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LE HALTBEFEHL (suite)

Cette rubrique renferme tout ce qui concerne le front ouest du conflit, y compris la bataille des Ardennes ainsi que les sujets communs à tous les fronts tels, les enfants et les femmes dans la guerre, les services secrets, espionnage...

Re: LE HALTBEFEHL (suite)

Nouveau message Post Numéro: 671  Nouveau message de François Delpla  Nouveau message 18 Aoû 2017, 09:40

Pourrait-on se limiter, sur ce point précis, aux documents des HEURES PRECEDANT le Htbf et écarter tout argument d'autorité du type : "l' historien compétent qui a lu tous les docs", pour citer les docs eux-mêmes ?

Si on s'en tient là, un seul élément surnage,
alias marduk a écrit:l'annexe 31 b du KTB du HGr A : cette annexe c'est le rapport que prépare l'EM du HGr A pour se justifier de l'accusation d'attitude trop passive que lui fait l'OKH


La critique de la source est contenue dans votre formulation même. Il s'agit d'un document justificatif. Vous omettez de rappeler qu'il émane d'un groupe d'armées qui vient de se faire brutalement retirer l'ensemble de la force de frappe blindée de la Wehrmacht ! Souffrez donc que je le rappelle.
D'autre part, vous invoquez ce document pour soutenir une idée précise exprimée par Tarpan, celle de la "grosse trouille" qui aurait eu tout d'un coup un effet paralysant. Vraiment, vous le lisez comme cela ? Merci de développer le raisonnement.

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Re: LE HALTBEFEHL (suite)

Nouveau message Post Numéro: 672  Nouveau message de alias marduk  Nouveau message 18 Aoû 2017, 09:50

François Delpla a écrit:Pourrait-on se limiter, sur ce point précis, aux documents des HEURES PRECEDANT le Htbf et écarter tout argument d'autorité du type : "l' historien compétent qui a lu tous les docs", pour citer les docs eux-mêmes ?

Si on s'en tient là, un seul élément surnage,
alias marduk a écrit:l'annexe 31 b du KTB du HGr A : cette annexe c'est le rapport que prépare l'EM du HGr A pour se justifier de l'accusation d'attitude trop passive que lui fait l'OKH


La critique de la source est contenue dans votre formulation même. Il s'agit d'un document justificatif. Vous omettez de rappeler qu'il émane d'un groupe d'armées qui vient de se faire brutalement retirer l'ensemble de la force de frappe blindée de la Wehrmacht ! Souffrez donc que je le rappelle.
D'autre part, vous invoquez ce document pour soutenir une idée précise exprimée par Tarpan, celle de la "grosse trouille" qui aurait eu tout d'un coup un effet paralysant. Vraiment, vous le lisez comme cela ? Merci de développer le raisonnement.


Les documents dans les heures qui précédent vous ont déjà été fournis il y a 2 ou 3 jours : remontez le fil

De plus, Frieser qui a travaillé sur l'intégralité du document et sur l'ensemble des KTB et annexes des différentes grandes unités engagées ( au moins au niveau des armées et groupe d'armées ) conclut lui à la grosse trouille ou dans son langage à une psychose de crise endogène au sein du HGr A

ça sera mon dernier développement François : je pense avoir été assez clair dans le raisonnement et les sources


 

Re: LE HALTBEFEHL (suite)

Nouveau message Post Numéro: 673  Nouveau message de Tarpan  Nouveau message 18 Aoû 2017, 10:03

ce que l'Allemagne attend de son offensive ?

(l'Allemagne ou AH ?, voir les deux) et bien je dirai a vue de nez par delà la vengeance, la réaffirmation de la prédominance germanique en Europe continentale de l'Ouest, en muselant l'ennemi de toujours à l'ouest afin de se retourner les coudés franches vers l'avenir du reich ; les vastes étendues et ressources de l'Est

Mes Sources historiques ?, Mein Kampf et la stratégie Hitlérienne jusqu'à l'effondrement de 1945, non ?, j'aurai raté quelque chose ?

Sinon en quoi cette vision stratégique générale, si elle résume correctement les faits, nous éclaire t elle sur un accro tactique de 48 heures ?

