourquoi les premiers "pinpins" américains, missionnés sur place par "
Manhattan Project", n'avaient, semble-t-il, pas été "gravement" contaminés, même s'il n'existe aucun rapport officiel sur leur "état de santé" ultérieur! De même, les survivants japonais d'Hiroshima et Nagasaki, se "baladaient" dans leur citées ravagées, comme si rien ne s'y s'était passé.
Il semble que ce n'est qu'après les essais effectués, à l'été 1946, à Bikini, mais surtout la publication interne et "confidentielle" des résultats de leurs mesures - on avait mis, par exemple, de "braves moutons" sur le pont des bâtiments proches du point d'explosion! -, qu'on avait fini par "à peu près" sérieusement appréhender les risques mortelles que présentaient la "radioactivité" et sa propagation atmosphérique!
Officiellement, en France, dans les années "1985", le "nuage radio-actif", résultat de l'accident nucléaire de Tchernobyl, se serait "poliment" arrêté sur la rive droite du Rhin, sauf que, officieusement, d'après notre corps médical alsacien, dans les années qui avaient suivi, en gros entre 1 an et 6 ans après cette "catastrophe", le nombre de certains cancers était monté en flèche... notamment, celui du cancer du sang, chez les "marmots", ou du cancer du rein, chez les adultes - je sais, j'ai, moi-même, donné, en 2000 (!) et j'avais, alors, été très loin d'être le seul frappé de ce "mal", parmi mes relations proches "alsaciennes"! ... mais je m'éloigne du domaine des "trois premières" bombes A assemblées!
