Loïc Charpentier m' a écrit:[.../...]
Il y a également un détail qu'il convient de ne pas omettre, les Allemands avaient donné la "priorité" au développement des "lampes à souder", les réacteurs, dont la fabrication des étages de la "turbine" exigeait, au demeurant les alliages d'acier les plus pointus. A l'inverse, si on se penche du côté des Alliés occidentaux, hormis le "Gloster Meteor" britannique, il n'y avait rien eu d'équivalent jusqu'en mai 1945... même si les Allemands étaient, eux-mêmes, restés "coincés", quant à la puissance développée par leurs réacteurs. Certes, Ils avaient bien sous le coude une seconde génération plus puissante, mais leurs plans réalisés et travaux préparatoires effectués, qui n'avaient pas abouti à une mise en fabrication, avaient, alors, très rapidement été exploités au seul bénéfice de leurs "Vainqueurs".![]()
Quand on s'amuse à fouiller dans les bouquins traitant des "projets" allemands en 1944-1945", il en y en a, certes, un gros paquet qui n'avaient, selon moi, été bien souvent que des "élucubrations, quelque peu "alcoolisées", résultats de généreuses "tournées d'apéros" de fin de matinée de vendredi, suivies du repas de midi et, le lundi matin, d'une "volonté" de la part de son initiateur, d'un travail de dessin afin de prouver son supposé "bien-fondé"!
J'ai eu bossé durant "10 ans", de 1978 à 1987, dans une entreprise industrielle alsacienne et "rurale" de + 600 employés, ouvriers, techniciens et cadres, l'apéro généreusement arrosé de "fin de matinée du vendredi" était quasiment de règle, à chaque fin de semaine, pour toute occasion jugée "importante"!Il n'avait pas pour autant, loin de là, un "aspect négatif", car la convivialité "temporaire" alors existante avait souvent l'avantage de confronter les "décideurs" aux réelles contraintes techniques qu'imposaient leurs initiatives.
C'est un peu pareil dans le "tas de projets "futuristes allemands", certains avaient été beaucoup plus réalistes et concrets, sauf que les moyens technologiques de l'époque n'avaient pas permis de les mener à bien! Il existe, ainsi, un exemple "tout bête", le bombardier B-2 américain, qui vient d'opérer, il y a quelques heures, au-dessus du territoire iranien, ressemble "comme deux gouttes d'eau" au projet allemand Horten Ho XVIII B-1, qui, lui-même, n'avait pas vu le jour!![]()
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D'abord, quelques éléments financiers sur les prix des avions allemands, essentiellement pris sur le forum ww2aircraft.net :- Focke-Wulf FW-190 D9 à moteur Jumo 213 : 56.600 DRM en 1944, dont près de la moitié pour le moteur,
- Messerschmitt Bf-109K à moteur DB-605 : environ 40.000 DRM en 1944, dont la moitié pour le moteur,
- Messerschmitt Me-262 : 87.400 DRM, + 2 fois 10.000 DRM pour les 2 JuMo-004 en 1944, soit 107.400 DRM
- Junkers Ju-88 à 2 moteurs JuMo-211 : 139.300 DRM en 1943
Par comparaison, on peut encore citer :
- V1 : 3.500 à 5.090 DRM en 1944
- V2 : 38.000 DRM en 1944/45
Photo prise au MAE l'an dernierPour un poids voisin (745kg contre 765 pour le V12), le réacteur est essentiellement construit en acier pour supporter les températures supérieures à 700° auxquelles l'alliage d'alu fondrait ... et l'acier au chrome est à la fois moins onéreux, et plus disponible en 1944/45 !
Mais un Me-262 coûte 2 fois plus cher qu'un chasseur, et presque autant qu'un bimoteur de bombardement tactique ;
Un argument de plus pour Adolf Hitler, qui voulait en faire un bombardier ???
D'un strict point de vue financier, on peut aussi analyser le Heinkel He-162 Volksjager comme une tentative de diminuer cette escalade des coûts en réduisant le prix de plus de la moitié :
- un seul réacteur au lieu de 2,
- utilisation au maximum de matériaux peux onéreux et disponibles (bois, acier, etc ...) ...
Idem
- Produit à près de 1.000 exemplaires dont seuls 2 à 300 environ ont été utilisés en unités, les Me-262 ont obtenu moins d'une centaine de victoires, même si ce sont pour beaucoup des quadrimoteurs B-17 et B-24 ...
- Des 120 exemplaires de He-162 produits, peu ont volé, et leurs victoires aériennes sont inférieures à 10 !!!
Les raisons ?
- Les premiers turboréacteurs manquaient de fiabilité : MTBF (moyenne de temps de bon fonctionnement) de 10 heures début 1944 à 20 heures en 1945 pour un réacteur,
- Ils s'éteignent dès que le flux d'air n'est plus strictement perpendiculaire à leurs entrées d'air (cas de W. Nowotny !)
- Ils accélèrent lentement, aussi bien en combat que sur la piste de décollage, qui doit donc être longue ...
Bref, ils vont vite, et sont bien adapté à l'attaque des bombardiers : piqué, tir, puis ressource.
Mais ils perdent cet avantage dès qu'ils doivent virer : ralentissement et plus de 30 secondes pour faire un 360° ...
Par comparaison, il en faut 25 à un P-51D, un peu plus de 20 pour un Spitfire, un peu moins de 20 secondes pour un Yak-3 ou un La-5FN ; on comprend alors comment Yvan Kojedoub a pu abattre un Me-262 avec son Lavotchkine qui ne dépassait pas le 650 km/h à 4.000 mètres !
On a souvent parlé des Méteors britanniques qui abattaient les V1 aux trajectoires rectilignes, mais peu des américains
La petite centaine de P-59 Airacomet produits en 1943 et 1944 n'offraient que peu d'amélioration de vitesse de pointe, mais souffraient des mêmes défauts que les allemands ; ils ne furent pas employés en opérations, mais pour l'entrainement !
Les premiers P-80 Shooting Star furent produits dès 1944 mais ne furent pas engagés, car de classiques chasseurs-bombardiers étaient plus utiles, et il n'y avait plus de bombardiers nazis ou nippons à intercepter ...
Que pensez-vous de ces considérations ???

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Loïc !
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