Après avoir évoqué la Chasse de nuit allemande, je vous propose de nous intéresser à son homologue britannique qui, on s’en doute, n’est certainement pas resté passif, bien au contraire.
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La RAF, en 1940 a de son coté, fait preuve d’ingéniosité et d’invention alors que les premiers radars apparaissaient. Ces nouveaux équipements changèrent la Chasse de nuit mais il fallait trouver un chasseur apte aux missions nocturnes. Le choix était vite vu : le Bristol Blenheim ou le Boulton Paul Defiant ?
Par la suite, d’autres options se firent jour avec un indéniable succès. Ce sera l’arrivée en escadrille du Bristol Beaufighter qui sera suivi par le de Havilland DH 98 Mosquito qui se révèlera être une réussite à plus d’un titre.
Voyons tout cela d’un peu plus près.
Les Anglais avaient, dans un premier temps, mis au point ce qu’ils appelaient une « boite magique » autrement dit ‘l’Airborne Interceptor Radar’ ou « AI » qui permettait de trouver l’ennemi dans l’obscurité. Ce système de détection radar , si essentiel lors de la Bataille d’Angleterre, fut amélioré par les ingénieurs tant pour ses qualités que pour son encombrement puisqu’il devenait possible de l’installer à bord d’aéronef. C’était alors le navigateur qui faisait fonction de radariste.
RADAR = Radio Detection Ranging
Le premier avion équipé de ce radar de guidage fut, faute de mieux, le Bristol Blenheim Mk 1F (F pour Fighter). Ce bombardier fut quelque peu allégé de ses équipements prévus pour le bombardement, devenus inutiles, Plusieurs avions reçurent une peinture ‘spéciale nuit’ sur toute la machine sans aucune cocarde d’extrado (surfaces inférieures). Discrétion oblige !
Quelques 200 Blenheim Mk I furent modifiés en chasseur d’escorte bimoteur avec quatre mitrailleuses fixes Browning de 7,7 mm logées dans un carénage ventral avec 500 cartouches par arme, Cet appareil se révéla un piètre chasseur de jour, proie facile des monoplaces ennemis, mais un excellent chasseur nocturne, équipé successivement des radars d’interception AI Mk II, III et IV. Les premières sorties de nuit eurent lieu fin décembre 1939, et la première interception réussie fut réalisée dans la nuit du 22 au 23 juillet 1940 avec un radar AI Mk IV.
Bristol Blenheim de première génération

A cette époque, la DCA utilisait les mêmes moyens de détection que les projecteurs et pouvait manquer d’efficatité avant l’arrivée de moyens de pointage plus précis. Très au courant des ces difficultés, les autorités compétentes engagèrent tous les efforts possibles en 1940 pour y remédier avec succès.
La mission de chasse de nuit ou de jour par mauvais temps lorsque les chasseurs monomoteurs ne pouvaient intervenir revint aux Squadrons équipés de ‘Blenheim’.
Le Boulton Paul « Defiant » fut également affecté à cette tâche quelque peu désespérée de chasse de nuit sans radar embarqué. Les quelques succès remportés par ces appareils le furent par un brillant clair de lune ce que la Luftwaffe comprit raoidement et évita des nuits là ! De plus,l’identification certaine était indispensable avant d’ouvrir le feu. Il était donc nécesssaire que le chasseur se rapproche à courte distance, augmentant ainsi le risque de se faire repérer. Il était donc très important que le chasseur dispose d’une puissance de feu suffisante pour garantir la mise hors service de la cible à la première rafale.
Bien que légèrement plus petit et ayant le même moteur que le Hawker Hurricane, il était environ 22% plus lourd et 40 km/h plus lent que ce dernier. Ceci était dû au poids et à la traînée de la tourelle dorsale montée derrière l’habitacle du pilote. Armée de quatre mitrailleuses Browning .303 de 7,7 mm, elle était actionné par une pompe hydraulique gérée électriquement. Il faut noter que la tourelle quadruple pouvait pivoter et tirer sur 360°. Curieuse formule qui ne fit pas merveille en combat aérien.
Le Boulton Paul Defiant - On notera la grande antenne émettrice et les plus petites sur le bord d'attaque droit

[b] Aurait il abattu 3 voire 5 appareils allemands ? On peut le penser !

Ici, une version avec les deux antennes sous le fuselage ( la réceptrice à l' arrière est bien entendu rétractable )

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Ici en chasse de jour

En fait aucun moyen d’identification « ami ou ennemi » absolument fiable ne fut mis au point pendant le conflit. Malgré des moyens d’identification raisonnablement efficaces, il fut prouvé qu’un objectif n’affichant pas le signal d’identification pouvait être un avion-ami dont le boitier ne fonctionnait pas ou n’était pas branché. En d’autres termes, l’IFF (Identification Friend or Foe) pouvait indiquer de façon certaine qu’un objectif était « ami », évitant ainsi une interception inutile, mais l’absence de signal IFF ne garantissait pas pour autant le caractère hostile de la cible.
Les ingénieurs n’ont eu de cesse de trouver des solutions aux problèmes qui se posaient. Un appareillage radio à très haute fréquence (VHF) avait été développé et offrait plus de clarté et de portée des les anciennes radios. De même les instruments de vol sans visibilité avaient été très améliorés et les pistes anglaises avaient été bien balisées sur les bases de chasse de nuit. Le radar embarqué AI était à l’étude depuis 1936. Ces premiers modèles de radar avaient été testés avec des résultats très encourageants sur les ‘Blenheim’.
Un nouveau chasseur de nuit, le Bristol ‘Beaufighter’ commencait à équiper les Squadrons en 1940. Il était équipé d’une radio VHF, d’instruments raisonnablement fiables et d’un radar embarqué. Il emportait 4 canons de 20 mm et de pas moins que 6 mitrailleuses de 7 mm. C’est ainsi que la plupart des problèmes posés par la chasse de nuit furent résolus, malheureusement trop tard pour contrer le ‘Blitz’ de 1940.
Le Beaufighterr et son radar implanté dans le nez de l'appareil


Les armuriers à l'oeuvre

L'installation du système radar à bord du Bristol Beaufighter

Le poste du radariste à l'arrière de l'avion

On voit bien sur cette photo le poste du radariste

Pratiquement toutes les photos sont d'origine IWM (Imperial War Museum)
A suivre sous peu

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Didier



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