Le Nakajima J9N1 « Kikka »
ou 'Fleur d'Oranger' ou encore appelé "Kōkoku Nigō Heiki" ( Arme n° 2 de l'Empire japonais)
ou 'Fleur d'Oranger' ou encore appelé "Kōkoku Nigō Heiki" ( Arme n° 2 de l'Empire japonais)
Les performances du Me 262 ne laissèrent certainement pas les Alliés ni les forces de l’Axe indifférents. Les ingénieurs japonais s’ intéressèrent de très près à ce nouveau mode de propulsion pensant probablement qu’il pouvait changer le cours de la guerre mais le temps jouait contre le Japon.
L’attaché militaire du Japon en Allemagne avait été convié à assister aux essais du Messerschmitt Me 262. La marine impériale japonaise demanda à la société Nakajima d’étudier un appareil similaire pouvant être utilisé pour l'attaque au sol. L'une des spécifications requises était de pouvoir être construit en grande partie par des ouvriers non qualifiés. De plus, les ailes devraient être repliables dans le but de pouvoir dissimuler l'avion dans des grottes ou des tunnels dans tout le Japon. L’aéronavale japonaise se préparait alors à défendre les îles japonaises contre une prochaine invasion alliée (opération Downfall).
Les ingénieurs de Nakajima, Kazuo Ohno et Kenichi Matsumura, conçurent alors un appareil à la silhouette inspirée du Me 262 mais là s’arrête la ressemblance car le projet japonaise est de taille plus petite et doté de moteurs nettement moins puissants. Les travaux débutèrent dès septembre 1944.

Pour son premier vol, le Nakajima Kikka reçut deux turboréacteurs. Ne-20 à flux axial de 475 kgp. Mais il apparut rapidement qu'une fusée d'appoint était indispensable en phase de décollage. Le 7 août 1945, le « Kikka » accomplit son premier vol depuis la base aéronavale de Kisarazu, piloté par le Commandant Sasumu Tanaoka..
Le mois suivant, le prototype sera démonté et transferré sur le terrain d'aviation de Kisarazu, où il sera ré-assemblé et préparé pour les premiers essais en vol. Le premier vol a lieu le 7 août 1945. L'avion révèla de bonnes performances générales au cours d'un vol d'essai de vingt minutes, avec pour seul souci la longueur de la course au décollage.
Le second vol 4 jours plus tard fut un échec, Le pilote d’éssais, Tanaoka refusant de décoller pour cause d’un montage incorrecte des fusées d’assistance au décollage
Le pilote était inquiet à cause du positionnement des tubes des fusées, mais le temps manquait pour corriger cela . Il fut néanmoins décidé de simplement réduire la poussée des fusées de 800 kgp de moitié. Quatre secondes après le roulage, les fusées furent activées, ce qui immédiatement fit basculer l'avion en position cabrée laissant alors le pilote sans contrôle de sa machine !.
Après 9 seondes de combustion des fusées, le nez de l'avion s’abaissa, la roulette de nez reprenant contact avec la piste. Cette manœuvre entraîna une décélération soudaine, mais les deux moteurs fonctionnaient encore normalement. À ce stade, le pilote décida d'interrompre le décollage, mais ses difficultés à stopper la course de l'avion et à effectuer un demi-tour risquaient de voir l'appareil percuter des bâtiments. Finalement, l'avion chuta dans un fossé de drainage bloquant le train d'atterrissage. L'avion continua sa course pour finalement stopper en limite de piste.
Avant qu'il ne puisse être réparé, le Japon avait capitulé mettant fin à la poursuite du programme de ce bi-réacteur nippon..
Le deuxième prototype se trouvaient en voie d'achèvement pendant que 23 appareils restaient en cours d’assemblage à l'usine principale de Nakajima à Koizumi . L'un de ceux ci était prévu comme avion biplace destiné à l'entraînement .
Le pilote d’éssais, Sasumu Tanaoka s'installe à son poste


Ce plan est à rapprocher de celui du Me 262 .


Le Nakajima ‘Kikka’ en quelques chiffres
Bombardier monoplace d’attaque au sol.
Moteurs : 2 turboréacteurs Ne-20 à flux axial de 475 kgp.
Performances :
vitesse maximale à 10 000 m, 670 km/h ;
Plafond pratique, 12 000 m;
Autonomie : maximale : 890 km.
Masse à vide, 2 300 kg
Masse maximum au décollage, 4 312 kg.
Dimensions : Envergure, 10 m; longueur, 9,25 m ; hauteur, 3,05 m;
Armement :Pour la version de chasse, il était prévu 2 canons Type 5 de 30 mm, dans le fuselage.
2 bombes de 250 kgs ou 1 bombe de 500 kgs ou 1 bombe de 800 kgs
Ces chiffres sont à comparer avec ceux du Me 262. Cela permet de bien se rendre compte qu’il s’agit bien de deux avions très différents
Le revoici après récupération par la RAF avec le marquage du Technical Air Intelligence Units South east Asia .

Maquette illustrant le repliage des ailes

Après la guerre
Après la guerre, plusieurs fuselages (et probablement aussi d'autres fuselages incomplets) sont amenés aux États-Unis pour y être étudiés.
Aujourd'hui, il n'existe plus qu'un seul exemplaire, qui est exposé aux États-Unis au National Air and Space Museum . Cet appareil exposé est très incomplet et il est même possible qu'il soit le résultat de la canibalisation de différents fuselages semi-achevés.
Deux moteurs Ne-20 amenés aux États-Unis seront étudiés par Chrysler en 1946. Un moteur sera assemblé par prélèvement de parties sur deux Ne-20, et testé pendant 11 heures et 46 minutes. Le rapport d'études est publié le 7 avril 1947, intitulé « Le Turboréacteur japonais NE-20. Construction et performance ». Ce document est aujourd'hui exposé au musée national de la Nature et des Sciences de Tokyo.
Merci à notre membre ‘Shiro’ pour la traduction franco-japonaise.
Sources
Les chasseurs japonais. B.Millot -Docavia n°7
https://www.deviantart.com/sport16ing/a ... -862109954
War planes of the second world war Vol 4 Willlian Green - 1961

Se Connecter









Bernard, c'est très intéressant.

Bravo Coyote !



. . . 
dans: