Si les tirs de V1 continuèrent jusqu’en mars 1945, le mois de septembre 1944 connaît les premiers tirs dévastateurs de V2 principalement sur l’Angleterre ainsi que sur la Belgique.
Cette fusée pesant 13 tonnes au décollage peut emporter une charge explosive de quelques 900 kg sur une distance autour des 300 kilomètres.
La réalisation du V2 résulte des travaux des ingénieurs et chercheurs allemands dans le domaine des fusées, qui débutèrent dans les années 1920 et sont soutenus dès 1934 par l'armée allemande, désireuse de disposer de nouvelles armes échappant aux limitations du traité de Versailles.
.Les premières étapes :
Un premier tir avait été prévu pour le 6 septembre 1944, depuis le plateau des Tailles dans l'est de la Belgique, non loin de Saint-Vith, mais des ennuis techniques et l'avance des Alliés qui avaient franchi la Meuse contraignirent les Allemands à se rapprocher de leur frontière.
Le premier V2 fut donc tiré le 8 septembre 1944 depuis Gouvy en Belgique, en direction de Paris !!. En 5 minutes, il atteignit Maisons-Alfort, en banlieue parisienne, détruisant des immeubles.
Le premier missile opérationnel de l'histoire fit six morts et 36 blessés. Paris venait d'avoir le redoutable privilège d'être la première cible d'un engin balistique militaire !
Dans le même journée, le député et gendre de Churchill, Duncan Sandys, président du comité de lutte contre la bombe volante avait déclaré lors d'une conférence de presse que « exception faite de quelques derniers coups possibles, la bataille de Londres est terminée .
Le premier V2 tiré sur Londres tombera à Chiswick. Il faudra deux mois et deux cents explosions sur le sol britanniquje avant que le gouvernement ne communique sur l'attaque des V2. .
Le secret était d'autant plus facile à garder que contrairement aux V1 qui avaient un ronronnement caractéristique , les missiles arrivaient à une vitesse supérieure à 4000 km/h ce qui était nouveau . Les explosions pouvaient alors être attribuées à toutes sortes de causes.
Lors de la chute du premier V2 sur Londres, personne ne comprit sur le moment qu'il s'agissait d'une bombe. On crut à l'explosion d'un immeuble due au gaz, jusqu'à la découverte des débris de la tuyère.
En tout, 4 000 engins furent construits pour être lancés vers le Royaume-Uni et Londres en particulier dans des conditions excessivement pénibles pour les prisonniers affectés à ces travaux forcés dans l’usine souterraine de Dora, extension du camp de Buchenwald).
Les V2 tuèrent deux fois plus de personnes déportées en Allemagne que de civils au Royaume-Uni.
Mis très tardivement en service, les V2 furent lancés depuis des sites que l'avance Alliée imposa de déplacer plusieurs fois Des lancements eurent lieu depuis Saint-Vith et Mertzig en direction de Paris, et d’autres depuis les alentours de Coblence dirigés sur le nord de la France et de la Belgique. Les dernièrs sites de tir furent installés dans la région de Münster, visant Anvers et Liège.
Malgré les dégâts infligés aux infrastructures de fabrication tout comme les sites de lancement, 1 560 V2 furent lancés entre le 8 septembre et la fin de l’année 1944 principalement en direction d’Anvers où 567 personnes furent tuées lors de l'impact sur le cinéma 'Rex'..
450 V2 atteignirent Londres, 40 sur Norwich, 25 sur Liège et 22 sur Paris. La région Nord vers Lille, Tourcoing, Arras, Maastricht, Hasselt, etc ne fut pas épargnée.
1 500 autres V2 furent tirés jusqu'au 27 mars 1945 et ce, principalement depuis La Haye, taux Pays Bas en direction de Londres qui restait la principale cible ainsi qu ‘Anvers. Quelques cibles militaires furent également visées Les dernièr tirs touchèrent le Kent..
Au total la région de Londres reçut 1 350 V2 et celle d'Anvers plus de 1 600, les victimes étant principalement civiles.
Quelques données technique de la fusée V2 :
Vitesse maxi ! 5750 km/h
A l’impact : 2900 km/h
Portée max 320 km
Le V2 était lancé à partir d’une base mobile telle qu'ici..