De plus votre explication exclusivement politique de l'ordre fait de vous des chefs de guerre qui en dehors de la politique ignore jusqu'à l'absurde : l'ennemi, le terrain, les hommes et le matériel dans leur existence précise en un temps et un lieu. Je ne suis pas loin de penser qu'avec vous au commande de l'armée allemande, nous aurions eu de forte chance de remporter la bataille de France.

Merci à Alias Marduk pour ses précisions sur le travail de Freiser que Mr Delpla consteste : "A « l'impardonnable défaite » des Français, Karl-Heinz Frieser répond par l'étrange victoire allemande, due à l'interprétation par Guderian des ordres qui lui ont été donnés. L'état-major allemand et Hitler étaient plus circonspects. L’auteur montre combien l’apport des décisions d'Hitler était mince. Il expose les caprices de celui-ci, l’alternance entre ses phases d’optimisme et de pessimisme, sa peur maladive à l’idée d’exposer les flancs qui le poussa à entraver la progression des troupes de Guderian, démonstration reprise quelques années plus tard par l'historien anglais Alistair Horne", bon ce n'est qu'un résumé, bien sur !

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Re: LE HALTBEFEHL (suite)

Nouveau message Post Numéro: 674  Nouveau message de François Delpla  Nouveau message 18 Aoû 2017, 11:35

@ Marduk. Sauf erreur vous n'avez pas cité l'annexe plus précisément que cela :

Annexe 31 B du BTB du HGR A ( dans la nuit du 23 au 24 mai ) : Sodenstern trouve grave de se faire une idée trop optimiste de la situation ( cité dans Frieser « Le mythe de la guerre-éclair » )


C'est maigre comme étai unique de l'explication du Htbf par une "grosse trouille".


Sur Frieser : j'ai toujours dit que, dans son livre, il y avait du bon et du moins bon; dans ce dernier, l'explication du Htbf par la volonté de montrer qui commande, aux antipodes de celle de Marduk par une lecture au premier degré du journal du Hgr A, et contestée par tout le monde notamment par Töppel, autre autorité invoquée par Marduk !

Donc une prudence minimale est requise devant cet auteur, non ?

Surtout Frieser a une vision de Hitler issue tout droit des poncifs antinazis des années 20, qui ont tant fait pour le succès du mouvement en tapant à côté de la cible ! Il les aggrave même, ne serait-ce que par sa théorie de la crise d'autorité expliquant le Htbf : personne n'avait osé affirmer qu'il était capable de sacrifier sciemment une victoire écrasante pour affirmer son autorité -on préférait de loin la théorie de la "grosse bourde" que nous resservent aujourd'hui Töppel et Lopez.

Deux sottises de Frieser sur des points essentiels, à la limite du négationnisme, découlent de son refus d'attribuer à Hitler la moindre qualité de chef :

- il ne se serait pas attendu à la déclaration de guerre anglo-française, en aurait été tout désemparé et aurait été sauvé d'un désespoir impuissant par le plan Manstein;

- il aurait été surpris par l'ampleur et la rapidité de l'avancée après Sedan et aurait été sauvé d'un désarroi cyclothymique par l'énergie des chefs de blindés de l'avant, notamment Guderian et Rommel.

Il est tout de même plus simple de constater que, dans la foulée des déclarations de Göring à Dahlerus, il mène de pair la bataille et la diplomatie en s'efforçant d'aboutir dès le mois de mai à une paix avec la France, suivie de près par une résignation anglaise. Pour ce faire il a seul l'idée d'un encerclement de la totalité du GA 1 allié, bouclé dans la région de Dunkerque -d'où par exemple ses interventions pour qu'on ne franchisse ni l'Aisne ni la Somme sauf par des têtes de ponts locales, et l'envoi vers l'ouest de tous les blindés alors que Halder voulait, les 17-18 mai, en garder la moitié autour de Saint-Quentin.


Tarpan a écrit:ce que l'Allemagne attend de son offensive ?

(l'Allemagne ou AH ?, voir les deux) et bien je dirai a vue de nez par delà la vengeance, la réaffirmation de la prédominance germanique en Europe continentale de l'Ouest, en muselant l'ennemi de toujours à l'ouest afin de se retourner les coudés franches vers l'avenir du reich ; les vastes étendues et ressources de l'Est

Mes Sources historiques ?, Mein Kampf et la stratégie Hitlérienne jusqu'à l'effondrement de 1945, non ?, j'aurai raté quelque chose ?


Presque pas, juste un détail infime, l'alliance "aryenne" avec la Grande-Bretagne, qui exige qu'on la convainque et qu'on ne se contente pas de lui taper dessus, de la "museler".


@Marduk et Tarpan : je vous rappelle que vous écrivez sous pseudo, ce qui implique de ne pas insulter ceux qui écrivent sous leur nom, pour échapper à un reproche de lâcheté. Je ne dis pas que vous l'avez fait mais comme c'est parfois un peu "limite", j'aime mieux prévenir que guérir.

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Re: LE HALTBEFEHL (suite)

Nouveau message Post Numéro: 675  Nouveau message de Nicolas Bernard  Nouveau message 18 Aoû 2017, 12:16

alias marduk a écrit:Rien ne cloche dans son attitude : il se trouve juste que le HGr A a reçu de l'OKH l'ordre suivant le 25 mai à 0h45 :
" par extension des dispositions de l'ordre de l'okh du 24 mai 1940.......... la poursuite de l'attaque est autorisée jusqu'à la ligne dunkerque-cassel-estaires-armentières-ypres-ostende ............ et la zone d'action de la Luftwaffe est réduite en conséquence"

Donc à 0h45 le 25 mai, "il faut "faire serrer d'abord les groupements motorisés, si l'on veut leur faire reprendre la marche en avant" et "prendre les mesures nécessaires pour régler avec l'aviation le franchissement de la ligne des canaux"" : c'est la concrétisation de cet ordre ( qui n'est d'ailleurs pas lui même transmis à la 4ème armée ) par des mesures préparatoires


Pas le temps de répondre au reste (qui ne résiste d'ailleurs pas à l'analyse, je l'ai déjà montré), mais un tel passage établit

- que vous commettez un véritable contre-sens, j'ajoute, avec toute la sympathie que je vous dois (si, si!): l'un des plus carabinés que j'ai eu l'occasion de lire sur ce sujet, :shock:

- et qu'en définitive vous vous arrangez quelque peu du bouquin de Karl-Heinz Frieser.

Or donc, lorsque Von Rundstedt, à 0h45 le 25 mai 1940, indique qu'il faut "faire serrer d'abord les groupements motorisés, si l'on veut leur faire reprendre la marche en avant" et "prendre les mesures nécessaires pour régler avec l'aviation le franchissement de la ligne des canaux"", il se bornerait, en l'occurrence, à exécuter l'ordre de l'O.K.H. spécifiant que "la poursuite de l'attaque est autorisée jusqu'à la ligne dunkerque-cassel-estaires-armentières-ypres-ostende"? Ce serait une pure et simple "concrétisation de cet ordre", par des "mesures préparatoires"? J'aime beaucoup, au passage, votre mention de cet ordre "qui n'est d'ailleurs pas lui même transmis à la 4ème armée", une simple allusion, en passant ("d'ailleurs"), alors que ce dernier détail est essentiel.

Contre-sens, disais-je, parce que

1/ L'O.K.H. souhaite, dans la nuit du 24 au 25 mai, contourner le Haltbefehl, et expédie au Groupe d'Armées A un ordre "autorisant" la poursuite de l'attaque au-delà de la "ligne des canaux", jusqu'à une nouvelle ligne, jusqu'à Dunkerque-Cassel-Estaires-Armentières-Ypres-Ostende. Ce qui revient, en catimini, à vider le Haltbefehl de son contenu et de sa portée: sans aller jusqu'à formuler un ordre qui contreviendrait expressément à la décision de Hitler, l'O.KH. autorise le Groupe d'Armées A à reprendre l'offensive, en des termes soigneusement pesés.

2/ C'est, du reste, ainsi que le perçoivent Von Rundstedt et son état-major. Lesquels refusent de reprendre l'offensive, et s'opposent donc à cet ordre, cette autorisation, au motif, dit le commandant du Groupe d'Armées A, qu'il faut "faire serrer d'abord les groupements motorisés, si l'on veut leur faire reprendre la marche en avant" et "prendre les mesures nécessaires pour régler avec l'aviation le franchissement de la ligne des canaux". Bref, Von Rundstedt ne "concrétise" rien du tout: il justifie son refus de reprendre l'offensive dont l'O.K.H. autorise pourtant la relance!

