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Attitude des troupes allemandes à la Libération

Tout ce qui concerne la libération de l'Europe et qui n'est pas développé au sein des sections ci-dessus.
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Re: Attitude des troupes allemandes à la Libération

Nouveau message Post Numéro: 11  Nouveau message de landevenneg  Nouveau message 02 Jan 2024, 22:42

https://www.oue
st-france.fr/bretagne/cuguen-35270/cuguen-le-jour-ou-la-commune-evite-un-massacre-5747602
Cuguen. Le jour où la commune a évité un massacre
À l’occasion de la commémoration du 8 mai 1945, et à l’heure où les derniers témoins de la 2e Guerre Mondiale s’éteignent, à Cuguen, au nord de Combourg (Ille-et-Vilaine) l’une d’entre eux n’a pas oublié le 7 juin 1944.
Ouest-France
Publié le 09/05/2018 à 07h06
Les années emportent les derniers témoins du déroulement de la journée du 7 juin 1944, à Cuguen, près de Combourg (Ille-et-Vilaine). Ce jour-là, la commune a failli connaître le même sort qu’Oradour-sur-Glane, en Haute-Vienne, dont la population fut massacrée le 10 juin 1944 par une division SS.
Enfermée dans l’église
Renée Vaugeois, 90 ans, une habitante de Cuguen, se souvient des événements. Ce 7 juin 1944, elle était enfermée avec d’autres otages, dans l’église que les Allemands s’apprêtaient à incendier. La raison de cette tragique journée trouve son origine dans la mort d’un soldat allemand, tué à l’entrée du bourg, en venant de Combourg.
Tué sur le coup
Les Alliés venaient de débarquer et les soldats allemands avaient pour ordre de remonter vers la Normandie par n’importe quel moyen (vélos, charrettes agricoles ou à pied). Un groupe d’une dizaine de cyclistes allemands s’apprêtaient à traverser le bourg lorsque l’un d’eux s’est arrêté pour remettre sa chaîne de vélo en place. Des tireurs embusqués à quelques dizaines de mètres l’abattirent. Ce qui mit les Allemands en rage.
"Les Allemands sont passés dans toutes les maisons"
Renée Vaugeois, âgée de 16 ans à l’époque, était employée par la famille Crosnier. « J’étais en train de fabriquer du beurre lorsque nous avons entendu une détonation. Les Allemands sont passés dans toutes les maisons en criant Raus cathédrale. »
De 11 h à 17 h, hommes, femmes, enfants et religieux, toutes les personnes qui passaient dans le bourg, étaient dirigées vers l’église par les Allemands.
Le recteur à genoux
Le recteur de l’époque, Jean Delalande, fut conduit manu militari auprès de la dépouille de l’Allemand, qui avait été transporté au café Hubert. Il fut obligé de se mettre à genoux, avec ordre de prier pour le défunt.
Libéré comme tout le monde vers 17 h, il faisait remarquer à ses paroissiens avec une pointe d’humour : « J’ai surtout prié pour vous. »
Quand on demande à Renée Vaugeois quelle image elle a gardé en sortant de l’église ? « Le feu qui ravageait la mairie et la maison Desvaux », un incendie provoqué par les Allemands, en représailles.


 

Re: Attitude des troupes allemandes à la Libération

Nouveau message Post Numéro: 12  Nouveau message de landevenneg  Nouveau message 02 Jan 2024, 22:44

https://www.vrid-memorial.com/liguge-24 ... -a-wagner/
LIGUGÉ 24 AOÛT 1944 : UN DRAME ÉVITÉ DE JUSTESSE GRÂCE AU CURÉ ET À …WAGNER
Le 19 novembre 2015, Pascale Froment et Pascal Fouché sont venus à Poitiers présenter le Journal (1939-1944) de Maurice Garçon devant le public de l’Institut Jacques Cartier. Tout à fait à la fin du temps consacré aux questions, un monsieur assis au second rang, Robert CUQ, bien connu des Poitevins, se leva, et interrogea les orateurs : « est-ce que Me Garçon parle dans son Journal des quatre jeunes gens que les Allemands alignèrent, le 24 août 1944, le long du mur de l’abbaye de Ligugé pour les fusiller ? J’étais l’un d’eux ».

Mme Froment ouvrit alors l’ouvrage à la date indiquée (pages 596/597) et voici ce que Maurice Garçon y écrivait :

