Mai 1940 les Fairey "Battle" à la peine
Ce fil fait référence à celui concernant le bombardement de Malmédy
Le Fairey Battle, bombardier léger ou avion de reconnaissance monomoteur d’entre les deux guerres, connut le sort de bien des appareils de cette époque : moderne en 1936, il était déjà désuet en 1939.
Conçu dès 1933, initialement prévu comme biplace, il devait pouvoir emporter quelque 500 kilos de bombes et disposer d’une autonomie d’au moins mille kilomètres. En fait, ce bombardier moyen était déjà sur son déclin mais, face à la renaissance de la Luftwaffe et l’obligation de remplacer un matériel usé et vieillot, la RAF passa commande de 150 Battle. Le prototype ayant surclassé ses trois autres concurrents (Armstrong Whitworth, Bristol et Hawker). L’appareil allait être remotorisé et connaîtra par la suite diverses modifications. C’est ainsi que l’équipage fut porté à trois hommes.
Fin 1937, 85 Battle étaient en service. Jusqu’à la fin de l’année 1940, pas moins de 2419 machines allaient être construites. la Belgique ainsi que la Grèce allaient mettre en ligne des Battle. Une succursale des usines Fairey étant établie à Gosselies (près de Charleroi), 18 de ces monomoteurs de combat y furent construits sous licence. l’Aéronautique Militaire. belge allait employer activement le Fairey Battle mais avec un équipage de deux hommes.
3 Fairey Battle du squadron 218


11 mai 1940
La matinée du 11 voit la célèbre attaque des ponts du Canal Albert par les Battle belges, épisode devenu mythique dans l’histoire de l’aviation militaire . Depuis 03h00, ordres et contre-ordres s’étaient succédés. La mission de bombardement avait été annulée et remplacée par des reconnaissances. Puis, au moment de décoller, ces opérations furent à leur tour annulées tandis que le bombardement redevint prioritaire.
Les mécaniciens durent donc replacer avec difficultés les bombes qu’ils avaient retirées une heure auparavant ! Cette attaque débutait ainsi sous les meilleurs auspices… D’autant plus que les appareils dépourvus de viseurs doivent attaquer à deux cent cinquante mètres d’altitude maximum et que, les interphones étant douteux, pilote et observateur/radio ne peuvent que difficilement communiquer. Les neuf Battle disponibles allaient opérer en trois pelotons de trois, parfois protégés .
3 Fairey Battle du squadron 88 escortés par 5 Curtiss H 75 français de la 1ère escadrille du GC I/5


15 mai 1940
La chute de Sedan va ouvrir aux Allemands la porte de la plaine de Reims. Face à la progression inexorable des envahisseurs, l’AASF ( Advanced Air Striking Force ) doit procéder à l’évacuation progressive de ses unités. Le Squadron 114 évacue Condé pour Crécy. Le 139 ème quitte Plivot pour se porter à Lannoy. Le squadron 150 déménage d’Ecury à Pouan, le squadron 218 abandonne Auberive pour Prosnes .
À chaque fois, des épaves de Battle plus ou moins en bon état seront laissées sur place ainsi que, souvent, un important matériel et des pièces détachées que l’on ne peut emporter. On détruit ce que l’on peut mais tout se fait dans la précipitation et souvent, les Landser tomberont sur du ravitaillement et de l’armement qui trouveront rapidement acquéreurs… Cette pénurie allait limiter les capacités de réparation des appareils au sein des escadrilles. Toute cette journée, seuls des bombardiers moyens Bristol Blenheim opèrent en combat.
Chargement de bombes de 110 kgs


Il est alors décidé en haut lieu que les Battle devront continuer à être engagés mais seulement dans des opérations nocturnes. Ce faisant, les équipages survivants feront bon usage de l’expérience acquise lors des nombreuses manœuvres accomplies de nuit tout au long de la Drôle de guerre. À Aalter, les Belges n’ont plus de Battle en état de vol. Tous restent ainsi cloués au sol. L’heure est grave pour les Alliés. Ce 15 mai, cinq jours à peine après l’offensive allemande, Paul Reynaud, affolé, contacte les Britanniques, employant déjà, lors de cette conversation téléphonique, le mot fatidique de « défaite ». En soirée du 15, les Battle partent pour leur première mission offensive de nuit. Le squadron 142 devrait être de la partie mais son terrain ayant été peu avant bombardé, l’aire de décollage ne peut être remise en état à temps. Les squadron 12 et 88 vont ainsi envoyer respectivement six et deux appareils sur la région de Monthermé. Un Battle ne peut décoller. Les autres effectueront une mission sans histoire mais probablement également sans grand impact.
Les pertes résultaient de tactiques mal pensées et de l'emploi de poignées de bombardiers régulièrement sans escorte sauf rares exceptions.
On aura compris que ces missions, tant de la RAF que l'Aéronautique Belge furent des missions que l'on peut qualifier de suicides. Les commandements n'ont pas réalisés ou n'ont pas voulu se rendre compte que les ordres donnés emmenaient les courageux équipages à leur perte et cela, pour un bien piêtre
résultat . L'aviation française de son coté connaitra un sort similaire.
Quelques chiffres :
Le 10 Mai, 13 avions perdus sur 32 envoyés (40% de pertes), tous les autres étant fortement endommagés.
Le 11 Mai, 7 avions sur 8 sont perdus (88% de pertes).
Le 12 Mai, Les 5 avions partis bombarder les ponts routiers traversant le Canal Albert seront tous détruits.
Le 14 Mai, 63 Battle sont envoyés essentiellement sur Sedan. 35 de ces équipages n’en reviendront pas (55 % de pertes).
Le 15 Mai Aucune perte
Enfin quelques caractéristiques du Battle;
Un moteur Rolls Royce 'Merlin II" de 1030 cv
Poids maximum de 4900 kgs
Vitesse en croisière : 320 km/h et quelques 400/410 km/h
Ces appareils n'avaient pratiquement aucune chance face aux chasseurs ennemis.
Emport en bombes; jusqu'à 500 kgs
1 mitrailleuse de 7.7 mm dans l'aile droite et 1 en défense
Souces;
Aircraft of the RAF since 1918 - Putnam 1962
Histoire de l'Armée de l'Air
Batailles aériennes-lela presse
https://www.anciens-aerodromes.com/?p=33864

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