3/ Et Von Rundstedt fait encore pire que ça: il refuse carrément de transmettre cette directive à la 4. Armee de Von Kluge! Donc, non seulement Rundstedt ne "concrétise" absolument pas l'ordre de l'O.K.H., mais il s'y oppose frontalement, s'en justifie, et refuse de le transmettre à ses forces armées! En d'autres termes, nous ne sommes pas en présence d'un détail, d'un ordre "qui n'est d'ailleurs pas lui même transmis à la 4ème armée" comme vous l'écrivez, mais d'une attitude qui se rapproche ouvertement de la mutinerie. Votre formulation, passablement ahurissante, prouve que votre analyse passe totalement à côté de l'essentiel.

Ce qui m'amène au second reproche que je fais à votre interprétation: il se trouve que Karl-Heinz Frieser est lui-même profondément estomaqué par ce dernier événement. Il cite Hans-Adolf Jacobsen, lequel avait déjà parlé d'un épisode probablement unique dans l'histoire militaire contemporaine allemande. Et précise que le refus de Von Rundstedt de transmettre l'ordre est si incroyable qu'il se sent tenu de citer, sur ce point, l'extrait du journal de marche du Groupe d'Armées A. En d'autres termes, Karl-Heinz Frieser n'en croit littéralement pas ses yeux - comme son prédécesseur Jacobsen.

Il en ressort que Karl-Heinz Frieser contredit radicalement votre interprétation - et pour cause, cette interprétation n'est tout simplement pas conforme aux faits. Ce qui ne vous empêche pas d'utiliser les travaux de ce dernier comme cela vous arrange, pour les opposer à François Delpla qui vous contredisait, mais curieusement sans mentionner, sur ce point, que lesdits travaux ruinent totalement votre affirmation.
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Re: LE HALTBEFEHL (suite)

Nouveau message Post Numéro: 676  Nouveau message de Nicolas Bernard  Nouveau message 18 Aoû 2017, 12:22

kfranc01 a écrit:Bonjour à tous ! :cheers:

Certains se demandent s'il y a parmi les historiens des militaires... ce qui me fait un peu réagir ! Oui, il y en a. Tient Marc Bloch par exemple ! :o

Je ne suis pas historien, mais je suis passé par les écoles militaires... bon d'accord j'ai servi sous l'eau et pas sur terre... toutefois j'ai a mon début de carrière travaillé sur la conception du Leclerc et j'ai un grand tonton général de brigade blindé qui m'a briefé à cette époque... je maitrise un peu le sujet donc ... ;) Il y a un point sur lequel je peux apporter ma modeste pierre à ce fil, sans risque de vous induire en erreur.

Il me semble qu'il y a un point technique important à comprendre pour analyser le Haltbefehl, au moins pour ses premières 24h, quand on parle d’essouflement et d'indisponibilité du matériel. C'est la maintenance lourde que requière un blindé - surtout à cette époque. :starwars1:

Bon, grosso modo, l'intervalle de temps entre deux opérations de maintenance lourde c'est 200km ou 8j ou 80h-100h.. Cela dépend du blindé évidemment, mais en fait peu de progrès sont faits en la matière (un Leclerc par exemple, c'est guère plus que 200h). Selon le blindé, il faut 4h à 6h de boulot pour faire cette opération. Bon me direz vous, allez quand on tient une occasion, on saute une vidange et puis voilà! Et bien cela, c'est un raisonnement de littéraire, mais pas celui d'un ingénieur mécanicien, et surtout pas celui d'un commandant opérationnel qui connait bien son matériel. :roll:

Pourquoi? Parce que l'usure et les pannes provoquées par un défaut d'entretien n'est pas linéaire avec le temps. La loi régissant la dégradation d'un mécanisme quelconque passe par quatre étapes: le rodage, l’usure dite normale qui est une fonction linéaire du temps puis le vieillissement rapide, enfin la ruine qui est très souvent, brutale et instantanée. L'augmentation des coefficients de friction liée à la perte de viscosité d'une huile périmée, de l'accumulation de la saleté et des débris, provoquent le basculement d'une usure normale ou maitrisée à un vieillissement accéléré, régit lui par une loi asymptotique, et la casse arrive extrêmement vite. Une huile périmée, qui a passé l'état de cokéfaction et a perdu ses savons, c'est la casse moteur assuré en 20 - 30 min. :shock:

Un petit topo des principales opérations lourdes, histoire de faire prendre conscience de la lourdeur des opérations sur un tank: :mrgreen:

