Inventaire des commandes pour l’Armée de l’Air aux USA – 1938/40
Plantons le décor ! !
A la fin de la PGM, l’aviation française était considérée comme l’une des meilleures du monde si ce n’était la meilleure. Cet état d’esprit eu comme corollaire que les gouvernements de l’époque tout comme les constructeurs français se sont quelque peu reposés sur leurs lauriers. N’a-t-on pas dit que la Grande guerre était la Der des Der ?
L’aviation française prit enfin conscience de la situation au début des années 30 ce qui induira des programmes de construction plus ou moins dans l’urgence. Ceux-ci s’avéreront inadaptés aux missions modernes, l’Armée de terre exigeant que l’aviation soit mise à son service !
Les commandes passées dans les années 1930-1933 ne sortiront des chaînes qu’en 1936/37. Ces appareils étaient alors bien souvent déjà périmés avant même leur sortie d’usine comparés aux productions allemandes ou britanniques du moment. Le retard pris par la France était on ne peut plus flagrant. Il ne faut pas non plus oublier dans ce contexte que les grèves de 1936 en province, aux usines Breguet du Havre, se propagent dans les entreprises aéronautiques chez Latécoère à Toulouse puis gagnent la région parisienne et les principales régions industrielles !
Dans le même temps, le meeting aérien international de 1937 à Zurich fit prendre conscience de l’avancée technologique de l’Allemagne. Le réveil fut douloureux et franchement humiliant…
Ajoutons que les constructeurs aéronautiques furent nationalisés sous l’impulsion de Pierre Cot, alors ministre de l’Air.
Tout ceci pour dire que les difficultés rencontrées par tous les industriels français afin de rattraper le retard et produire rapidement des avions modernes dont l'Armée de l'Air avait grand besoin amenèrent le pays à se tourner dès 1938 principalement vers les Etats-Unis mais pas seulement.
Ajoutons également que la signature du pacte germano-soviétique de 1939 amena son lot de sabotages dans les usines d’aviation ne faisant que retarder encore plus les productions qui n’en avait vraiment pas besoin !
Détail des commandes passées aux Etats Unis
Initialement entre 1938 et 1939, ces contrats portaient sur 2035 appareils auxquels il y a lieu d’ajouter des moteurs de rechange et des pièces détachées. En juin 1940, le nombre d'avions en commande outre-atlantique atteindra le chiffre de 4426 de tous types !
En fait, seulement 1377 appareils seront effectivement livrés. De ce chiffre, on notera qu’uniquement 489 furent pris en compte. Ainsi fallait il assembler les appareils livrés en caisse et les adapter aux normes françaises. Les appareils devaient être réalignés avec des équipements français : collimateurs, radios etc... De même, la manette des gaz devait être mise au standard Français (le sens : poussé/tiré était inversé chez les anglo-saxons) et bien sur tous les instruments seront gradués en unité métrique.
Les commandes dans le détail.
Curtiss H-75A-1: 100 exemplaires commandés le 9 septembre 1938
Curtiss H-75A-2: 100 exemplaires commandés le 5 mars 1939
Curtiss H-75A-3: 135 exemplaires commandés le 5 octobre 1939
Curtiss H-75A-4: 81 appareils commandés le 5 octobre 1939 + 20 autres le 15 novembre 1939
131 machines furent remises à la commission d'achat aux Etats-Unis au 16 juin 1940 dont 81 déjà en route vers la France ou l'Afrique du Nord.

Curtiss P 40 ci dessous
Curtiss H-81(P-40): 100 appareils commandés le 5 octobre 1939. Toutes ces machines ont été commandées sans blindage ni réservoirs auto-obturant (ces équipements seront rajoutés à la demande des britanniques sur les 90 derniers appareils, les 140 premiers ne pouvant les recevoir en raison de leur fabrication déjà bien avancée).

