SCHIFFERS Michel a écrit:@ Marduk (en réponse à votre 'post' # 214 :alias marduk a écrit:votre approche diffère du tout au tout avec celle de François puisque celui-ci maintient que l'offre vise à un arrêt immédiat des combats et prévoit des conditions magnanimes pour la GB ET la France
Votre jugement est sans aucun doute excessif... parce que "trop rapide"... mais vous n'y pouvez rien, c'est de ma faute...
En effet, je me rends compte que
ma réponse à Soxton (cf. mon 'post' # 213) est incomplète, toutes mes excuses !!... Je n'y ai pas évoqué le "volet français" des "offres de paix généreuses" de Hitler du 6 mai...
Je vais donc réparer cet oubli dès maintenant...
En réalité,
je ne crois pas à la sincérité de Hitler vis-à-vis des Français...
Je pense que Hitler est plus "retors" que ça... Il y a une "manoeuvre dans la manoeuvre"...
Notons-le bien, c'est également une façon d'agir typiquement "hitlérienne", car Hitler ne se fixe jamais aucune limite pour atteindre ses objectifs.
En faisant accroire aux Français que, via des dispositions spécifiques leur applicables et apparemment très modérées, ses "offres généreuses" du 6 mai les concernent également au moment où elles viendraient à s'appliquer aux Britanniques (c'est-à-dire au moment où ses blindés auront atteint la côte),
Hitler affaiblit la cohésion du camp allié : c'est "au premier qui craquera" et, si ce sont les Français, comme Hitler l'espère (et comme cela se produit, du reste), ils ne vont pas tarder à mettre la pression sur les Britanniques afin qu'ils acceptent eux aussi d'envisager favorablement les offres de Hitler, car les Français (en réalité encore en bien plus mauvaise posture, à ce moment-là, que les Britanniques parce qu'ils seront non seulement privés de composantes essentielles de leur Armée, comme les Britanniques, mais ils seront déjà aussi partiellement envahis et occupés, tout cela augurant très mal de leur capacité à défendre le reste du territoire national, lequel serait ainsi exposé à une menace d'invasion et d'occupation totales), les Français donc, ne voudront probablement pas "spontanément" gâcher ce qui devrait leur apparaître comme étant la meilleure chance qu'ils auront jamais de pouvoir "limiter la casse" en acceptant de reconnaître immédiatement leur défaite.
Hitler spécule sans aucun doute sur le fait que les Français devraient faire pression sur le camp britannique pour que l'acceptation des offres allemandes par les Alliés vaincus fût "simultanée" ou "conjointe", en délivrant un message du genre :
"Nous sommes fichus !... La guerre est perdue, mais tâchons de sauver ce qui peut l'être... Si nous sommes alliés "jusqu'au bout", alors ce sera aussi dans la défaite... Quitte à plonger, plongeons ensemble !...".
Pour Hitler, ce mouvement d'acceptation simultané ou conjoint par les Alliés des conditions allemandes aurait le mérite d'entraîner la capitulation immédiate de tous ses adversaires occidentaux. Et s'il peut obtenir ce résultat dès la fin du mois de mai (p.ex. pendant la "pause" liée à son "Haltbefehl"), eh bien c'est parfait : cela lui permettrait d'économiser un certain nombre de ses précieux moyens en évitant des pertes humaines et matérielles, etc.
Donc, Hitler tente également cette manoeuvre
(et pourquoi ne le ferait-il pas, du reste ?... Il a tout à y gagner...) et nous nous retrouvons effectivement, à la fin du mois de mai, avec des "offres de paix" généreuses"
en direction des deux alliés, à savoir l'Angleterre
et la France.
(Ce qui, soit dit au passage, nous ramène donc bien au schéma décrit par François Delpla)Quand je dis que
je ne crois pas à la sincérité de Hitler vis-à-vis des Français (auquel il a effectivement fait des "offres généreuses" aussi, en principe applicables simultanément à celles de l'Angleterre), c'est parce que, en réalité, il envisage d'appliquer aux Alliés un
"traitement asymétrique" (à savoir celui que j'ai déjà décrit dans ma réponse à Soxton - cf. mon 'post' # 213 - raison pour laquelle je ne vais pas le reproduire ici).
Bref, ce que Hitler a omis de dire aux Français, c'est qu'il leur réserve en réalité un sort beaucoup moins favorable qu'ils le pensent. Mais,
tactiquement, au moment du "Haltbefehl", il a besoin de faire croire le contraire aux Français, afin d'optimiser les chances de réussite de sa "manoeuvre diplomatique".
Constatons que cette
"manoeuvre hitlérienne dans la manoeuvre" a failli réussir, elle aussi, parce qu'il faudra toute l'énergie de Churchill pour remettre (temporairement) sur les "bons rails" de la poursuite de la lutte un Paul Reynaud complètement déboussolé, convaincu de la nécessité de conclure immédiatement la paix lorsqu'il débarque à Londres le 26 mai (pour se concerter avec Churchill sur la conduite à tenir face aux "offres allemandes").