« À Ligugé, vers midi, une vingtaine de garçons du maquis sont venus. Ils défilaient le long des murs en direction du monastère. Ils venaient pour s’emparer de la douzaine de soldats allemands qui sont casernés là.
En réalité, leur imprudence était grande. Au hasard d’une randonnée, on leur avait signalé là un petit groupe ennemi et ils arrivaient au hasard. Apercevant le monastère dont une terrasse est crénelée, ils se figuraient que les Allemands étaient embusqués là. En réalité, ils sont dans un petit bâtiment isolé qui fut autrefois l’imprimerie et qu’ils ont transformé en une petite redoute impossible à prendre par surprise.
Ainsi, comme des fous, sans rien connaître des lieux, sans savoir où ils allaient, ils se jetaient dans une aventure pleine de risques.
Le curé, le père LIBET, sortit à ce moment de sa cure. Il les interrogea et leur montra la folie de leur entreprise qui pouvait coûter fort cher au village et n’avait aucune chance de réussir.
Les maquisards insistèrent. Le père Fontaine vint sur ces entrefaites, répéta ce qu’avait dit son collègue. Il fut décidé, à la fin, que les deux moines iraient demander aux Allemands s’ils consentaient à se rendre.
Les parlementaires se présentèrent à la porte de la petite redoute solidement cadenassée. Le sous-officier qui commande, mis en demeure de capituler, répondit qu’il lui fallait l’avis de ses chefs et, comme on avait coupé les fils téléphoniques, il lança une fusée rouge dans le ciel. Puis il referma sa porte.
Les moines supplièrent les maquisards de se disperser, leur remontrant qu’il allait arriver des renforts et qu’ils perdraient la bataille. Ils entendirent enfin raison.
Vingt minutes plus tard, six chars et deux petits canons vinrent de Saint-Benoît. Les Allemands se répandirent dans le village et aux environs, mirent leur artillerie et des mitrailleuses en batterie, et commencèrent à chercher les francs-tireurs dans les environs.
Après une ou deux heures de recherches vaines, ils partirent, mais en emmenant quatre jeunes gens ramassés un peu au hasard. Ils avaient d’abord parlé de les fusiller mais le curé avait fini par éviter cette atroce conclusion à une entreprise un peu ridicule et qui n’avait été que méditée sans recevoir de commencement d’exécution. »

Lorsque Mme Froment lut le passage que nous avons souligné à dessein, l’émotion fut grande parmi le public de l’amphithéâtre Gaston Morin, le plus ému étant, sans nul doute, Robert CUQ lui-même qui présenta en quelques mots l’événement. À la suite de quoi nous lui avons demandé de faire le récit détaillé de cette aventure qui avait bien failli se terminer tragiquement. Voici le texte qu’il nous a remis le 24 janvier 2016, joliment intitulé :

« LA ROMANCE A L’ETOILE »
et accompagné d’une émouvante dédicace :
« Je dédie ce récit
À Richard Wagner qui m’a peut être sauvé la vie
À mon père, à qui je la dois deux fois.


« Nous sommes le 24 août 1944. Paris est en train de se libérer.

Mais Poitiers est toujours occupé, envahi, même bombardé1 plusieurs fois. Des bombes jusque dans la rue de la Chaîne ! Pas question de nous réfugier dans l’île de Ré, berceau de la famille. L’ile est interdite d’accès, coincée dans la poche de la Rochelle, femmes et enfants évacués et ça, jusqu’en mai 1945. Pour nous mettre à l’abri, mes parents avaient loué, pour l’été, une petite maison à Croutelle, à 5 km au sud de Poitiers, mais le choix n’était pas heureux, la maison se trouvant juste au bord de la nationale 10, encombrée et dangereuse, souvent mitraillée car c’est le chemin le repli de l’armée allemande en déroute qui reflue vers le nord, certains en bon ordre, la plupart en pagaille, pillant ou réquisitionnant tous les véhicules possibles y compris corbillards et voitures de pompiers. La veille, un soldat a voulu me prendre mon vélo, par chance je venais de casser une pédale… il m’a fait un petit sourire en disant « Berlin ! » Et il a renoncé à rentrer chez lui en trottinette.
Bref, ce jour-là je pars pour Ligugé à pied, pour me baigner et faire de la musique… quelques kilomètres, un temps magnifique. Une route idéale agreste, très jolie, de tout repos en principe… Ce que j’ignore, c’est qu’il y a eu le matin un coup de main du maquis sur Ligugé. Les Allemands sont revenus en force et l’effervescence est grande, l’atmosphère explosive. Un km à peine, et je tombe sur deux voitures de maquisards qui me demandent ce qui se passe sur la 10, je leur décris la situation et les dissuade de pousser jusque-là, ils risquent de se faire massacrer.

Un peu plus loin, deux blindés allemands à la poursuite des «terroristes ». Ils m’arrêtent, me pressent de questions, « moi ? Je n’ai vu personne » et je les envoie sur une autre route ! À Ligugé, ils me reconnaîtront et me flanqueront avec trois autres jeunes, le long d’un mur de l’Abbaye, devant un peloton de six soldats qui n’attend que l’ordre de tirer.
L’ordre ne viendra pas. Un homme de Dieu, c’est le cas de le dire, le Père LIBET, père-curé de l’Abbaye2, sort de sa cure et entreprend de détourner l’officier de son funeste projet.
Le Père LIBET, c’est un homme de belle stature, alsacien, parlant allemand, officier de l’armée française. Il arrive à en imposer au jeune type qui nous a collés au mur. Mais ça discute ferme, ça menace de s’envenimer ! Pendant ce temps, je trouve le moyen de donner le numéro de téléphone de mon père à un passant en qui je reconnais un professeur du lycée3. En fait, le Père LIBET obtient que nous soyons emmenés d’abord à Saint-Benoît où se trouve une Kommandantur, pour y être jugés (sic !).
Ce que j’ignore, c’est que le Père LIBET avait déjà joué le matin même le rôle de médiateur-négociateur entre les auteurs de ce coup de main, imprudents et irréfléchis, et la petite garnison d’Allemands de LIGUGE qui n’allait pas tarder à obtenir des renforts, il y en avait à proximité ! Les francs-tireurs ne le savaient pas, mais un bataillon de la division Das Reich4 a fait une halte à SAINT-BENOIT. La tension est vive et les SS nerveux.
Cela, je ne l’apprendrai que bien longtemps plus tard. 70 ans, pour être précis, dans le Journal de Me Maurice GARÇON qui avait une maison à LIGUGE. Me GARÇON se borne à dire que les Allemands avaient raflé au hasard quatre jeune gens, qu’ils s’apprêtaient à les fusiller et que le prêtre les en avait provisoirement dissuadés.
J’étais l’un des quatre et voici la fin de l’histoire.

Nous avons été emmenés à Saint-Benoît le long de la voie ferrée sous bonne escorte, huit ou dix hommes. J’ai pensé vingt fois fuir par les bois mais j’aurais été tiré comme un lapin.
À Saint-Benoît, la Kommandantur était installée dans une belle demeure bourgeoise dans la côte qui mène à Poitiers. Un vaste perron où traînaient une douzaine d’officiers. Un grand parc, des soldats sous les arbres, plutôt en désordre mais tous armés jusqu’aux dents.
Il ne s’est longtemps rien passé. Une heure peut-être ? L’atmosphère était lourde, la chaleur écrasante, nous avions interdiction de parler. Apparemment on ne savait pas trop quoi faire de nous.
Cette attente a été interrompue par l’arrivée d’un fou : mon père, suant et soufflant, il n’avait pu, à la Poste où il exerçait une fonction importante dans les services techniques, obtenir une voiture et il arrivait à vélo ! Mais il était passé par Ligugé où il avait appris toute l’histoire. Il avait d’abord pensé à une absence de carte d’identité mais il avait vite compris que c’était plus grave.
Il arrivait survolté !
Alors on a eu droit à un grand moment d’éloquence (la vraie, celle du cœur). Mon père parlait fort et il parlait bien, mais pas l’allemand ! Tout y est passé : La guerre de 14, celle de 40, sa qualité d’officier de l’armée française (il avait fini lieutenant !). « Mon fils a 15 ans » (bientôt 16 et j’en faisais beaucoup plus…) « Il n’est ni communiste, ni maquisard » (mon frère aîné l’était dans le Midi), les lois de la guerre, la convention de Genève, la paix toute proche etc. Le commandant ne comprenait pas tout mais il ne pouvait placer un mot, il était manifestement excédé et j’ai vu mon père en danger…
À un moment, l’officier allemand a explosé : « mais enfin qu’est-ce qu’il venait faire à Ligugé ?
-Mon père : « mais il vous l’a dit » [en réalité personne ne m’avait rien demandé], il allait se baigner et faire de la musique ! ». Et là mon père a eu un coup de génie (qui pouvait se retourner contre lui). Il avise mon petit sac de sport que j’avais toujours à la main et que personne n’avait pensé à regarder. Il le prend par le fond et le secoue.
Il en tombe, dans l’ordre : un harmonica chromatique Hohner (marque allemande !), un bout de pain, quelques poires, un maillot de bain, une serviette. Et au fond, un rouleau de papier qui n’arrivait pas à sortir. Le commandant se précipite et l’extirpe (ça pouvait être un journal gaulliste ou un tract !).
Je revois encore la tête ou plutôt l’expression de stupéfaction de cet homme. Il s’attendait à tout mais pas à ça :
« WAGNER ! TANNHAÜSER ! Gut, Gut ». C’était en effet la partition en allemand de « La Romance à l’étoile » du troisième acte de TANNHAÜSER, une mélodie magnifique, une sorte de lied, ample et grave, rare chez Wagner, que j’avais travaillée dès l’an passé à Bordeaux où on m’avait admis par dérogation dans la classe adulte du conservatoire, dont les vedettes étaient Denise Duval5, Marcel Merkès et Paulette Merval, et que je venais répéter à Ligugé avec une amie au piano… Vous ? Chanter ça ? Il me l’a dit deux fois. Et il ne rigolait pas ! Furieux et soupçonneux. Il avait raison, ce pouvait être un leurre.
Alors il y a eu là un moment extraordinaire presque surréaliste :
Un jeune garçon de 15 ans sommé de chanter du Wagner pour sauver sa peau devant un parterre d’Allemands en armes ! Par bonheur, il se trouve que je connaissais les premières mesures en allemand :
« O douce étoile, feu du soir, toi que j’aime toujours revoir »
Ma voix devait être étranglée. Elle s’est peu à peu raffermie. Je n’ai pas trop massacré le morceau.
« Mais tu parais… O douce et pure étoile… »
PUIS IL Y A EU UN SILENCE. Un silence qui m’a paru bien long. Ils n’ont pas applaudi. Mais ils n’ont pas ri non plus.
Magie de la musique ? Dans la douceur d’un soir d’été, on était tout à coup loin de la guerre. L’officier s’est raclé la gorge. Puis il a bredouillé, éructé plutôt, quelque chose, une phrase à laquelle je n’ai rien compris, sauf ce qu’elle voulait dire, en gros : « foutez-moi le camp ! ».
Il l’a redit en français à mon père : «Emmenez-le ! ». Et nous sommes sortis. Sitôt passée la lourde porte, je lui ai dit : « et les autres ? »,
– « Et les autres quoi ? Tu les connais ? Qu’ont-ils fait ? »
– « Rien de plus que moi »
– « Ce sont tes copains ? »
– « Pas du tout, je ne les connais pas ! Un d’entre eux, peut-être, de vue »
– « Si j’y retourne, on va tout foutre en l’air ! »
Mais il est rentré. Quelques phrases ont suffi pour plaider leur cause. Puis tout le monde est parti. Je ne les ai jamais revus.
Je n’aime pas raconter cette histoire. Elle brasse trop de choses. Elle pose trop de questions. Il aura fallu 70 ans pour que je me décide à l’écrire. Mon père est mort peu de temps après. Trop jeune, nous commencions juste à être des amis. Nous avions ensemble rencontré et remercié le Père LIBET. Me Garçon n’a pas su la fin de l’histoire. Il était remonté à Paris dès la libération de Poitiers.
À Ligugé, je ne passe pas devant l’abbaye sans une certaine émotion, soixante-dix ans après.
Pour certaines choses, le temps ne passe pas. »
Robert CUQ

