Mais avant cela, si Stalingrad, est un point d'arrêt avant le reflux sur le front de l'Est, il y a dans un oued du désert de Libye, un point d'arrêt, une "perte territoriale" de l'armée française qui est une victoire stratégique pour la VIIIième armée Britannique et pour la France Libre, avant le reflux de la bataille d'El Alamein.
Ce point d'arrêt est Bir Hakeim, un oued fortifié dans le désert de Libye
De cette victoire de Bir Hakeim au retentissement mondiale, la France sera aux yeux du monde et de ses résistants de l'intérieur de retour au combat avec sa France Libre. Même la presse collaborationniste évoquera Bir Hakeim.
En résistant 2 semaines aux assauts des forces de Rommel et en permettant aux unités de la VIIIième armées de se replié en Egypte, dernière ligne de défense du canal de suez; la 1er BFL (Brigade Française Libre futur Division), totalement encerclé par des forces de l'axe plusieurs fois supérieurs en nombre et soutenu par une aviation de bombardement, ayant rempli sa mission de retardement plus que de raison, était obligé de libérer la position. Ce quel fit dans la nuit du 11 ou 12 juin par un sortie de vive force. https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Bir_Hakeim
Pourquoi devaient-ils quitter la position et non pas se rendre, comme prisonniers de guerre ? Tout simplement parce que la France avait signé l'armistice à avec l'Allemagne. Donc les soldats de la France Libre pris par les allemands étaient des condamnés à mort. Selon ce qu'affermait sur les ondes le grand quartier général Allemand, tous les soldats pris à Bir hakeim seraient fusillés.
C'est pourquoi, le Général De Gaulle diffusa sur toutes les ondes, avec l'aide de ses réseaux et des alliés le message suivant "Si l'armée allemande se déshonore en fusillant les soldats de Bir Hakeim, il serait au regret de devoir donner l'ordre à ces soldats de fusiller tout soldat allemand venant à tomber entre leur mains."
Le bilan côté de la 1er BFL :
Sur 3723 hommes en poste à Bir Hakeim en mai, 2613 rejoignirent l'Egypte après le 12 juin. Il est très difficile d'avoir un bilan exact des pertes entre la bataille, la sortie de vive force et le décès des blessés laissé aux allemands ... 160 tués, 130 blessés, 829 disparus (dont 683 prisonniers dont 118 périront en mer lors du torpillage du MV Nino Bixio).
Le premier cimetière d'environ 180 tombes a été créé sur le site de la bataille. Dans les années 60 les tombes ont été regroupé en Égypte avec d'autres morts pour la France.
L'hommage rendu par le révérend père Charles ALBY sur le site de Bir Hakeim ...
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Ils dorment dans le silence. Dans le silence du désert. C’est plus que le silence ordinaire d’un cimetière.
C’est le silence cosmique. C’est le silence d’une solitude absolue. Cette solitude du désert, affranchie de tout instable de la vie, comme dirait Pierre Loti.
C’est bien la tombe qu’il leur fallait à ces braves. Un cimetière ordinaire ne leur convenait pas. Un cimetière ordinaire a des dimensions banales ; il est enclos dans des lieux habités, inscrit dans un cadastre. Pas de cadastre au désert, pas de limites ! Aux morts tragiques, il faut des tombes que seul visite, au coucher du soleil, le vent froid du bled.
Le vent a passé sur leur bataille, il a transporté l’odeur de leur poudre, il les a aveuglés de son sable. Il a vibré de l’écho des explosions. Lui seul sait. Il est le témoin tellurique de ce combat qui n’a ressemblé à aucun autre.
Car ceux de Bir-Hakeim étaient morts avant de mourir. Ils avaient tout sacrifié, ils avaient coupé les amarres. Ils avaient fait à la Patrie un don total. Ils étaient des séparés au point que certains de leurs compatriotes ne les reconnaissaient plus. Ils avaient continué de croire à la Patrie quand celle-ci semblait ne plus croire en eux. Le désert moral était plus rude pour eux que le désert physique.
Un petit cimetière de village, un petit cimetière de banlieue n’était point leur affaire. Tout cela est trop administratif et ils avaient envoyé promener l’administration pour retrouver l’âme de la Patrie. Ils sont bien les fils de la terre et c’est pourquoi ils dorment à même le sol sans linceul et sans cercueil.
Ô vent du désert soulève un peu de cette poussière qui colle à leurs os et va la porter au-delà de la mer bleue, au-delà des monts et des vallées, jusqu’à l’arc du Grand Empereur, et dépose ce sable non point dessous, mais dessus bien haut, afin que du haut du ciel tous les grands soldats de France, de Jeanne d’Arc à Foch, la voient, cette poussière !
Ô morts de Bir-Hakeim, vous reposez seuls au milieu de vos trophées et des instruments de votre martyre, au milieu des restes de la mitraille et des chars ennemis que vous avez arrêtés.
Vous restez dans la bataille… car la bataille continue …
La grande stèle dresse la Croix de Lorraine sur ces arpents de terre nue et quand son ombre s’allonge, au déclin du soleil, le vent du soir,
courant sur les asphodèles et susurrant dans les barbelés, souffle à l’oreille du pèlerin qui s’attarde :
« Passant, va-t’en dire à Lutèce que deux cents braves sont tombés ici pour que vive la France. »
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Extrait de la Revue de la France Libre, n° 168, juin 1967.
La commémoration de la Bataille de Bir Hakeim, s'est faite le 31 mai 2023 ... en famille, sans tambours ni trompettes
https://www.france-libre.net/commemorat ... ir-hakeim/
Campagne de Libye - Bir Hakeim par ceux qui en étaient
https://1dfl.fr/memoire-de-la-dfl/les-c ... r-hacheim/

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