Récapitulation des V2 tirés ( par pays et villes visées)
Royaume-Uni:
Londres 1358
Nortwich - Ipswich: 44
(1 115 atteignent le sol, dont 518 sur Londres)
Belgique
Anvers : 1 610
Liège : 27
Hasselt : 13
Tournai : 9
Mons : 3
Diest : 2
France:
Lille : 25
Paris : 22
Tourcoing : 19
Arras : 6
Cambrai : 4
Pays-Bas
Maastricht : 19
Allemagne:
Remagen : 11
Le moteur-fusée fonctionne durant 65 à 70 secondes. L'accélération augmente progressivement et atteint 8 g lorsque le moteur s'éteint à l'altitude de 35 km. À la fin du vol propulsé, le V2 poursuit une trajectoire purement balistique à la manière d'un obus. Le missile poursuit alors sur son inertie une trajectoire ascendante qui culmine à 97 km avant de commencer à perdre de l'altitude pour aller s'écraser à une vitesse comprise entre 3 200 et 3 600 km/h.
Propulsé à une vitesse plus élevée que celle du son, la fusée frappe sans avoir été entendue au préalable. Lorsqu’un V2 est lancé sur un objectif situé à une distance proche de sa portée maximale, sa trajectoire devient relativement imprécise. L'écart entre la cible et la zone effectivement touchée atteint entre 7 et 17 kilomètres, ce qui rend l'arme inutilisable à des fins militaires.
Vers la fin de la guerre, les Allemands utilisèrent un système de guidage radio, le Leitstrahlstellung,(précision de faisceau) qui permetait d'améliorer la précision. L'usage se limitera à un seul site près de Dalfsen/Hellendoorn aux aux Pays-Bas.
En dépit de son caractère novateur en tant que missile sol-sol, l'impact du V2 fut principalement psychologique.
Comparé à un bombardement classique, ces premiers missiles balistiques, imprécis et fabriqués en nombre relativement limité et dotés d'une charge explosive réduite, ne jouèrent qu'un rôle marginal sur le plan sratégique ou tactique. Par comparaison, un bombardier lourd était bien moins onéreux à produire pour une capacité destructrice et une précision très supérieures, et il était souvent réutilisable..
Le V2 était une arme imparable contrairement au V1, mais demandait une fabrication longue, coûteuse et complexe pour un emport de moins d'une tonne d'explosif et d'une précision approximative.
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1 - Charge militaire 2 - Système gyroscopique 3 - Guidage et radio commande 4 - Réservoir d'éthanol 5 - Fuselage 6 - Réservoir d'oxygène liquide 7 - Réservoir de peroxyde d'hydrogène 8 - Bouteille d'azote pressurisé 9 - Chambre de réaction du peroxyde d'hydrogène 10 - Turbopompe 11 - Injecteurs éthanol/oxygène 12 - Châssis moteur 13 - Chambre de combustion 14 - Empennage (x4) 15 - Tuyère 16 - Déflecteurs de jet en graphite(x4) 17 - Gouvernes externes (x4).

Sources :
Historia 2ème guerre mondial Vol 6
http://www.capcomespace.net/dossiers/as ... _V2_A4.htm
https://www.musee-armee.fr/fileadmin/us ... -v1-v2.pdf
https://fr.wikipedia.org/wiki/V2_%28missile%29

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Début 1945, les "Teutons" avaient néanmoins mis en place, au sol, quelques très rares dispositifs radars particulièrement redoutables, mais ils étaient en nombre totalement insuffisant pour pouvoir s'opposer aux vagues de l'aviation alliée.

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