[Robert CUQ, ancien admissible à l’École Normale Supérieure de la rue d’Ulm est titulaire de trois licences (Lettres classiques, Philosophie, Psychologie). Il est agrégé de philosophie et docteur d’État dans cette discipline (thèse principale : Le phénomène Picasso ou l’éducation du regard – thèse complémentaire : Philosophie du spectacle). Professeur de philosophie à Poitiers, puis à Sceaux (Lakanal), à l’Ecole Alsacienne et en Première supérieure au Lycée Lamartine. Il sera successivement Maître assistant, Maître de conférences puis Professeur à l’Université René Descartes-Sorbonne. Directeur du centre Censier, Recteur adjoint de l’académie de Paris, Directeur de l’institut national pour la formation des adultes etc]. Robert CUQ est retiré à Jaunay-Clan.]

1 il s’agit du bombardement survenu dans la nuit du 12 au 13 juin 1944.

2 plus vraisemblablement, le curé de la paroisse de Ligugé.

3 il s’agit du Lycée Henri IV de Poitiers que fréquentait Robert CUQ.

4 il est fort probable que ce bataillon n’appartenait pas à la division Das Reich qui, à ce moment-là, avait gagné la Normandie depuis longtemps après avoir commis les crimes que l’on sait. La division est passée à Poitiers le 12 juin et a quitté la ville après le bombardement.

5 hasard du calendrier : au moment même où Robert CUQ nous remettait son texte, Denise Duval s’éteignait le lendemain, 25 janvier 2016, à Lausanne à l’âge de 94 ans. Le Monde du 30/1/16 a consacré un très long article à la cantatrice disparue.

Dossier préparé par Jean-Henri Calmon


 

Re: Attitude des troupes allemandes à la Libération

Nouveau message Post Numéro: 13  Nouveau message de JARDIN DAVID  Nouveau message 02 Jan 2024, 22:47

Encore un petit déplacement et vous allez vous retrouver dans les Vosges, à La Petite Raon, avec un massacre évité de peu, ce que raconte Gaston, notre ancien reporter de presse local avec de si poignantes intonations de voix ... IL en a même tiré un livre !
JD
"Laisse faire le temps, ta vaillance et ton roi" (Le Cid)

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Re: Attitude des troupes allemandes à la Libération

Nouveau message Post Numéro: 14  Nouveau message de landevenneg  Nouveau message 02 Jan 2024, 22:54

Dans cet exemple circonstancié, on note que l'attitude des Résistants qui ont libéré leurs prisonniers allemands a possiblement pu contribuer à une attitude de rela&tive "retenue "des Allemands, qui ont pourtant fait preuve d'une particulière dureté.

LE MASSACRE DU MAQUIS DE LA FORÊT DE SAINT-SAUVANT (VIENNE) LE 27 JUIN 1944
Les résistants du maquis de la forêt de Saint-Sauvant sont encerclés par les soldats de la 17ème division de l’armée nazie le 27 juin à 6 h du matin.
Le Colonel Dubois allias Commandant « Christian » devant la stèle de Vaugeton
Depuis la libération du camp d’internement de Rouillé dans la Vienne, les SS, les policiers de la SAP et les miliciens mènent une enquête approfondie auprès des gens dans les cafés, restaurants et hôtels. Ils sillonnent villages et hameaux pour découvrir où se cachent les maquisards et identifier leurs chefs. De petits avions légers survolent à très basse altitude la campagne et les bois pour surprendre tout déplacement de groupes de personnes.
Les responsables de la résistance sont avertis par M. Egreteau fonctionnaire à la préfecture et M. Rousseau greffier au tribunal de police, que le SD prépare l’encerclement de la forêt de Saint- Sauvant. Un relevé cadastral de la forêt a été fait vers le 20 juin à la mairie de Saint-Sauvant. Les responsables du groupe FTP informent l’état-major FFI de l’imminence d’une attaque contre le groupe « Bernard ». Le responsable du secteur demande de ne pas décrocher avant le parachutage d’armes.

