JARDIN DAVID a écrit:Tout comme
Hasen n’est-ce pas ?
JD
Je suis, moi-même, n'ayant pas d'ascendance alsacienne, un rejeton de "Lièvre".
Pour les non-initiés, le terme péjoratif de
Hase, lièvre, désigne les Français de l'Intérieur (hors Alsace-Moselle), après la déroute française, en Alsace, tout début août 1870, suite aux combats du 4 août (Wissembourg) et 6 août (Froeschwiller-Woerth). "Grosso merdo", dès le 7 août, les troupes françaises, constituées, essentiellement, de régiments issus de garnisons métropolitaines et, ici, cas particulier, d'unités algériennes (qui, elles, s'étaient sacrifiées, le 6, pour protéger la retraite).
Le 7, les troupes françaises se repliaient au-delà du col de Saverne, pour se regrouper en Lorraine et rallier le Camps de Chalons-sur-Marne, tandis que quelques unités avaient rejoint, à l'est, la garnison de Strasbourg, qui sera rapidement assiégée, sans voir la queue d'une moindre colonne de secours, avant de devoir capituler.
Après, il s'était écoulé 48 ans - globalement favorables, sous le II. Reich allemand, jusqu'en 1914 - avant que l'Alsace ne soit réintégrée dans le giron de la République Française.
Il ne faut pas rêver, déjà, en 1870, çà ne "causait" français que parmi les édiles et la bourgeoisie "citadine" ou assimilée, sinon, la langue vernaculaire était le dialecte alémanique et l'allemand - pour l'écriture et la lecture - vu le contexte frontalier. Après 48 ans "d'annexion", çà ne s'était pas arrangé! Si vous jetez un coup d'oeil sur la presse et les écrivains, qui avaient entretenu la "revanche", durant toute cette période... ils étaient, tous, parisiens ou presque, y compris ceux se réclamant être alsaciens, qui n'avaient pas sali les semelles de leur pompes, lors des combats. Herkmann & Chatrian, célèbres chantres de la cause "nationaliste" locale, étaient, en fait, nés en Meurthe, du côté de Nancy, département qui, lui, n'avait jamais été "annexé"!
En gros, ici, en 1940, çà avait été du "kif-kif bourricot", sauf que çà n'avait duré que 4 ans et quelques mois, localement, mais le bilan humain avait été aussi lourd, voire plus qu'en 14-18! Il ne faut, dès lors, guère s'étonner de la "méfiance" qui avait perduré, à la louche, jusqu'aux années 1980, le long "baby-boom" de l'après-guerre ayant fait le reste.
Par exemple, l'usage de la langue française s'était progressivement mis en place, y compris dans les campagnes. Sauf que, de nos jours, dans mon patelin de 1500 âmes, les "anciens", même moins vieux que moi et les jeunes continuent de s'exprimer, d'abord, en dialecte! Hopla!
On nous rebat les oreilles avec la langue bretonne, remise à mode depuis 1968, et la basque - là, son usage est encore très courant à la campagne, même si dans le Pays Basque français, la langue française est utilisée en premier -, sauf que, ici, en zone rurale "profonde", on va vous causer d'abord, naturellement, en ... alsacien (Beurk, un dialecte!), chez le boulanger, le boucher, le café-PMU, etc.

... et çà ne s'est pas arrangé avec la fréquentation touristique de nos proches voisins allemands; car, dans le coin, on mange mieux que bien et çà fait peu que la gastronomie allemande (très chère) s'efforce de s'aligner! Dans les restos, les cartes et menus sont, systématiquement, tous, bilingues, alors que, dans certains, qui ont pignon sur rue, pour parvenir dénicher l'unique version en "brit", il y a vivement intérêt à en faire la demande à l'entrée!

Dans certains établissements, il y a même, une affichette qui le précise!