Bell 14 (P-39 Airacobra): 200 appareils commandés le 19 avril 1940, marché modifié peu de temps après à 170 machines montées et 30 autres à livrer en caisses.
Lockheed L-322 (P-38 Lightning): 800 machines commandées conjointement avec les Britanniques, marché qui sera réduit à 667 appareils montés le 18 mai 1940. La France espère s'octroyer 417 exemplaires.
Douglas DB 7 (A-20 Boston): 170 exemplaires commandés en octobre 1939 (116 livrés en juin 1940),
Douglas DB 7-3: 480 exemplaires commandés les 8 et 18 mai 1940, (moteurs plus puissants) dont la moitié devait être construite sous licence par Boeing.
L’Etat-major de la Marine passa une commande de 90 Douglas DB-7A comme éclaireurs de combat mais l'Armée de l’Air fit jouer son droit de préemption sur cette commande à son profit avant même que la commande ne soit passée. (décision du 11.10.1939). Le DB-7A correspondait au matériel demandé par la Marine alors que le DB-7 étant celui de l'armée de l’air.
Douglas DB 7 n°1

Glenn Martin 167 F

Martin 167F (A-22 Maryland): 245 commandés avant la guerre en deux contrats. Un contrat supplémentaire portant sur 130 machines fut signé le 14 octobre 1939 (avec réservoirs auto-obturants et blindage, contrairement aux 245 premiers appareils) et un dernier contrat sera signé le 7 juin 1940 pour 150 exemplaires avec des moteurs R-1830-S3C4-G plus puissants. En définitive, l’Armée de l’Air ne reçu que 97 de ces bombardiers.
Curtiss SBC Helldiver

Curtiss CW.77 (SBC Helldiver): 50 exemplaires commandés le 8 juin 1940 (contrat n°132). Pour accélérer la livraison, un accord de principe est signé le même jour pour que l'US Navy se sépare de 50 SBC-4 stockés dans ses dépôts en contrepartie des 50 appareils de la commande française. 44 appareils seront embarqués sur le P/A Béarn le 16 juin 1940, après passage à Buffalo, tandis que cinq appareils étaient toujours à Halifax. Le chiffre de 90 appareils pour la commande française est issu de pourparlers - peu avancés - datant de 1939 qui n’aboutiront pas.
Northrop A-17: Prélèvement accéléré des A-17 (ex USAAF) autorisé le 15 juin 1940 par le gouvernement américain pour livraison à la France. 93 appareils reconditionnés qui seront finalement livrés à la Grande Bretagne entre le 19 et le 21 juin 1940 (avions sans blindages).
Consolidated 32 (LB-30MF) (B-24 Liberator): 55 appareils commandés le 4 juin 1940, puis 110 autres avions le 15 juin 1940 (catégorie Bn7 : bombardier nocturne - 7 hommes) destiné à remplacer les Farman totalement obsolètes)
NAA-57

North American NAA-57: 230 commandés, tous livrés en juin 1940.
North American NAA-64 (BT-9): 200 exemplaires commandés le 10 octobre 1939 pour l'armée de l'air et 30 autres appareils commandés le 28 mars 1940 pour la marine. Au final, 111 seront livrés à la France en juin 1940.
North American NAA-76 (AT-6 Texan): 450 appareils commandés le 28 mai 1940;
Stinson 105: 38 exemplaires achetés d'occasion le 20 mai 1940 (le contrat, n°126, n'a jamais été signé),3 embarqués à destination de la France en juin 1940, les cinq autres restant à Halifax.
Grumman G-36

Grumman G-36A (F4F Wildcat): contrat pour l’Aéronautique navale passé pour 100 exemplaires au départ, chiffre qui sera ramené à 81 le 1er mai 1940, le solde étant à livrer en piéces détachées. Cette commande, de 81 exemplaires, groupée avec une dizaine supplémentaire pour la Belgique fut transférée à la Royal Navy qui baptisa ses F4F « Martlet » .
Chance Vough 156F

Chance-Vought V-156F (SB2U Vindicator): 40 appareils commandés avant-guerre et livrés, 50 autres commandés le 1er mars 1940 mais non livrés.
Consolidated 28-5MF (PBY Catalina): 30 appareils commandés en décembre 1939 puis dix exemplaires supplémentaires le 10 mai 1940. Aucun PBY ne sera réceptionné par la France.
A suivre

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