26 juin 1944
La situation devenant très dangereuse, les responsables FTP : le colonel Sidou alias « Ledoux », le commandant Charles Dubois alias « Christian », Maurice Fuzeau alias « Marc », Marcel Papineau alias capitaine « Bernard » et Paul Alleau alias lieutenant « Picard » se réunissent dans la maison de ce dernier située au Long Bas, près de Venours, commune de Rouillé, afin d’analyser la situation et prendre une décision sur l’évacuation ou non de la forêt de Saint-Sauvant. A l’issue de celle-ci, qui se termine vers 2h00 du matin, ils décident que, dans la journée, le campement sera évacué par petits groupes de 15 à 20 hommes qui se dirigeront vers Bois le Bon puis ensuite gagneront les bois de Brux et Romagne. Seul un petit détachement de maquisards restera dans le secteur du Poyau pour récupérer les armes.

27 juin 1944
6 heures du matin : la forêt de Saint-Sauvant est encerclée par des éléments de la 17ème division « Götz Von Berlinchingen » qui possède des blindés, et la « section rapide 608 » chargée du maintien de la sécurité des communications et de l’encadrement des colonnes de représailles, contre les maquis. Ils sont guidés par les chefs du SD et les miliciens qui connaissent les lieux où est stationné le maquis du capitaine « Bernard ». L’ensemble des forces d’encerclement est proche de 2000 hommes.
Les routes et carrefours sont surveillés et interdits. Monsieur Germain Viault qui revient de Lusignan est refoulé au carrefour des routes Lusignan à Couhé (D7) et Saint-Sauvant à Celle-l’Evescault (D96), où est installé le PC allemand. Dans tous les hameaux inclus dans la zone d’encerclement comme le Chêne et la Chaplatière, les maisons sont fouillées une à une et leurs occupants interrogés, contrôlés puis consignés sur place.
7 heures : une fusillade éclate entre la ferme du Chêne et le hameau de Montlorgis. Le capitaine « Bernard » qui essaie de pénétrer dans la forêt pour porter secours à ses camarades se heurte au cordon d’encerclement formé par les soldats allemands. Ceux-ci engagent le combat, subissent de lourdes pertes, avant de l’abattre. C’est la première victime de la journée.
7h30 : Simone Fumoleau-Lombard qui habite chez ses parents dans le village de la Cité près du bourg de Saint-Sauvant, arrive à la Chaplatière. Elle vient prendre des nouvelles de son frère André qui a couché chez la famille Proust. « Marc » qui a également couché dans la maison demande à Simone d’aller prévenir les maquisards. Elle est arrêtée par les Allemands alors qu’elle se dirige vers le village de la Guérinière puis amenée dans le village d’Anne-Marie, interrogée par le chef de la milice Bercy. Elle assiste à l’arrivée de M. Bernajous, de son fils Kléber et de Marco Marcovitch enchaîné. Kléber Bernajous est battu puis assommé et lancé inanimé dans un camion. M. Freignault, boucher à Saint-Sauvant, est brutalisé et accusé d’avoir ravitaillé le maquis. Il sera déporté. Simone sera relâchée vers 16h30, probablement après le massacre.
Pendant ce temps, Louis Bourdonneau, stagiaire du garde forestier M. Denis Roy, prévient le maquis que la forêt est encerclée.
« Marc » pour sortir de la « souricière » se présente aux sentinelles postées sur le chemin, poussant un troupeau de vaches et de chèvres avec à son bras Suzanne Brunier-Proust en la présentant comme sa fiancée. Malgré quelques réticences on les laisse passer. Suzanne reviendra seule avec son troupeau, quelques heures plus tard, sans être inquiétée. Pendant ce temps, « Marc » après avoir « emprunté » un vélo dans un hameau déserté de ses habitants, se réfugie chez M. Guilbot instituteur à Saint-Pardoux (79) après un rendez-vous manqué avec « Antoine » à Cherveux (79) ce dernier ayant eu un contre temps.
9h00 : les villages et hameaux, situés à l’intérieur de la ligne d’encerclement, sont à leur tour investis par les soldats allemands et les miliciens. A la Litière, tous les habitants, hommes et femmes, sont rassemblés dans la cour de l’une des fermes puis dans une encoignure de bâtiments plus facile à surveiller. Les soldats les encadrent, balles engagées dans le canon des armes dirigées vers eux. Une mitrailleuse et un fusil mitrailleur sont mis en batterie. Tous les bâtiments sont fouillés. Ils restent rassemblés toute la journée jusqu’à 16h00 ayant droit à un léger déjeuner à midi. A 19h00 ils seront à nouveau rassemblés pour un contrôle.
Les soldats allemands et les miliciens investissent le quartier général du maquis à la Branlerie. Les maquisards et leurs prisonniers (sept) sont partis. Les bâtiments sont incendiés. La « chasse à l’homme » commence. La forêt est fouillée systématiquement par les miliciens et les soldats SS accompagnés de leurs chiens. Certains maquisards cachés dans les fourrés ou les arbres sont découverts. Ils sont martyrisés puis faits prisonniers. D’autres essaient de résister l’arme à la main. Ils sont tués ou doivent se rendre. Quelques uns réussissent à s’échapper en restant cachés de longues heures sous des tas de feuilles mortes ou dans les branches des arbres (R. Faideau), à l’intérieur d’arbres creux ou dans un champ de blé comme Robert Poirrier.
Lors de l’opération d’encerclement, de nombreuses exactions sont commises sur les habitants des villages, soupçonnés d’aider ou de ravitailler le maquis. Habitant le village de Vernay, M. Colin a marié sa fille Josette la veille. Des tables sont dressées avec de nombreux couverts. Soupçonné d’avoir hébergé le maquis, il est fouetté jusqu’au sang, ainsi que ses employés, avec des câbles de chanvre tronçonnés. Il sera emmené à la prison de Poitiers puis déporté.
16h00-16h30 : le ratissage de la forêt est terminé. Les corps des maquisards abattus (cinq), sont entassés au bord de la route, au carrefour où est installé le PC allemand, près de Vaugeton. Leurs camarades faits prisonniers (vingt-sept) sont déjà rassemblés. Ils ont été conduits au PC au fur et à mesure de leur capture. Ils sont à nouveau torturés à coup de crosses de fusils puis achevés à coup de rafales de mitrailleuses.
Les soldats allemands prisonniers (sept) du groupe « Bernard » sont libérés. On leur présente des personnes qu’ils auraient pu rencontrer lors de leur détention. Ils ne reconnaissent pas Paul Bruneteau qui les avaient convoyés du bois des Cartes à la forêt de Saint-Sauvant pas plus que Louis Bourdon mais, M. Alleau est reconnu. Il est emmené à la prison de la Pierre-Levée puis sera déporté.