Moteur : si non fait, risque rapide de casses, les engins allemands étant par ailleurs souvent sous-motorisé, les moteurs sont fragiles
- Vidange moteur et boites de vitesses/réducteur
- Nettoyage et huilage des organes moteur sensibles (bieilette, régulateur, magnéto, ressorts, palier des pompes, palier des ventilos, ect...)
- Suiffage ou graphitage des soupapes pour les moteurs les plus anciens. Pétrolage pour les moteurs à essence. Nettoyage carburateurs.
- Vidange graisse usée sur roulement à billes et graissage
- Graissage sur embrayages primaires et secondaires

Chenilles: si non fait, risque de déraillement bien plus fréquent que l'on ne pense
- Nettoyage, débourrage, graissage chenille (en général, avec les huiles de vidange)
- Entretien du train de roulement et des galets, graissage paliers
- Vérification maillons de patins
- Nettoyage soigneux des couronnes dentées et vérification des dents
- Tension de la chenille

Armes: si non fait, enrayage voir déformation irréversible - un char sans arme opérationnel ne sert pas à grand chose
- Nettoyage du tube canon
- Nettoyage des tubes mitrailleuses, remplacement tous les 500 coups (sur le papier 3000 coups.... mais pas dans la vraie vie de combat... sauf quand il y a pénurie de tube...)
- Nettoyage des optiques de vision et des optiques de visée

Accessoirement, j'ajoute nettoyage du sang des blessés et morts dans l'engin; qui est une tâche fréquente mais ingrate et difficile, nécessaire au maintien du moral des équipages... :|

Il est clairement établi, et là, j'ai des rapports de l'intelligence service US qui le prouve (interrogations des prisonniers), que les Allemands respectaient à la lettre les consignes, et n'admettaient pas la moindre dérogation à la règle technique. Ceci afin de ne pas perdre bêtement un engin en cours de combat pour défaillance matos.... 8)

Quand Von Rundstedt évoque le besoin d'une pause pour souffler, il me semble certain qu'il a cette préoccupation. Peut-il se permettre de se lancer contre une force qui reste redoutable, acculée au combat désespéré car elle n'aura plus le choix de fuir, avec des blindés qui seront hors jeux dès le début de l'action pour manque d'entretien? C'est un général raisonnable, qui prend des risques calculés, et non irréfléchis. Il doit donc impérativement avant de lancer l'assaut final, faire ses actions de mise en condition du matos. Sinon, il prend le risque de les perdre en cours de route, et à une vitesse foudroyante. A mes yeux, ce n'est pas le matos déjà HS ou nécessitant des petites réparations. L'enjeu, c'est bien de maintenir le potentiel du matos restant, sinon gare à la paralysie par épidémie de pannes simultanées ! :rire:

Vous pouvez me faire confiance, cela ne pardonne pas d'oublier les règles de la mécanique! :cheers:

Bon, j'ai un avion à prendre ! Cordialement ! ::ok je sors::


Bonjour (et bon vol),

1/ Il ressort des KTB, dixunt les historiens qui les ont consultés (Hans Meier-Welcker, Hans-Adolf Jacobsen, Karl-Heinz Frieser), que les généraux allemands, de l'O.K.H. aux divisionnaires, ne considéraient nullement qu'interrompre l'offensive était justifié sur le plan logistique. J'ai moi-même eu accès au KTB de la 1. Panzer-Division, celle qui s'est cassée les dents devant Gravelines le 24 mai, et ce document n'appuie en rien l'"ineptie logistique".

2/ Si les difficultés logistiques ne sont pas niables, comme pour n'importe quelle armée en campagne, il ne faudrait pas oublier que les troupes blindées allemandes ne manquaient nullement de ressources. S'agissant du groupe blindé Kleist, Karl-Heinz Frieser précise même, à partir du rapport d'activité logistique de cette formation (Michael Krause et Cody Phillips, dir., Historical perspectives of the operational art, Washington, Center of Military History, 2005, p. 170):

Karl-Heinz Frieser a écrit:... pas une seule crise logistique n'est intervenue entre le 10 mai et la prise de Calais [le 26 mai] qui ne pouvait être traitée avec les ressources du Groupe Kleist.


