Christine17 a écrit:Pour la « jeune » génération, la seconde guerre mondiale, c’est très loin pour eux. Et je ne parle pas de la première…
Etudiant en histoire ne veut pas dire passionné même si c’est mieux de l’être.
Peut-on reprocher aux « jeunes » qui n’ont peut-être même pas entendu leurs parents en parler, d’avoir des connaissances très réduites sur le sujet ?
Leurs parents, âgés, désormais, au pire d'une grosse quarantaine, n'en ont, eux-mêmes, bien souvent eu que ouïe-dire, bien souvent par leurs propres ascendances, à savoir le grand-père qui avait souvent "fait la guerre".
L' Alsace et la Moselle constituent, dans ce domaine, un cas particulier, sachant que +/- 98% des jeunes (y compris des représentantes du sexe féminin!), qui, ayant entre 17 ans et demi- ceux que les Allemands appelaient, alors, les "classes 46 & 47" - et... Pfiou, bien plus que çà, en 1943-1944, avaient servi "d'office" dans la Wehrmacht! Ceux-là avaient bien souvent effectué des "parcours de fous!", trimbalés au gré de l'affectation de leur unité et du déroulement du conflit, d'un bout à l'autre des territoires occupés, de la Norvège, au-delà du Cercle Polaire, jusqu'en Italie ou au fin fond de la Russie et de l'Ukraine.
Bien souvent, ils auraient eu largement de quoi à raconter pour passionner un "jeune auditoire", sauf, que bizarrement, ces combattants-là n'étaient guère prolixes. Dans les années 1960-1970, ils évitaient, déjà, soigneusement d'en parler en présence de "Français de l'Intérieur"! De toute manière, dans la campagne et les gros bourgs, il y avait encore bien souvent le "barrage de la langue", sans parler de l'accent!
Dans le Bas-Rhin, on y lisait plus souvent l'édition en allemand des DNA, que celle en français! Tu séjournais en vacances chez tes beaux -parents, avec leur fille, devenue ton épouse et la mère de notre lardon commun, tu t’apprêtais, le matin, à te taper, dans la cuisine, un solide bol de café, avec chicorée (!) - vieux souvenir des restrictions!

-, accompagné de tartines beurrées ou de tranches de Kuglof toutes fraiches... tu te disais, chouette, un journal!... et tu tombais sur l'édition allemande des DNA, dont une partie rédigée en gothique!

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Bizarrement, ces anciens combattants "Malgré-Nous" n 'en parlaient pas non plus entre eux, ou, sinon, à l'extrême-fin d'un repas (souvent) bien arrosé, après sortie "réglementaire" des bouteilles d'alcools forts (framboise, mirabelle, etc.! ... le Kirsch, c'est pour les gâteaux!)... Aaah, c'était le "bon temps"! ... sauf qu'ils conversaient en dialecte!
Certes, mon propre lardon, désormais, âgé de plus de 50 ans, car né en 1973, a eu la chance d'avoir quelques "confidences" militaires (allemandes) de son grand-père maternel, mais ce dernier était décédé, avant même d'avoir atteint l'âge de 64 ans; mon "nain de jardin" qui, alors, n'avait même pas onze ans, reconnait, certes, qu'il restait, ces rares moments-là, les "yeux grands ouverts" et les oreilles attentives, mais que, hélas, il n'avait pas les moyens de comprendre tout ce que ces souvenirs impliquaient!... ce qui a, à postériori, constitue l'un de ses plus grands regrets!
Ce silence "tacitement convenu" de la très grande part des "Malgré-Nous" a, d'une certaine manière, très largement effacé la "mémoire locale". Il faut, par exemple, venir dans mon (joli) patelin un poil "paumé" des Vosges du Nord avec ses 1500 âmes, pour découvrir, le 11 novembre, en haut du village, devant les stèles érigées sur les piles de l'entrée de l'église protestante (luthérienne!) en mémoire des tués, l'orphéon municipal interpréter un ou deux morceaux "bizarres", qui, de fait, s'avèrent être de vieilles marches militaires allemandes du temps de l'Empire, un gros poil nostalgiques, en mémoire des combattants des deux guerres tombés sous l'uniforme allemand!