L’officier allemand qui commande les opérations convoque le maire de Celle-l’Evescault et lui demande d’évacuer les corps sinon ils seront ensevelis dans une fosse commune. Monsieur Venault, oncle du maire actuel, qui possède une maison au Carrot village proche de Vaugeton accepte immédiatement et prend en charge les corps torturés pour leur offrir une sépulture digne. Il fait appel aux maires de Lusignan et Saint-Sauvant pour répartir les trente et un corps dans les cimetières des trois communes. Dans chaque commune, des menuisiers sont réquisitionnés pour confectionner immédiatement les cercueils et y placer les corps. Le transport vers les cimetières a lieu, avant la nuit tombée, dans des charrettes tirées par des chevaux. Le cimetière de Celle l’Evescault va accueillir treize corps, celui de Lusignan dix et celui de St Sauvant neuf.

Le bilan humain de la journée est lourd :

– 33 résistants tués

– 8 patriotes emprisonnés (puis déportés)

– 27 soldats allemands tués au cours de l’opération

28 juin 1944

Dans la nuit du 27 au 28 juin le parachutage d’armes a lieu sur la ferme du Poyau, comme prévu, mais avec 8 jours de retard.

« Marc » au cours du dîner chez M. Guilbot à Saint-Pardoux entend à la BBC le message annonçant le parachutage au Poyau : « Donnez moi des nouvelles de Moro ». Il décide de rejoindre immédiatement ses camarades. M. Guilbot l’accompagne jusqu’à Reffanes et lui laisse son vélo qui roule mieux que celui d’emprunt. Il s’arrête dans le village de Jassay (86), chez la famille Quintard, pour que le jeune fils Marcel le guide, par les petits chemins, jusqu’à la ferme. Ils rateront de quelques minutes l’arrivée au sol des armes. Georges Debiais, le fermier M. Bouron et son gendre M. Brunet, leurs épouses accompagnées de leur petite fille âgée de dix ans, réceptionnent les « précieux » containers. Aidés par « Marc » et Marcel Quintard, ils les transportent et les cachent dans les caves et le silo à betteraves.
Dès le matin les agents du SD et les miliciens sont de retour dans les villages et les hameaux près de la forêt pour rechercher les maquisards qui auraient pu échapper au ratissage. Ils circulent en civil, interrogent les gens, se présentant comme des résistants à la recherche de leurs camarades.
Dans l’après-midi M. Tiré de Maisoncelle et son employé M. Eprinchard découvrent dans une haie mitoyenne avec un champ de la ferme du Chêne, le corps de Marcel Papineau. Il est transporté à la mairie de Lusignan. Son signalement est décrit dans l’acte de décès, où il est fait mention de ses initiales gravées sur sa chevalière qui lui a été retirée. Il sera inhumé dans le cimetière de la commune.