3/ De surcroît, comme je le montre dans le message 615, l'O.K.H. avait mis en place, au fur et à mesure de l'avance, un réseau logistique et d'approvisionnement, impliquant notamment l'entrée en service de bases de réparation des chars et/ou de réparation des moteurs à Bruxelles (le 27 mai), Mons-Maubeuge (pour le 27 mai, mais cette base sera en fait opérationnelle le 23), et Charleville (le 22 mai, sachant que c'est dans cette ville que Von Rundstedt a installé son poste de commandement). Une autre base devait être érigée dans le secteur d'Arras après les combats. Il en résulte que l'O.K.H. avait pris toutes mesures pour réduire la chaîne logistique dans la dernière décade de mai. Ce qui ne pouvait que faciliter la poursuite de l'offensive.
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Re: LE HALTBEFEHL (suite)

Nouveau message Post Numéro: 677  Nouveau message de Nicolas Bernard  Nouveau message 18 Aoû 2017, 12:24

Tarpan a écrit:Sans surprise, un non historien ancien militaire et ingénieur informaticien fréquentant activement depuis plus de 20 ans les musées des blindés et du moteur de Saumur, je plussois (depuis le début) les analayse de mes camarades Alain Adam, Loic Charpentier et maintenant Kfrank Bernard au sujet des pb de maintenance entre autre, voilà qui de plus alimente la GROSSE TROUILLE que j'ai toujours préconisé comme étant la raison principale de cet arrêt complétement compréhensible en dehors de toutes élucubrations réelles ou imaginaires issues de la politique de Gröfaz.

Je sais ce n'est que redit mais face à des murs d'incompréhensions butés cela fait du bien de pouvoir réaffirmer ses opinions, Merci !


Bonjour. Ce qui suit témoigne-t-il d'une "incompréhension butée"?

1/ Il ressort des KTB, dixunt les historiens qui les ont consultés (Hans Meier-Welcker, Hans-Adolf Jacobsen, Karl-Heinz Frieser), que les généraux allemands, de l'O.K.H. aux divisionnaires, ne considéraient nullement qu'interrompre l'offensive était justifié sur le plan logistique. J'ai moi-même eu accès au KTB de la 1. Panzer-Division, celle qui s'est cassée les dents devant Gravelines le 24 mai, et ce document n'appuie en rien l'"ineptie logistique".

2/ Si les difficultés logistiques ne sont pas niables, comme pour n'importe quelle armée en campagne, il ne faudrait pas oublier que les troupes blindées allemandes ne manquaient nullement de ressources. S'agissant du groupe blindé Kleist, Karl-Heinz Frieser précise même, à partir du rapport d'activité logistique de cette formation (Michael Krause et Cody Phillips, dir., Historical perspectives of the operational art, Washington, Center of Military History, 2005, p. 170):

Karl-Heinz Frieser a écrit:... pas une seule crise logistique n'est intervenue entre le 10 mai et la prise de Calais [le 26 mai] qui ne pouvait être traitée avec les ressources du Groupe Kleist.


3/ De surcroît, comme je le montre dans le message 615, l'O.K.H. avait mis en place, au fur et à mesure de l'avance, un réseau logistique et d'approvisionnement, impliquant notamment l'entrée en service de bases de réparation des chars et/ou de réparation des moteurs à Bruxelles (le 27 mai), Mons-Maubeuge (pour le 27 mai, mais cette base sera en fait opérationnelle le 23), et Charleville (le 22 mai, sachant que c'est dans cette ville que Von Rundstedt a installé son poste de commandement). Une autre base devait être érigée dans le secteur d'Arras après les combats. Il en résulte que l'O.K.H. avait pris toutes mesures pour réduire la chaîne logistique dans la dernière décade de mai. Ce qui ne pouvait que faciliter la poursuite de l'offensive.

J'ajoute:

- Lorsque, d'après un document contemporain du 25 mai 1940, Von Kluge "de même que le général Von Kleist, jugent qu'il vaut mieux aller de l'avant", ils considèrent que l'avance doit stopper? J'ajoute que ces deux généraux n'ont pourtant pas la réputation d'être des fonceurs...

- Lorsque ce même Von Kluge tempête au téléphone le 25 mai 1940: "Si j'en avais eu le droit, aujourd'hui les chars se trouveraient sur les hauteurs de Cassel", il considère que l'avance devait stopper?

- Lorsque le général Reinhardt considère qu'interrompre l'attaque est une erreur, que seules font obstacle à ses chars des "forces rapidement amenées", et que stopper "ne profitera qu'à l'adversaire", il considère que l'avance devait stopper?

