Prosper Vandenbroucke a écrit:Son unité progressait de l’Alsace française vers le III° Reich en mars 1945.
Harold Clover pose dans une pièce qu'il a transformée en chambre noire provisoire. Légende originale : « Négatifs en train de sécher dans ma chambre noire improvisée à la Villa Dentel. (Steinbourg ?)
Steinbourg est un village situé à proximité de Saverne, soit à 50 bornes (par la route) de Strasbourg et +/- 75 km de Wissembourg et de la frontière septentrionale allemande. Le dispositif allemand, déployé en Alsace du Nord, suite à l'Opération
Nordwind, déclenchée dans la nuit du 31 décembre 1944/1er janvier 1945, n'avait été définitivement rompu qu'à la mi-mars, le 16 ou le 17, de mémoire; jusque-là, la ligne de front se situait à environ "50 bornes" au nord de Steinbourg.
Dès lors, il est fort peu probable, quand ce cliché avait été pris à Steinbourg, que, dans le secteur "Alsace du Nord", que selon la "légende" du cliché, les unités américaines "
progressaient, alors, vers le III. Reich".
De fait, elles étaient en train de ferrailler pour tenter de rompre la ligne de défense allemande, sachant aussi qu'il avait existé une situation locale militaire un peu particulière, car, suite au déclenchement de
Nordwind, les troupes US, en janvier 1945, avaient reçu l'ordre de "prudemment" évacué le Bas-Rhin, pour se "repositionner" en Lorraine (Moselle), laissant, ainsi, provisoirement les troupes françaises, seules, face aux Allemands - le "Grand Charles" ayant, de son côté, le 2 janvier 1945, refusé tout repli des troupes françaises et venant intentionnellement "dormir" à la Préfecture de Strasbourg, +/- 48 heures après la réduction définitive, le 9 février 1945, de la "
Poche de Colmar" -.
Je sais, c'est un poil compliqué, souvent peu rappelé (et pour cause!), mais les Américains, en janvier 1945, avaient, dans la plaine alsacienne bas-rhinoise, laissé les troupes françaises se démerdaver, toutes seules, pendant "15 jours-trois semaines".
Le fait que le reporter de guerre US fasse sécher ses tofes à Steinbourg, en "mars 1945" prouve bien que l'unité "qu'il suivait" était, alors, toujours engagé dans les combats en Alsace, car, de par son boulot, il était censé "la suivre dans ses bagages", donc de déplacer son "hébergement" en fonction de la progression de ladite unité!

La libération de l'Alsace avait été un situation très compliquée, car, alors que de Lattre de Tassigny, déclarait, le 10 février 1945, à Colmar (Haut-Rhin), après la chute de la Poche, que "
l'Alsace était libérée"... en réalité, la bataille continuait au nord du Bas-Rhin, selon une ligne qui s'étendait +/- depuis Bitche (en Moselle) jusqu'à Bischwiller et Herrlisheim, patelin alsacien situé sur la rive gauche "française" du Rhin, qui avait perduré jusqu'à la mi-mars 1945!