29 juin 1944
Dans l’après-midi une brigade spéciale SS fait irruption dans la ferme de Mélé sur la commune d’Avon (79) où habite la famille Marsault. Cette dernière héberge deux maquisards : Robert Poirrier et Thomas Urbiztando, rescapés du ratissage du 27 juin. Ils sont capturés et conduits à la prison de Poitiers, ainsi que M. Marsault et son fils Gilbert.
La rafle de la brigade SS se poursuit à la ferme de Boësse. Le fermier M. Fernand Bonnet et sa belle-fille sont, eux aussi, conduits à la Pierre-Levée. Tous seront déportés.
Épilogue :
La répression du maquis qui s’est terminée en massacre sur le bas-côté d’une route passante, avait, entre autre, pour objectif, d’apeurer la population afin de la dissuader de toute nouvelle tentative d’action envers l’armée allemande. La sauvagerie des soldats SS et des miliciens n’a pas entamé la détermination de la résistance locale. Les rescapés sont conduits par « Marc » dans différents maquis du Sud-Vienne : maquis Joël, maquis Antoine, maquis Marcel et maquis Anatole. Le groupe « Picard » poursuit le combat engagé par le groupe « Bernard » dans le secteur Saint-Sauvant, Rouillé, Lusignan. Maurice Fuzeau crée le maquis « Marc » dans la région de Lencloître. Gabriel Thiant alias commandant « Noël » prend en charge la coordination de l’ensemble des maquis FTP du groupement de Poitiers qui s’étend sur tout le nord du département de la Vienne et sur les secteurs de Rom et Sauzé-Vaussais dans les Deux-Sèvres. Il prend le nom de groupement « Noël ».
Il est probable que si les prisonniers allemands avaient été fusillés par les maquisards du groupe « Bernard », les hommes et les femmes rassemblés dans les villages encerclés auraient servi d’otages et subi des représailles. Leur libération a eu lieu après que tous les maquisards capturés, morts ou vivants, aient été rassemblés au PC de Vaugeton et les prisonniers allemands libérés. Les habitants de la Litière signalent que des estafettes motorisées assuraient la liaison avec le PC. Cette hypothèse est avancée par plusieurs anciens résistants du groupe Noël. Le comportement digne des responsables du maquis a probablement sauvé beaucoup de vies parmi les habitants consignés dans les villages ce 27 juin 1944.
Le 30 juin 1945 les maires des communes de Celle l’Evescault, Lusignan et Saint Sauvant demandent aux familles des victimes de venir reconnaître le corps de leur défunt. La soeur de l’une des victimes, Jacques Fontanot, jeune communiste italien, écrit : « Ce fut le 30 juin 1945 en présence des représentants des communes de Lusignan, Saint-Sauvant et Celle-l’Evescault, avec une profonde participation de sentiments avec les autres familles que, de cimetière en cimetière, on procéda aux exhumations. « Jacquot » fut le dernier à être reconnu au cimetière de Celle-l’Evescault. Son pardessus, le stylo qui pointait d’une poche, cadeau de sa mère, permirent de l’identifier immédiatement ».

Ce massacre est le premier commis dans la Vienne par l’armée d’occupation et les miliciens. D’autres vont suivre rapidement. Le 7 juillet 1944 , trente parachutistes anglais du 1er SAS du capitaine Tonkin et un américain, tous vont être fusillés, à l’abri de tout regard, en forêt de Saint-Sauvant à quatre kilomètres de Vaugeton. Leurs corps seront découverts, dans trois fosses communes, par des chasseurs en décembre 1944. Ils sont inhumés dans le cimetière de Rom (79).

Lexique :
BBC : British Broadcasting Corporation : radio anglaise émettant depuis Londres

FFI : Forces Françaises de l’Intérieur

FTP : Francs-Tireurs et Partisans

GMR : Groupe Mobile de Réserve

PC : Poste de commandement

SAP : Section des Affaires Politiques (policiers français. Collaborait avec le SD)

SAS : Special Air Service : commando parachutistes britanniques

SD : Sicherheitsdienst : Service de sécurité de la Wehrmacht

SS : Section de protection du SD

STO : Service du Travail Obligatoire

Bibliographie

Hommes et combats en Poitou – 1939/1945, Roger Picard, Martelle, 1994

La Vienne dans la guerre 1939-1945. La vie quotidienne sous l’occupation, Roger Picard, DE Borée, 2001

Combats sans gloire, Gabriel Thiant, 1984

La Vienne pendant la 2ème guerre mondiale, 1944, n°3 Les maquis, la libération, Gaston Racault, Dossiers du CRDP, Archives départementales, 1987

Les barbelés de Vichy, Le camp de Rouillé, réserve d’otages …, Amicale Chateaubriant-Voves-Rouillé, 1994

Jo, Notre frère, Instituteur, Résistant, Juliette Hervé-Fraud, Petit Véhicule, 1998

Les chemins de la Liberté en forêt de Saint-Sauvant, ONAC 86 et 79, Ministère de la Défense, 2002

Allocution d’André Lombard, Cérémonie de Vaugeton, 1990

Allocution de Charles Dubois alias commandant « Christian », Stèle de Liberté, 1995

Allocution de Roger Picard, historien CNRS, Stèle de Liberté, 1995

Le témoignage d’une jeune résistante, Simone Fumoleau-Lombard, p32-33, La Boulite n° 2 Saint-Sauvant

Le 27 juin 1944 à la Litière, Suzanna Poinsteau, p1-4, La Boulite n° 1, Saint-Sauvant

Hommage à Paul Fergeault, Jacqueline Czerwinski, p30-33, La Boulite n° 9, Saint-Sauvant

Témoignages écrits :
Mémoires de « Marc », Maurice Fuzeau alias « Marc », responsable aux réfractaires du STO

Mémoires de Résistance, Albert Canqueteau, ancien résistant du groupe « Bernard »

Témoignages oraux :
Suzanne Brunier-Proust, Marguerite Cheminée, Marcel Descout, Robert Delétang, Raymond Delavault, Madeleine Ecale-Alleau, Michel Fallourd, Simone Fumoleau-Lombard, Annie Gilly-Lombard, Lucien Philliponneau, Paul Péguin, Denise Sabourin-Boutin, Camille Sabourin, Eva Stehlé-Descoux, Hubert Marcel-Venault, Robert Viault

(Je présente mes excuses aux personnes qui m’ont fourni des informations et dont le nom n’est pas mentionné)

Remerciements :
Je remercie toutes les personnes qui m’ont aidé, par leurs écrits ou témoignages oraux, à mieux connaître cette page de l’histoire locale.