- Lorsque chez l'auteur du journal de marche du corps blindé dirigé par Guderian, on trouve cette remarque: à cause de l'ordre d'arrêt, "on laissait pratiquement tomber les idées offensives qui avaient prévalu jusque là", ledit auteur considère que l'avance devait stopper? Guderian, d'ailleurs, qui a protesté contre l'ordre d'arrêt, il s'exprimait comme toi?

- Lorsque l'auteur du journal de marche de la 6. Panzer-Division écrit que "le 24 mai au lever du jour, à partir de la tête de pont déjà acquise, la division aurait pu mener l'offensive vers l'est de toutes ses forces, face à un ennemi inférieur", il considère sa division (qui a franchi la ligne des canaux le 23 mai et se trouve alors à dix bornes de Cassel malgré ses "contraintes logistiques") doit interrompre son avance?

- Et Halder? Et Brauchitsch? Eux aussi, quand ils prescrivent de continuer l'offensive, quand ils gueulent contre l'ordre d'arrêt au point d'essayer de le torpiller en catimini, ils considèrent que l'avance devait stopper?

Merci d'avance. :cheers:
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Re: LE HALTBEFEHL (suite)

Nouveau message Post Numéro: 678  Nouveau message de Nicolas Bernard  Nouveau message 18 Aoû 2017, 12:34

Rhââââ, mais pourquoi faut-il que vous montiez sur vos grands chevaux? :cheers:

Blague à part, y a pas mise en cause personnelle. On peut débattre des faits, non?

(et pardon pour le jeu de mots passablement lourdingue de ma part) ;) :mrgreen: ::ok je sors::
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Re: LE HALTBEFEHL (suite)

Nouveau message Post Numéro: 679  Nouveau message de Prosper Vandenbroucke  Nouveau message 18 Aoû 2017, 12:40

Restons ::zen:: ::zen:: svp!!!
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Re: LE HALTBEFEHL (suite)

Nouveau message Post Numéro: 680  Nouveau message de Chef Chaudart  Nouveau message 18 Aoû 2017, 13:16

Je confirme : on peut débattre sans animosité, sur le fond et non les personnes! C'est sûr, l'ironie fait partie de la rhétorique et peut quelquefois blesser, mais il faut laisser passer et couper immédiatement en revenant aux faits et au fond.

Je suis d'un avis opposé à Nicolas et François, mais ça ne m'empêche aucunement de leur vouer un profond respect. Ce sujet m'intéresse et me force à écouter tous les arguments et à me documenter. D'autres, plus calés que moi, comme Alias Marduk , Loïc, apportent également leur connaissances. J'en profite un max. (désolé pour ceux que j'ai omis, mais sachez que je vous aime tous :P ).

Pour revenir au sujet : je me vois obligé d'aller dans le sens de Nicolas en ce qui concerne l'usure des divisions blindées. Les statistiques données par Alain montrent en effet que le nombre de chars pour les 1ère et 2ème PzDiv, pour bas qu'il est, est resté stable sur la campagne.

Donc, sauf si un incompréhensible effondrement du nombre de char disponible était prévu le 23, il n'y a pas de raison de supposer qu'ils n'auraient pas pu continuer plus loin. L'autre raison pouvant être la peur d'une contre-attaque, dont on craindrait qu'une divison réduite à 30% de ses forces ne puisse se défendre.

Cette seconde option n'est pas totalement dénuée de fondements : si l'on en croit Frieser, Hitler s'inquiète depuis le début de l'attaque d'une telle possibilité. Il a plusieurs fois demandé à ce que les flancs du terrain conquis par ses chars soit consolidé, quitte à ralentir l'avance. Il a refusé de diviser ses forces quand Halder à proposé d'en envoyer une partie sur Paris. VR lui-même confiera à von Bock qu'il avait craint une telle chose. On n'est donc pas dans la "théorie" (je précise au passage à François que ce n'est pas parce que les Alliés seront lents à monter de telles entreprises et incapables de les réussir, que les Allemands sont paur autant assurés. Je signale également qu'il y aura au moins une tentative de percer la poche le 27 à Abbeville, avec la 4ème DCR de De Gaulle, qui ne sera arrêtée que par quelques canons héroïquement restés fidèles au poste, si je me souviens bien)


 

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