Chef Chaudart a écrit:Alain et Loîc nous ont indiqué ici la difficulté qu'il y avait à connaitre l'état réel des unités mobiles aux 23 et 24 mai 1940.
Encore faudrait-il qu'Alain Adam et Loïc Charpentier fassent autorité sur ces questions... J'ai bien montré que tel n'était pas le cas.
Alain Adam, notamment, a trouvé le moyen de se contredire lourdement à deux reprises (exemple 1, exemple 2), tout dédaignant les documents contredisant sa théorie. Que voilà, assurément, une démarche scientifique et rigoureuse...
Quant à Loïc Charpentier, son seul argument documentaire vient de tomber à l'eau, outre qu'il s'est bien gardé de répondre aux questions gênantes.
Il me semble que ce point devrait être creusé afin de déterminer si, effectivement, elles avaient la capacité de prendre ou masquer la ville et de la mettre en défense.
Relisez ce que j'écris: il n'était pas nécessaire de prendre Dunkerque le 25 mai, ou même le 26, pour achever l'encerclement des Alliés.
Or donc, bis repetita (et notez que je perds vraiment patience, pour le coup), comme cela a déjà été indiqué à plusieurs reprises par moi-même et d'autres contributeurs, il n'était même pas indispensable pour les Allemands de forcer le verrou (usé le 24 mai) de Gravelines puis de fondre sur Dunkerque. Il leur suffisait de contourner l'obstacle, de percer plus au sud, à Hazebrouck, de foncer sur Cassel, et de faire jonction avec le Groupe d'Armées de Von Bock, pour interdire aux forces alliées, engagées bien trop au sud, de remonter vers les ports de la Manche, dont Dunkerque. L'historien Hans-Adolf Jacobsen le confirme ("L'erreur du commandement allemand devant Dunkerque", op. cit., p. 71):
Hans-Adolf Jacobsen a écrit:Selon toute vraisemblance, les unités rapides allemandes, en continuant leur mouvement le 25 mai, se seraient emparées des hauteurs d'Hazebrouck, d'où elles n'étaient plus qu'à 42 km de Menin, occupée le 24 par le Groupe d'Armées B. On peut se demander si, dans ces conditions, toutes les forces ennemies rassemblées au sud de la Lys auraient réussi à gagner à temps les ports du Pas de Calais.
C'est d'ailleurs ce que le général Halder avait en tête au matin du 24 mai:
Dans son Journal, le 24 mai, Franz Halder a écrit:11 h. Le général Mieth est dépêché au sein de la 4. Armee pour communiquer les idées suivantes:
A) Rétablir la situation à Béthune. Une fois les hauteurs sécurisées, la poursuite de la ruée des blindées devrait être envisagée à travers la ligne Estaires - Cassel, sur Ypres, en vue de rejoindre le saillant creusé par la Sixième Armée à travers la Lys, en direction de Roulers.
B) Apporter de l'artillerie à longue portée pour la défense de la côte contre les bombardements navals ou toute tentative de débarquement des Britanniques. [...]
C'eût été consommer l'encerclement avant même de prendre Dunkerque. Cependant, on sait Hitler fera voler en éclats cette stratégie par son ordre d'arrêt. Le chef de la 4. Armee, Von Kluge, n'aura plus qu'à se lamenter, le 25 mai 1940: "Si j'en avais eu le droit, aujourd'hui les chars se trouveraient sur les hauteurs de Cassel" (cité dans Jacobsen, Dünkirchen, op. cit., p. 97, qui cite le KTB de la 4.Armee, entrée du 25 mai 1940).

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