Mémorial de Vaugeton, commune de Celle-l’Evescault (86)
Liste des 31 maquisards tués le 27 juin 1944

BERNAJOUS Kléber*
BESSAC Marcel*
BOTTON Lucien*
DE LA FUENTE Rufino
FAELLI Guido
FERGEAULT Paul*
FONTANOT Jacques
FREIRE Manuel
GOMEZ Louis
HANNOT Silvain
FERNANDEZ Juan
HOET Jean (Hoët)
KRUG Henri
MARGUERITAT René
MARTY Louis
MARRUEDO Jacques
MASSA Raphaël
NEMERY Victor
NOYER Serge
PAPINEAU Marcel*
PEREZ Honorio
PORGE Jean
QUERALT Jean
RINAULT Yves
SERRA Antoine
ROJAS Riccardo
ROSELL Vincent
ROSSI Hugo
SANCHEZ Angel
THOMOUX Paul
VADJARAGANIAN Vahridj

Les noms suivis de * sont des résistants de la région

Cet article, inédit, a été rédigé par Jacques PAPINEAU.


 

Re: Attitude des troupes allemandes à la Libération

Nouveau message Post Numéro: 15  Nouveau message de landevenneg  Nouveau message 02 Jan 2024, 22:59

Sans être exhaustif nous avons un ensemble de situations très diverses qui montrent, ou au moins semblent indiquer, que le facteur humain ne disparait pas totalement face aux idéologies.
Probablement que d'autre contributaires auront d'autres exemples pour approfondir la question.


 

Re: Attitude des troupes allemandes à la Libération

Nouveau message Post Numéro: 16  Nouveau message de Alfred  Nouveau message 02 Jan 2024, 23:54

Face à certaine de leurs hommes qui racontaient n'importe quoi,il fut heureux que certains officiers surent garder la tête froide......Fin juillet 1944 d eux "feldgrau" passent à vélo devant chez moi vers 14heures,ils rodaient tout le temps ça et là, deux ivrognes cherchant de l'alcool,à 50 mètres du coin de ma rue,ils ratent le virage,se ramassent et s'abîment la face et les mains, font du scandale menacent les gens ,des villageois vont chercher la feld gendarmerie qui arrive et croient ce que disent les deux ivrognes et commencent à faire sortir les gens des maisons.....La population a attaqué les deux isolés.....,Arrive un officier de la luftwaffe qui rejoint un barrage avec des artilleurs de la flak à moins d'un kilomètre.....il s'arrête et demande ce qu'il se passe,regarde les deux vieux alcooliques rôdeurs , il les reconnaît et a déjà eu affaire à eux,il explique ce qu'il sait aux feldgendarmes qui finalement font rentrer l es civils français chez eux... et embarquent les deux rôdeurs blessés .......C'était au coin de ma rue avant le petit pont sur la Blaise, et le passage à niveau ,avant le virage de Crecy-Couvé ( Les terres de la Pompadour au XVIIIème siécle)

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Re: Attitude des troupes allemandes à la Libération

Nouveau message Post Numéro: 17  Nouveau message de pierma  Nouveau message 03 Jan 2024, 06:56

Les témoignages d'Alfred sont toujours intéressants. C'est des choses vues et bien racontées.

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Re: Attitude des troupes allemandes à la Libération

Nouveau message Post Numéro: 18  Nouveau message de JARDIN DAVID  Nouveau message 03 Jan 2024, 07:42

Tout à fait !
J'ajoute qu'une autre version de l'affaire a été révélée par le témoignage poignant de Dédé, dernier survivant de la 462e section FTP, lors d'un exposé devant les élèves de l'école primaire de la commune : "Nous avions refusé le STO et pour libérer totalement le canton, notre chef Nénesse a imaginé de nous procurer des armes en les récupérant directement sur les Allemands du secteur. Ainsi nous avons attaqué une section de SS, par ruse, dans une embuscade préparée dans un virage à la sortie du village. Après un combat acharné de deux heures, nous avions tué 15 Allemands dont un officier de haut rang, sans aucune perte dans nos rangs."
"Laisse faire le temps, ta vaillance et ton roi" (Le Cid)

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Re: Attitude des troupes allemandes à la Libération

Nouveau message Post Numéro: 19  Nouveau message de fanacyr  Nouveau message 03 Jan 2024, 08:36

Belle idée de discussion
Amouroux évoque aussi le Maire de Guéret qui s'est dépensé sans compter en 1944 pour sauver ses administrés menacés de mort (otages promis à la mort et longues négociations ayant finalement abouti favorablement)
Il faut que je retrouve le nom pour le tirer de l'oubli

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Région: Région Ile de France
Pays: FRANCE

Re: Attitude des troupes allemandes à la Libération

Nouveau message Post Numéro: 20  Nouveau message de Clauster  Nouveau message 03 Jan 2024, 09:01

fanacyr a écrit:Belle idée de discussion
Amouroux évoque aussi le Maire de Guéret qui s'est dépensé sans compter en 1944 pour sauver ses administrés menacés de mort (otages promis à la mort et longues négociations ayant finalement abouti favorablement)
Il faut que je retrouve le nom pour le tirer de l'oubli



Adrien Arfeuillère

https://fusilles-40-44.maitron.fr/spip. ... icle220195
Claude

Si tes résultats ne sont pas à la hauteur de tes espérances, dis-toi que le grand chêne aussi, un jour a été un gland.
Lao-Tseu

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